jeudi 26 avril 2007

Der Fantasie wachsen Flügel

Der Fantasie wachsen Flügel
26.04 07:50
BILLIGSTTICKETS - Mit der Absicht, auch auf Langstrecken Billigflüge anzubieten, hat sich Ryanair-Chef Michael O'Leary den Spott der Konkurrenz eingehandelt. Bislang schlugen alle Versuche fehl.
von Iso Ambühl

Ryanair-Chef Michael O'Leary, 46, gefällt sich in der Rolle des «bad guy» der Branche. Der Chef von Europas grösstem und profitabelstem Billigflieger verärgert die Konkurrenten regelmässig mit flotten Sprüchen. Kürzlich war es wieder so weit: Michael O'Leary kündigte an, dass Ryanair um das Jahr 2010 Langstreckenflüge für nur 10 Euro (exklusive Gebühren) anbieten werde.

Erste Ziele sollen sekundäre US-Airports wie Baltimore, Providence Rhode Island oder New York Long Island sein. Die höheren Kosten will O'Leary über Zusatzverdienste wie den Verkauf von Verpflegung und Duty-free-Produkten, Hotelbuchungen, Reiseversicherungen, Unterhaltungsprogramme an Bord, spezielle Tarife für das Gepäck oder Autovermietungen hereinholen.

«Absoluter Blödsinn», sagt der Air-Berlin-Chef

Das Echo auf den jüngsten Streich des Iren lässt nicht auf sich warten. Als «absoluten Blödsinn» bezeichnet Air-Berlin-Chef Joachim Hunold den Plan im Berliner «Tagespiegel». Auf der Langstrecke sei ein Durchschnittspreis von 500 bis 900 Euro nötig. Hier handle es sich einmal mehr um einen Marketing-Gag O'Learys, doppelt Air-Berlin-Sprecher Peter Hauptvogel nach: «Das Billigfliegerkonzept funktioniert nur auf der Kurzstrecke.» Air Berlin werde nach der Übernahme des Ferienfliegers LTU und nach der Beteiligung bei der Schweizer Belair von Hotelplan keine Billigtarife auf der Langstrecke anbieten. Auch Easyjet, die Nummer 2 der Billigflieger, grenzt sich ab: «Wir konzentrieren uns auf das, was wir können: auf die Kurzstrecke.»

Etablierte Langstrecken-Airlines wie die Swiss zeigen sich wenig beeindruckt: «Auf der Langstrecke fehlt im Gegensatz zur Kurzstrecke ein wesentlicher Optimierungshebel: die höhere Flugzeug- und Personalproduktivität», sagt Swiss-Netzwerkchef Harry Hohmeister. Auf der Langstrecke ist die Flugzeugproduktivität aller ohnehin hoch. Somit blieben nur noch Einsparungen von Serviceleistungen. Auf Interkontinentalflügen wollten die Passagiere aber nicht auf ihren Service und auf das Sammeln von Meilen verzichten, sagt Hohmeister, der klarmacht: «Günstige Preise (alles inklusive) haben wir auf der Langstrecke saisonabhängig auch.»

Aktivitäten der Billigflieger wie tiefe Kosten für Marketing, Administration oder das Online-Buchungssystem sowie der Verkauf der Verpflegung an Bord könnten sicherlich von der Kurz- auf die Langstrecke übertragen werden, sagt Luftfahrtspezialist Andreas Wittmer von der Uni St. Gallen. Bei Flügen von acht Stunden und mehr kommt dem Flugbenzin ein hoher Stellenwert zu. Ein Kostenblock, den die Billigflieger nicht durch den Preismix von First-, Business- und Economyclass abfedern können.

Die Aufgabe ist nicht einfach: Ende 2006 groundete Air Madrid, die Low-Cost-Flüge von der spanischen Hauptstadt nach Südamerika anbot. Seit Oktober 2006 ist die Airline Oasis mit zwei Boeing 747-400 auf der Strecke Hongkong-London (Gatwick) unterwegs. Diese Woche waren in der Economy für den Flug ab London noch kurzfristig Plätze für 391 bis 839 Franken inklusive Gebühren von 182 Franken erhältlich. Ein Flug, der bei British Airways ab London-Heathrow 1900 Franken kostet. Der Sitzladefaktor von Oasis soll über 70 Prozent liegen. Andere Billigflieger auf der Langstrecke sind der australische Low-Cost-Carrier Jet Star nach Asien, die kanadische Zoom mit Flügen nach London und Paris oder die in Malaysia stationierte Air Asia, die 2008 mit der Tochtergesellschaft Air Asia X Flüge nach Europa plant.

Ryan Air muss die Wachstumsraten hochhalten

Dass Ryanair Langstrecken-Träume hegt, hängt damit zusammen, dass der Billigflieger seine Wachstumsraten hochhalten muss. Der europäische Markt sättigt sich: 2010 wird jeder dritte Passagier in Europa mit einem Low-Cost-Carrier (LCC) reisen. Aber auch die etablierten Airlines haben nach dem Vorbild der LCC ihre Kosten gesenkt und bieten Preisaktionen an.

O'Leary scheint sich seiner Sache nicht so sicher zu sein. Die Langstrecke will er nur mit einer Tochtergesellschaft angehen. «So riskiert er nicht, dass der Marktname von Ryanair ‹verwässert› oder sonstwie beschädigt wird», sagt der deutsche Aviatikanalyst Per-Ola Hellgren.

Ryan-Air-Chef Michael O'Learys utopische Idee: Für 10 Euro nach New York.

Der Fantasie wachsen Flügel

Billigflieger Langstrecken

dimanche 22 avril 2007

Internautes sous surveillance

Internautes sous surveillance

BIG BROTHER Le préposé fédéral à la protection des données est saisi d'une plainte contre une société suisse qui surveille sans droit les internautes

LUDOVIC ROCCHI
21 avril 2007

Depuis l'affaire des fiches, la Suisse se montre très chatouilleuse sur la protection de la vie privée de ses citoyens. Les écoutes téléphoniques préventives sont très strictement réglementées, même contre les terroristes. Surprise: la même Suisse héberge l'espion le plus puissant d'Internet, à savoir la société Logistep AG, basée à Steinhausen dans le canton de Zoug. Ses puissants ordinateurs peuvent surveiller en permanence jusqu'à deux millions d'échanges de fichiers sur Internet à travers le monde.

Cible privilégiée: les réseaux «peer to peer», qui offrent le partage de musique, de films, de jeux vidéo et autres logiciels protégés par des droits d'auteur. L'adresse IP des «pirates» est relevée et sert ensuite à leur réclamer de l'argent en les menaçant de poursuites judiciaires s'ils ne payent pas.

Violation de la vie privée
C'est ainsi que Logistep présente sa mission, mais sa surveillance préventive touche tout utilisateur d'Internet et pas seulement ceux qui s'échangent du contenu protégé. Cette violation de la vie privée vient d'être dénoncée au préposé fédéral à la protection des données. Dans un courrier envoyé vendredi à Berne, un célèbre «pirate» d'Internet explique par le menu comment les activités de Logistep s'apparentent à du «chantage et de la collecte illégale de données». Le plaignant a lui-même été victime de la surveillance sur Internet, par une autre société basée aux Etats-Unis. Sous le nom de code de Razorback, ce Valaisan est connu dans le monde entier pour avoir offert un des plus puissants serveurs d'échanges de fichiers. Son site a été bouclé et il fait l'objet d'une plainte pénale des grandes compagnies américaines du film.

Son avocat, Sébastien Fanti, explique les motivations de Razorback: «Nous voulons empêcher que des privés fassent la loi sur Internet. Nous sommes en possession d'avis de droits suisse, belge et français qui démontrent que la surveillance privée est illégale. Cette tâche doit rester en mains de l'Etat. La Suisse doit prendre conscience du problème, elle qui abrite la société la plus active dans ce domaine.»

Le Préposé fédéral à la protection des données ne veut évidemment pas prendre position sur une plainte qu'il vient de recevoir. Mais son porte-parole, Daniel Menna, confirme que les activités de Logistep sont dans son collimateur: «Nous sommes en train d'étudier le problème de la surveillance d'Internet avec nos collègues européens. Il existe un intérêt légitime à sauvegarder ses droits d'auteurs. Mais les moyens techniques utilisés doivent respecter la sphère privée. Dans ce sens, le monitorage général des échanges de fichiers pose problème.»

La polémique s'étend en France
La traque de Logistep a déjà débouché sur des procès en Allemagne, où 20 000 internautes accusés d'avoir téléchargé illégalement des jeux vidéo ont été sommés de payer un arrangement à l'amiable. La polémique s'est déplacée en France, où 5000 autres internautes ont reçu un courrier les enjoignant à payer 400 euros pour éviter un procès. Le Tribunal de Grande instance de Paris a un peu vite accepté que les fournisseurs d'accès à Internet livrent l'identité de leurs clients en fonction des adresses IP détectées par Logistep. Le procédé a été dénoncé devant l'équivalent français du préposé à la protection des données.

Président de Logistep, Richard M. Schneider dit ne pas craindre ces dénonciations: «Depuis 2004 que nous sommes actifs, nous sommes habitués à être violemment attaqués par les mauvais perdants que nous identifions en train de pirater du contenu protégé.» Il ajoute avoir déjà rendu des comptes au Préposé fédéral à la protection des données et affirme que «tout est en ordre». A l'évidence ce n'est pas le cas, puisqu'une enquête est en cours, indépendamment de la plainte de Razorback. Reste à savoir pourquoi aucun internaute suisse n'a encore été poursuivi? «En Suisse, la justice ne permet pas de chercher un arrangement à l'amiable. Si nous transmettons les adresses IP, il y aura une avalanche de procès. Ce n'est pas notre but», explique Richard M. Schneider.

Un nouveau business
En clair, il s'agit de faire rentrer de l'argent. Forte de onze employés à Zoug et d'un réseau mondial de bureaux d'avocats, Logistep voit d'ailleurs ses affaires se développer à grande vitesse, affirme son président sans donner de chiffres. Ce nouveau business échappe pour l'instant à tout contrôle. Et rien ne dit que la surveillance s'arrêtera aux échanges de jeux et autres DVD...

© Le Matin Online

vendredi 20 avril 2007

CCTV-Chaîne française-Monde de l'Economie

Le Group Jinjiang trouve des partenaires étrangers
cctv.com 07-04-18 11:50
Le groupe hôtelier international Jinjiang a signé lundi à Shanghai des ententes de plusieurs millions de dollars avec la Canadienne Fairmont Hotels and Resorts et la Suisse Swatch. Les accords président à la naissance de 2 joint-ventures, dont l'objectif est de rénover le célèbre hôtel Pacific, situé sur le Bund, à Shanghai.

Le groupe Shanghai Jinjiang signe d'abord un accord de joint-venture d'une valeur de 40 millions de dollars avec le Swatch Group Hong Kong Ltd. Swatch devient l'heureuse gestionnaire de l'aile sud de l'hôtel Pacific, qu'elle entend doter de restaurants luxueux et d'une boutique Swatch. Le droit de propriété équivaut à 10 pourcent de la valeur totale de l'hôtel.

Nick Hayek Jr.

P.-D.G., groupe Swatch

"Quand j'ai vu le bâtiment, j'ai su qu'il faudrait le restaurer, en collaboration avec les propriétaires. Ce serait dommage que cet édifice devienne un centre commercial, ou un hôtel luxueux identique à ceux qu'on retrouve partout dans le monde. J'ai donc développé cette idée avec mon personnel. Puis j'ai rencontré des gens de Jinjiang. Cela permettra certainement d'augmenter les ventes de Swatch."

Jinjiang a également signé une entente de joint-venture de 700 mille dollars américains avec la société Fairmont. Dans 2 ans, lorsque les rénovations qui commencent ce mois-ci seront terminées, l'entreprise canadienne fournira des services de gestion hotellière pour l'aile nord de l'hotel.

Liu Fang,CCTV


Rédacteur: Baiyun Origine:CCTV.com


CCTV-Chaîne française-Monde de l'Economie

Eine Epidemie ist rasch hier

«Eine Epidemie ist rasch hier»
Vize-Kantonsarzt Peter Frey erklärt, weshalb man schon heute einen möglichen Ernstfall von morgen planen sollte
Mit dem neuen Pandemieplan wappnet sich der Kanton für eine weltweite Grippeepidemie. Die Vorbereitung sei nicht nur Sache von Spezialisten, sondern jedes Einzelnen, sagt der stellvertretende Kantonsarzt und Pandemie-Verantwortliche Peter Frey.

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«bund»: Die Vogelgrippe ist zurzeit kein Thema mehr. Ist sie überhaupt noch eine Gefahr?


Peter Frey: Im Moment nicht direkt. Die Weltgesundheitsorganisation WHO rechnet aber damit, dass irgendwann ein mutiertes Vogelgrippevirus oder ein neues Virus auftreten und sehr rasch weltweit zu einer Grippeepidemie – sprich Pandemie – führen kann. Die Vogelgrippe hat sich Europa genähert, es gibt bereits gehäufte Fälle in Afrika.

Ende März hat der Kanton einen Strategieplan für eine Grippewelle, den Influenza-Pandemieplan, publiziert. Sind wir nun sicher?


Sicher ist, dass wir eine gute Planungsgrundlage haben. Im öffentlichen Gesundheitswesen wurden konkrete Massnahmen vorbereitet. Nun braucht es weitere Planung und Massnahmen bei Behörden, Betrieben und im öffentlichen Verkehr.



Schlimmste Szenarien gehen von einer Erkrankungsrate von einem Viertel der Bevölkerung aus. Wie wahrscheinlich sind die?


Das ist schwierig abzuschätzen. Nicht alle Viren machen gleich stark und schnell krank. Faktoren


«Die psychologischen Auswirkungen wären nicht zu unterschätzen. Es würden gewaltige Gerüchte zirkulieren.»





sind auch die rasche Früherkennung und der Stand der Vorbereitung. Unsere Planung will genau diesen «Worst Case» verhindern.

Bei der Spanischen Grippe 1918/19 starben schweizweit 25 000 Leute. Gäbe es heute auch so viele Tote?


Die Situation war speziell, die Leute waren durch den Ersten Weltkrieg geschwächt. Heute sehe ich eine besondere Schwierigkeit in der hohen und schwer kontrollierbaren Mobilität der Leute.

Wie lange würde eine grosse Pandemie dauern?


Die WHO unterscheidet sechs Phasen. Was Sie ansprechen, ist die Phase 6, wenn das Pandemievirus anhaltend von Mensch zu Mensch übertragen wird. Eine Welle kann bis zu zwölf Wochen dauern. Es sind aber auch mehrere Wellen möglich. Heute stehen wir gemäss WHO in der Phase 3, der pandemischen Warnperiode. Es sind isolierte Infektionsfälle beim Menschen mit dem Vogelgrippevirus H5N1 bekannt, aber noch keine bestätigten Mensch-zu-Mensch-Übertragungen aufgetreten.

Wie würde eine Pandemie unser Alltagsleben verändern?

Die Regale in den Läden wären rasch leer. Ausfälle gäbe es auch im öffentlichen Verkehr, Schwierigkeiten womöglich im Geldverkehr. Das soziale Leben wäre mit drastischen Einschränkungen belegt, etwa durch Veranstaltungs- und Reiseverbote, Schulschliessungen. Wegen des überlasteten Gesundheitssystems käme es zu Personalausfällen bei der Kommunikation, der Energieversorgung, der öffentlichen Sicherheit oder der Abfallentsorgung. Es könnte Plünderungen geben wie bei der Flutkatastrophe in New Orleans. Nicht zu unterschätzen sind die psychologischen Auswirkungen. Es würden gewaltige Gerüchte zirkulieren.



Ist das nicht schwarz gemalt? Ein Kraftwerk zum Beispiel braucht doch nicht so viel Personal.


Gerade in hoch spezialisierten Betrieben wie Kernkraftwerken sind Personalausfälle ein besonderes Problem. Hier sind für Schlüsselpositionen nur beschränkt Ersatzleute verfügbar.



Bei einer normalen Grippe liegt die Erkrankungsrate bei zwei bis fünf Prozent. Ab welcher Rate ist das öffentliche Leben beeinträchtigt?


Es kommt darauf an, wie gut wir die Ressourcen hochfahren können. Um die Kapazitäten zu erhöhen, müssten Spitäler Wahloperationen absagen, leichtere Fälle müssten womöglich zu Hause oder in Heimen gepflegt werden.



Wo orten Sie zurzeit die grössten Defizite bei der Vorbereitung auf eine Pandemie?


Mich beunruhigt das mangelnde Bewusstsein der Bevölkerung für eine schleichende, eher zunehmende Bedrohung. Ein zweiter Punkt ist die noch fehlende Pandemieplanung in vielen Betrieben. Und der dritte Punkt ist ganz banal: Uns ist das Bewusstsein für elementare Hygiene abhanden gekommen. Wir wissen nicht mehr, dass schon nur Händewaschen uns vor Infektionen schützen kann.



Ich muss mich also persönlich auf eine Pandemie vorbereiten.


Wir denken heute, alles könne sofort gekauft oder geflickt werden. Bei einer wirklichen Krise ist die Beschaffbarkeit ein zentrales Problem. Und eine solche Krise kann sehr rasch eintreten. Da sollten wir uns schon vorher absichern. Dazu gehört das Wissen um das eigene soziale Netz. Es ist auch wichtig, einen kleinen Notvorrat zu halten. Bald werden die Grossverteiler Schutzmasken im Sortiment haben. Hierzu wird es Empfehlungen des Bundes geben.



«Kluger Rat, Notvorrat»: Das tönt ja wie im Kalten Krieg.


Die weltweite Vernetzung ist eine Errungenschaft unserer Zeit, aber sie kann auch Gefahr sein. Das Netz kann reissen. Auch Staaten müssen sich vorsehen. Die Schweiz hat zum Beispiel keine eigene Grippe-Impfstoff-Produktion. Der Bund hat daher einen Vorrat von acht Millionen Dosen präpandemischen Impfstoffes bestellt, der in der Armeeapotheke gelagert werden soll und bei einer Bedrohung verteilt werden kann.



Die Grossbank UBS hat an alle Mitarbeiter ein Pandemie-Set (Masken, Fiebermesser, Panadol) abgegeben. Sie haben diese Aktion als nicht eben sinnvoll eingestuft («Bund», 15. Februar). Wie sollten sich denn Firmen auf eine Pandemie vorbereiten?


Firmen müssen definieren, welche Prozesse für sie lebenswichtig sind und wie sie diese mit massiv reduziertem Personalbestand aufrechterhalten können. Sie müssen ausloten, ob Pensionierte eingesetzt werden könnten. Auch kann heute mit schnellen Internetverbindungen von zu Hause aus gearbeitet werden. Für Personen, die im Pandemiefall am Arbeitsplatz in Betrieben benötigt werden, sollten Massnahmen für Eingangskontrollen oder Seuchenteppiche vorbereitet sein. Grossbanken etwa sind in der Pandemieplanung schon sehr weit, zum Teil wurden Szenarien real durchgespielt. Das Pandemie-Set erachte ich nicht als falsch. Schutzmasken garantieren allerdings keinen Schutz vor Ansteckung. Fraglich ist auch, ob die Abgabe eines solchen Sets zum jetzigen Zeitpunkt verhältnismässig ist.



Steht denn der Kanton Bern mit seinen Vorbereitungen gut da?


Wir haben vieles konkret vorbereitet, Prozesse und Abläufe festgelegt und mit den Betroffenen praktisch umsetzbare Pläne und Massnahmen vorbereitet. Es liegen Merkblätter und Verhaltensanweisungen vor, so zum Beispiel für Schulschliessungen. Die öffentlichen Spitäler haben ihre Vorsorge bei Material und Medikamenten erhöht. Mich freut, dass die Partner im Gesundheitswesen bei der Planung aktiv mithelfen.



Im Pandemieplan des Kantons ist von Lücken im übergeordneten Influenza-Pandemieplan Schweiz 2006 die Rede. Worin bestehen die?


Die Planung des Bundes ist insgesamt gut. Die Vorgaben sagen aber beispielsweise nicht, wer im Falle einer Medikamentenknappheit zuerst behandelt würde. Das könnte zu regional unterschiedlichen Vorgehensweisen und so zu politischen Problemen führen.



1918 gab es die Spanische, 1957 die Asiatische, 1968 die Hongkong-, 1977 die Russische Grippe. Warum erst jetzt ein Pandemieplan?


Die Sars-Seuche war für alle ein Warnschuss. Da geschah weit entfernt etwas und wurde innert kurzer Zeit eine Bedrohung auch für


«Uns ist das Bewusstsein für elementare Hygiene abhanden gekommen. Schon Hände waschen kann schützen.»





uns. Die Vogelgrippe verstärkte den Handlungsdruck. Die WHO ergriff zusammen mit den Ländern die Initiative. Wichtig war auch die Gesamtnotfallübung «Epidemie Schweiz» von 2005, die zeigte, wie sehr im Pandemiefall die Departemente untereinander und die Kantone zusammenarbeiten müssten.

Sind für andere Katastrophen ähnlich detaillierte Aktionspläne ausgearbeitet worden?

In dieser Art ist das meines Wissens der erste. Es gibt Bereiche, denen der Bund besondere Beachtung schenkt: Epidemien und Radioaktivität. Für beides liegen auch Bundesgesetze vor, für beides beansprucht der Bund die strategische Leitung. Klar ist aber, dass die operative Umsetzung bei den Kantonen liegt.

Peter Frey


Peter Frey, 64 Jahre alt, ist Arzt und diplomierter Physiker. Seit 1992 amtet er in Bern als stellvertretender Kantonsarzt. Vorher war er an verschiedenen grossen Spitälern der Schweiz und an Forschungszentren tätig, so zum Beispiel am Cern in Genf. Als Oberst hat er das Spitalregiment 1 der Schweizer Armee kommandiert. Frey ist Chef Sanität im kantonalen Führungsorgan, das im Katastrophenfall zum Einsatz kommt. Zudem ist er als Fachberater für medizinische Massnahmen bei radioaktiven Katastrophen beim Verteidigungsministerium und dem Katastrophenhilfekorps tätig. Peter Frey ist verheiratet und Vater dreier erwachsener Söhne. (al)

Der Pandemieplan

Um auf eine weltweite Grippeepidemie – eine Pandemie – vorbereitet zu sein, arbeiten die Kantone zurzeit Pläne aus. Grundlage sind die Empfehlungen der Weltgesundheitsorganisation sowie der Influenza-Pandemieplan Schweiz 2006. Im März hat der Kanton Bern im Internet seinen Influenza-Pandemieplan für das öffentliche Gesundheitswesen publiziert («Bund», 22. März). In den Monaten zuvor haben 50 Fachpersonen unter der Leitung des Kantonsarztamtes die möglichen Auswirkungen einer Pandemie auf das bernische Gesundheitswesen untersucht. Planerisch konkretisiert wurden auch die Massnahmen zum Schutz der Bevölkerung. Die Themenbereiche des 250 Seiten starken Planes reichen von der Abgabe von Grippemedikamente über Früherkennung von entsprechenden Viren bis hin zur Kommunikation im Krisenfall. Der Pandemieplan wird regelmässig überprüft und den neusten Erkenntnissen angepasst. (sda/al)


[@] www.be.ch/pandemie

EN CAS DE PANDÉMIE DE GRIPPE, LES ENTREPRISES GENEVOISES ONT DÉJÀ TOUT PRÉVU

EN CAS DE PANDÉMIE DE GRIPPE, LES ENTREPRISES GENEVOISES ONT DÉJÀ TOUT PRÉVU
Par Christian Lecomte (Le Temps.ch)
17 février 2007

Genève -- Pour l'OMS et l'Office fédéral de la santé publique, une pandémie de grippe frappera le monde un jour ou l'autre. Les entreprises genevoises n'ont pas attendu pour organiser la riposte. La plupart ont déjà adopté des mesures préventives.

Marc Zuffa, le patron du dispositif OSIRIS (intervention dans les situations exceptionnelles) de la police cantonale de Genève, le reconnaît lui-même: «Le monde genevois de l'entreprise est très avancé en matière de moyens mis en place pour lutter contre une pandémie de grippe. Il va même parfois plus vite que nous.» Si la grippe aviaire version humaine venait à enrhumer la planète entière (passage de la phase 3 actuelle à la phase 4 selon l'OMS), les dégâts seraient comparables à plusieurs 11 septembre, assurent les places financières. A Genève, on a décidé de faire front en arrêtant de véritables plans de bataille.

On ne passera plus l'aspirateur
Illustration à la banque Lombard Odier Darier Hentsch (LODH), qui selon Alexandre Agad, le responsable de la logistique, «s'est lancée là-dedans à fond dès la fin 2005 tant le risque semblait réel». LODH (mille employés à Genève) a d'ores et déjà identifié trois catégories de personnels: celui qui n'a pas besoin de venir à la banque, celui qui peut travailler à la maison, celui qui doit venir à la banque.

«Les gérants de fortune par exemple peuvent travailler à domicile, il est prévu de les équiper en service internet amélioré leur permettant de continuer d'acheter et de vendre des positions, explique Alexandre Agad. On peut craindre une brèche dans la confidentialité, mais cette solution de télétravail que nous testons régulièrement est complètement sécurisée. Ces gérants ne pourront pas conserver la moindre donnée à la maison.»

Les collaborateurs devant se rendre à la banque travailleront dans des espaces séparés et cloisonnés. La fréquence des réunions sera réduite au minimum. «On ne passera même plus l'aspirateur le soir car les personnels de ménage ne viendront plus, mais on demandera à nos collaborateurs de vider les poubelles», précise même Alexandre Agad. D'autres personnels ont été répertoriés, comme les mères de famille et les familles monoparentales «amenées à s'absenter car les écoles seront fermées».

Confidentiel
LODH a par ailleurs stocké masques, désinfectants, lunettes de protection, mais n'a pas investi dans le médicament Tamiflu, préférant miser sur le vaccin prépandémique dont la Suisse s'est dotée à hauteur de 8 millions de doses. «Mais de telles mesures ne sont valables que si nos partenaires et concurrents sont informés et agissent dans le même sens», souligne Alexandre Agad. En février 2006, un séminaire a réuni soixante banques genevoises «afin de partager les expériences». Un document extranet, qui demeure confidentiel, a été publié à l'issue de la rencontre.

À la Fédération des entreprises romandes (FER), organe faîtier de six associations patronales, on insiste sur le fait que la mise en place de tels moyens est en conformité avec les textes et qu'elle entre dans un plan pandémie intégrant la direction de la santé, les services de police, la communication, la Genève internationale et le secteur économique. La FER (300 employés) vient d'acquérir 45000 masques, de quoi tenir cinq semaines en cas de pandémie, «car il faut changer de masque toutes les quatre heures».

Chez Givaudan (parfums), on est allé jusqu'à envoyer en octobre dernier des collaborateurs tester en Indonésie un plan de lutte contre la grippe aviaire et visiter des hôpitaux dédiés à cette maladie. Chez Rolex, on ne dit rien, tout en assurant que le nécessaire a été fait. Frank Renggli, de Pictet, annonce que la banque s'est dotée d'un comité de crise et qu'elle a élaboré un catalogue de procédures et de scénarios «pour assurer la bonne marche de l'entreprise ainsi que la pérennité des biens des clients».

Fermeture des frontières
«Depuis le 11 septembre 2001, les entreprises ont compris que leur seule vraie richesse était la santé des employés, confie Jean-Claude Canavese, médecin consultant auprès de plusieurs multinationales. Il y a donc la nécessité de les protéger tout en garantissant l'indispensable continuité du fonctionnement des entreprises en période de crise. Il faut faire en sorte de tenir deux à trois semaines, le temps de laisser passer le gros de l'orage.»

L'Office cantonal de l'inspection et des relations du travail (OCIRT) a ouvert sur son site internet une page où figurent une «check-list» qui décline les plans de mesure dans l'entreprise en cas de pandémie d'influenza, et un catalogue de questions et réponses du type: «Quel est le droit au salaire en cas de recommandations générales de rester à la maison ou si l'employé reste à la maison par peur? En situation d'épidémie déclarée, l'entreprise est-elle habilitée à limiter les échanges entre les collaborateurs? Peut-elle demander à certains de rester à la maison et à d'autres de se rendre sur leur lieu de travail? Peut-elle instaurer un volontariat?» Autre interrogation récurrente: en cas de fermeture des frontières, qu'adviendra-t-il des entreprises, sociétés, institutions internationales, hôpitaux et cliniques dont des employés résident en France? Selon Marc Zuppa, Berne et Paris étudieraient en ce moment les modalités pour laisser les frontières ouvertes. «On planifie tout pour être prêt, que cela arrive dans une année ou dans 50 ans», assure le policier. De son côté, Philippe Sudre, le médecin cantonal, rappelle qu'il n'y a pas plus d'angoisse ou d'inquiétude aujourd'hui qu'il y a une année «mais qu'il ne faut pas lever le pied».

Le set de survie de UBS
Les collaborateurs de la banque vont recevoir un nécessaire d'urgence.
Dès le début de mars, les quelque 26000 collaborateurs et collaboratrices de UBS en Suisse vont recevoir un «set de pandémie». Le contenu de ce paquet de survie: 50 masques de protection, du désinfectant, un thermomètre, et non pas du Tamiflu mais des Panadol. La banque ne veut pas indiquer les coûts de cette mesure, mais «il ne faut pas les surévaluer», a indiqué son porte-parole au quotidien bâlois gratuit Baslerstab. Des séances d'information sur les moyens de minimiser les risques d'infection si le virus venait à muter sont aussi organisées pour les employés.

Pourquoi UBS agit-elle maintenant? «Nous devons être préparés. Cela fait partie d'une gestion des risques professionnelle», indique le porte-parole. Anne Witschi, médecin cantonal de Bâle-Ville, salue la démarche: «Plus on s'y prend tôt, mieux ça vaut.» D'autres sont sceptiques: pour le médecin de la ville de Zurich, Albert Wettstein, il s'agit d'une solution de luxe. Migros aussi se prépare, et stocke des masques, mais ils ne seront pas distribués pour le moment.

Banque de données mondiale à Genève
Une banque de données mondiale sur le virus de la grippe aviaire se constitue à Genève. Elle sera opérationnelle dès le mois de mars au Swiss Institute of Bioinformatics (SIB), selon la revue Science et Le Figaro. Cette création émane de l'Initiative mondiale pour le partage des données sur la grippe aviaire, qui avait critiqué en 2006 l'accès trop limité au site du laboratoire américain de Los Alamos (Nouveau Mexique) où se partagent jusqu'à présent les données les plus importantes sur le virus.


Source

samedi 7 avril 2007

L'avocate qui menace les internautes

L'avocate qui menace les internautes
Par Yann PHILIPPIN
Le Journal du Dimanche

Une avocate a envoyé un courrier à des milliers de pirates présumés, au nom d'une société de jeux vidéo polonaise dont ils auraient téléchargé illégalement des produits. Elle leur demande de régler 400 euros ou menace de saisir leur biens. Une démarche qui choque non seulement les internautes mais aussi certains avocats. Et pourrait être illégale.

C'est la plus grande opération jamais menée en France contre les adeptes du téléchargement. Depuis une dizaine de jours, plus de 50 abonnés des fournisseurs d'accès internet Free et Orange ont reçu une lettre de mise en demeure signée de l'avocate parisienne Elizabeth Martin. Ces internautes sont accusés d'avoir piraté via des logiciels d'échange de fichiers peer-to-peer le jeu vidéo Call of Juarez, édité par la société polonaise Techland. L'avocate leur demande de payer 400 euros d'ici quatorze jours, faute de quoi elle se dit certaine d'obtenir d'importants dommages et intérêts en justice, et n'hésitera pas à réclamer "la vente de vos biens".

L'affaire menace de prendre des proportions énormes. Elizabeth Martin a en effet obtenu le 22 janvier auprès du tribunal de grande instance de Paris une ordonnance qui oblige huit fournisseurs d'accès à lui livrer les nom et adresse de tous les fraudeurs repérés par Techland sur internet. Selon nos informations, pas moins de 5.079 internautes sont concernés ! A titre de comparaison, l'ensemble des producteurs français de disques n'ont lancé qu'un peu plus de 200 procédures, dont seulement une quarantaine a fini devant les tribunaux.

Déjà testé avec succès aux Etats-Unis par les studios d'Hollywood, l'envoi massif de mises en demeure est une première dans l'Hexagone. "Il s'agit simplement de réparer le préjudice subi et d'offrir aux fraudeurs une alternative moins onéreuse qu'un procès", indique-t-on chez Techland. Cette méthode permet également à l'éditeur d'encaisser de l'argent sans engager de coûteuses procédures judiciaires.

Plusieurs internautes ont déjà réglé les 400 euros

A en croire les dizaines de messages angoissés postés sur le forum du site ratiatum. com, qui a révélé l'affaire, la tactique fonctionne. Plusieurs internautes ont déjà réglé les 400 euros. C'est le cas de Marie*, alors même que cette jeune femme affirme avoir acheté le jeu dans le commerce. "J'ai des enfants. Je ne voulais pas que la police débarque chez moi", explique-t-elle. D'autres internautes jurent qu'ils n'ont jamais téléchargé Call of Juarez, mais seulement la démonstration officielle. Ceux qui avouent avoir piraté le jeu sont également furieux. "Si la méthode avait été correcte, j'aurais accepté un accord amiable, explique Patrick*, qui vit dans les Yvelines. Je préfère me défendre en justice plutôt que de payer des gens qui pratiquent l'intimidation."

Plusieurs avocats interrogés par le JDD se sont déclarés choqués par la lettre de leur consoeur Elizabeth Martin. "Elle est rédigée de manière scandaleuse", dénonce Me Emmanuel Pierrat. Ce spécialiste de la propriété intellectuelle a repéré trois violations du code de déontologie. L'avocate n'informe pas les accusés de la possibilité d'être assistés d'un avocat. Elle ne s'engage pas à renoncer aux poursuites en échange des 400 euros. Et elle demande aux internautes de verser l'argent directement sur son compte. Or, pour éviter tout soupçon d'escroquerie, ce type de règlement doit obligatoirement transiter par la Carpa, la "banque des avocats". Par ailleurs, aucune des mises en demeure n'a été expédiée en recommandé, ce qui leur ôte toute valeur juridique.

"Ces pratiques semblent très éloignées des principes essentiels de notre déontologie", confirme un responsable de l'ordre des avocats de Paris. Le barreau a ouvert mardi une enquête à l'encontre d'Elizabeth Martin et peut décider de saisir la justice. Plusieurs passages de la lettre pourraient en effet constituer un délit de "menace" ou de "chantage", passibles de poursuites pénales selon d'autres avocats. "Je n'ai pas à parler de ce genre de choses avec un journaliste", a déclaré Elizabeth Martin au JDD.

Le cerveau de l'opération semble être la société Logistep, qui a repéré les fraudeurs présumés pour le compte de Techland. Cette agence suisse de chasse aux pirates a déjà mené des opérations similaires en Allemagne et en Grande-Bretagne. A chaque fois, la méthode est la même : sélection d'un cabinet d'avocats et envoi de milliers de courriers, à la formulation identique dans tous les pays. Or, au Royaume-Uni, plusieurs internautes affirment eux aussi n'avoir téléchargé que la "démo" du jeu. "C'est absolument impossible. Nous vérifions scrupuleusement que chaque contrefacteur que nous repérons a bien mis à disposition le fichier complet", indique-t-on chez Logistep.

"Je pense qu'ils n'attaqueront personne en justice", indique Me Gilles Broca, avocat au barreau de Nice. Son confrère Emmanuel Pierrat conseille "de ne pas payer, de ne pas répondre, et d'adresser une copie de la mise en demeure au barreau de Paris". Des internautes ont déjà saisi le barreau, la Cnil et l'UFC-Que Choisir. Et une quinzaine d'entre eux envisagent de se regrouper pour se défendre devant les tribunaux.

* Les prénoms ont été modifiés.

vendredi 6 avril 2007

Die Cablecom geht selbst auf Sendung

Die Cablecom geht selbst auf Sendung

VON JÜRG TSCHIRREN
05.04.2007 | 08:31:24

ZÜRICH – Die viel kritisierte Kabelnetzbetreiberin bläst zur Offensive. Sie baut ihren Infokanal zum moderierten Fernsehprogramm aus.


Cablecom wird zur Fernsehanstalt: Am 1. Mai geht sie mit einem eigenen Programm auf Sendung. «Wir bauen unseren Infokanal aus», bestätigt Sprecher Hanspeter Nehmer gegenüber CASH daily. Vorerst wolle man den Kanal nur zur Bewerbung des eigenen Digitalangebots benutzen, stapelt Nehmer tief.

CASH daily weiss aber: Cablecom plant nichts Geringeres als ein TV-Programm mit moderierten News und Filmbeiträgen. Die Suche nach Moderatorinnen und Moderatoren läuft.

Eine Konzession für den Ausbau ist dank des neuen Radio- und Fernsehgesetzes nicht nötig. Eine Konzession braucht nur, wer Gebühren erheben oder Zugang zu einem fremden Kabelnetz will. Beides ist bei Cablecom nicht der Fall. Die Kabelnetzbetreiberin hat zudem die Konzession für den bisherigen Infokanal ans Bundesamt für Kommunikation (Bakom) zurückgegeben. Grund: Sie hätte den Ausbau im geplanten Umfang nicht erlaubt. «Der entsprechende Antrag ist am Dienstag bei uns eingegangen», bestätigt Alfons Birrer vom Bakom.

Als Netzbetreiberin musste die Cablecom zuletzt viel Kritik einstecken. Zu Gunsten des digitalen Angebots hat sie diese Woche erneut mehrere Kanäle gestrichen. «Das analoge Programm soll die Sender umfassen, die die Mehrheit der Kunden sehen will», rechtfertigt sich CEO Rudolf Fischer. Dazu zählt offenbar auch ein hauseigenes Programm.

«Ich glaube nicht an tiefe Minutentarife»

Tages-Anzeiger vom 05.04.2007

«Ich glaube nicht an tiefe Minutentarife»

Orange-Chef Andreas Wetter plant ein Internetangebot und will die Informatikabteilung auslagern. Und er würde mit der Cablecom zusammenspannen – trotz ihres schlechten Images.

Mit Andreas Wetter sprach Angela Barandun in Bern

Sie stehen seit über 8 Jahren an der Spitze von Orange. Sunrise hat bereits den dritten Chef in zwei Jahren. Was machen Sie besser?

Orange Schweiz ist eine Erfolgsgeschichte. Wir sind die Nummer zwei im Mobilfunkmarkt. Gemessen am Umsatz, liegt unser Marktanteil bei über 20 Prozent. Bei den Kunden haben wir im letzten Jahr erstmals Sunrise überholt. Dort liegen wir bei 18,9 Prozent. Innerhalb von France Télécom weisen wir die höchsten Umsätze pro Kunde aus.

Das bedeutet wohl, dass sich die Investition für France Télécom gelohnt hat?

Wir zahlen Darlehen zurück.

Kein Gewinnbeitrag und ein Marktanteil, der bei 18 Prozent eingefroren worden ist. Reicht das einem so grossen Konzern?

Wir wachsen immer noch, und wir finanzieren unsere Investitionen seit 4 Jahren aus dem laufenden Geschäft. Wir liegen Frankreich nicht mehr auf der Tasche – das ist das Entscheidende. Ausserdem ist die Schweiz für France Télécom interessant, weil viele internationale Firmen ihren europäischen Hauptsitz hier haben. Dadurch lassen sich lukrative Verträge mit globalen Unternehmen abschliessen. Aber die Umsätze in der Schweiz werden schrumpfen. Bereits heute kommt auf jeden Schweizer ein Mobiltelefon – Babys sind da miteingerechnet.

Wie wollen Sie da noch wachsen?

Entscheidend ist, dass wir unser Kerngeschäft nicht vernachlässigen. Wir zahlen unsere Löhne immer noch mit mobiler, verbaler Kommunikation. Das wird auch in Zukunft so sein. Daneben müssen wir aber neue Produkte anbieten, die unseren Kunden mehr bieten und sie enger an uns binden.

Woran denken Sie?

Im Tessin haben wir vor kurzem den schnellen mobilen Internetzugang erweitert. Nicht allein, sondern in Zusammenarbeit mit den städtischen Industriebetrieben. Das ist die erste Vertriebszusammenarbeit mit einem lokalen Elektrizitätswerk in der Schweiz.

Ein Festnetzanbieter wird mit Ihrer Hilfe mobil. Und das Gegenteil? Wird Orange selbst Festnetzanbieter und investiert in die Letzte Meile?

Nein. Für uns rechnet sich der Aufbau einer eigenen Festnetzinfrastruktur nicht. Unser Fokus liegt klar auf dem mobilen Angebot, dort investieren wir. Trotzdem werden wir auch einzelne Produkte im Festnetz anbieten, allerdings zusammen mit Partnern. Was denn zum Beispiel?
Wir werden unseren Kunden neben dem Handy auch schnelles Internet aus der Steckdose bieten. Das werden wir noch in diesem Jahr realisieren.

Wer wird der Partner sein?

Das ist noch nicht entschieden. Wir reden aber mit allen. Wichtig ist, dass die Schnittstelle zum Kunden bei Orange bleibt. Der Rest ist nur eine Frage des Betriebs im Hintergrund. Das klingt zwar interessant, wird Orange aber nicht reich machen.
Darum müssen wir noch effizienter werden, schlanke Strukturen haben. Rank und schlank.

Sie wollen also Leute entlassen?

Nein. Die Effizienz und Effektivität zu steigern, heisst nicht zwangsläufig, Leute zu entlassen. Vielleicht bedeutete es indirekt, die Zahl der Stellen zu reduzieren.

Sie sprechen von Outsourcing?

Genau. Seit 4 Jahren überlegen wir uns für jede Tätigkeit, ob es nicht jemanden gibt, der diese Aufgabe besser und günstiger erledigen kann. Angefangen haben wir mit dem Auskunftsdienst, der war vom ersten Tag an ausgelagert. Dann war die Liegenschaftenverwaltung und -pflege an der Reihe, und im letzten Jahr ist das Callcenter für Privatkunden hinzugekommen.

Was ist als Nächstes dran?

Zurzeit wird die Auslagerung der Informatikabteilung evaluiert. Ein Entscheid fällt in den kommenden Wochen, sodass die Auslagerung noch in diesem Jahr stattfinden könnte.

Sorgt das nicht für viel Unruhe im Unternehmen?

Ja, schon. Aber Outsourcing muss nicht immer schlecht sein für die Mitarbeitenden. Oft eröffnet es ihnen auch neue Möglichkeiten. Ich weiss nicht, ob die Betroffenen das auch so sehen. Ihnen werden ja praktisch immer die Löhne gekürzt.
Ich glaube nicht, dass der Lohn ein Problem ist. Sonst würden die Leute ja einfach kündigen und sich einen besser bezahlten Job suchen. In der Telecombranche spielt der Wettbewerb um die Arbeitskräfte. Aber im Moment bauen doch alle Telecomfirmen Mitarbeitende ab!
Wir haben nur gute Erfahrungen gemacht mit dem Outsourcing. Der Hauswart an unserem Sitz in Biel, den wir als einen der ersten ausgelagert haben, ist heute noch derselbe wie damals. Und er hätte bestimmt gekündigt, hätte er weniger Lohn bekommen.

Sind Sie sicher?

Ja, davon bin ich überzeugt. Wird Orange irgendwann nur noch 200 Mitarbeitende haben?
Nein, das kann ich mir nicht vorstellen. Strategische Kernbereiche werden wir immer selbst betreiben. Aber es ist gut möglich, dass wir bald weniger als 1000 Mitarbeitende haben. Heute stehen wir bei 1250. Klar ist, im Vordergrund steht die Effizienz der Organisation und nicht die Ambition eines Jungmanagers, möglichst viele Leute zu führen.

Ein Jungmanager sind Sie ja bei weitem nicht mehr. Sie sind der Letzte aus einer ganzen Generation von Telecom-Chefs, der noch da ist. Ist das nicht eigenartig?

Ein gewisses Alter zu haben, hat auch den Vorteil, dass man nicht mehr so schnell explodiert. Ausserdem rekrutieren wir seit mehreren Jahren vor allem jüngere Manager für die Geschäftsleitung, die unter Umständen als Nachfolger in Frage kommen.

Und, ist einer in Sicht?

Ich habe immer jemanden im Auge. Manchmal deutlicher, manchmal weniger. Würden Sie je einen ausländischen Mobilfunkbetreiber auf ihr Netz lassen?
Das könnte ich mir sicher vorstellen. Wichtig ist, dass die Qualität eines solchen Anbieters stimmt. Weil das immer einen Einfluss auf unser Image hat. Und dass sich das Geschäft lohnt.

Gibt es konkrete Pläne?

Es gibt verschiedene ausländische Gesellschaften, die bei uns Anfragen deponiert haben. Das gab es aber auch schon letztes Jahr. Wieso hat es bisher nicht geklappt?
Weil nicht immer klar ist, ob es sich lohnt. Neue Anbieter bergen auch Gefahren. In einigen europäischen Märkten kam es zu ruinösen Konkurrenzverhältnissen.

Wird man in der Schweiz je für 10 Rappen pro Minute in alle Netze telefonieren können, wie das in Österreich der Fall ist?

Nein, das glaube ich nicht. Die Kosten in der Schweiz sind dafür zu hoch.

Wie weit können die Preise denn hier zu Lande noch sinken?

Ich glaube nicht an tiefe Minutentarife. Meiner Meinung nach wird es in Zukunft vor allem Pauschalangebot geben, mit Gratisminuten in alle Netze und einem inbegriffenen Daten- und Inhaltevolumen.

Wieso?

Bei länderübergreifenden Preisvergleichen geht gerne vergessen, wie viel teurer es ist, in der Schweiz ein Handynetz zu betreiben. Das fängt bei den Auflagen für den Bau einer Antenne an und hört bei der automatischen Strahlenkontrolle auf. Solche Dinge muss man berücksichtigen.

Wie viel teurer kann das sein? 10 Prozent?

Aus meiner Sicht variieren die Zusatzkosten zwischen 10 und 50 Prozent. Nur ein Beispiel: In der Schweiz kostet es mindestens 50 Prozent mehr im Jahr, einen Antennenstandort zu mieten, als etwa in Österreich. Wer in der Schweiz bereit ist, sich an einem attraktiven Standort eine Antenne aufs Dach stellen zu lassen, ist in einer so starken Position, dass er die Preise in die Höhe treiben kann.

Haben Sie Angst, dass Orange verkauft wird?

Darüber mache ich mir keine Sorgen. Es ist unwahrscheinlich, dass ein grosser Konzern oder ein potenter Investor in einen gesättigten und stark regulierten Markt investieren wollen, in dem sich der Preiszerfall bereits abzeichnet.

Sie glauben also nicht, dass jemand Orange kaufen würde?

Die Schweiz ist einfach nicht attraktiv. Es gibt zwar eine hohe Kaufkraft, der Markt ist aber klein. Zudem besteht politisch in keiner Weise der Wille, die dominante Position der Swisscom grundsätzlich und markant zu ändern. Darum glaube ich nicht, dass irgendeine der grossen Schweizer Telecomfirmen in nächster Zeit den Besitzer wechseln wird.

Schliessen Sie darum auch einen Zusammenschluss von Orange und Cablecom kategorisch aus?

Genau.

Und eine strategische Partnerschaft?

Eine operative Zusammenarbeit ohne Kapitalverflechtung würde ich nicht ausschliessen.

Das miserable Image der Cablecom wäre dabei kein Hindernis?

Überhaupt nicht. Ich bin der Meinung, dass die Medien unfair sind. Sie zollen dem Mut und dem Erfolg der Cablecom, die erst zu den Problemen geführt haben, überhaupt keinen Respekt.

Die momentane Unbeliebtheit hat sich die Cablecom mit dem Abschalten der TV-Sender selbst eingebrockt.

Aus der heutigen Perspektive hat sich das Unternehmen tatsächlich sehr unglücklich verhalten. Aber im Nachhinein ist man immer schlauer. Ich hätte an der Stelle der Cablecom massgebliche Interessengruppen wie den Bundesrat über die geplanten Abschaltungen von Analogkanälen vorinformiert und ihnen die Entscheidung überlassen.

Sie scheinen grosse Sympathien für die Cablecom zu hegen.

Nein, aber ich habe Respekt vor der Firma. Sie hat eine Erfolgsgeschichte geschrieben.

Kommt eine Partnerschaft mit Cablecom auch für das Internetangebot in Frage?

Die Cablecom hat bisher immer deutlich gemacht, dass sie sich nicht für solche Angebote öffnen will. Darum steht sie nicht an oberster Stelle bei der Partnersuche. Aber es ist denkbar.


Andreas Wetter

Andreas Wetter ist seit Dezember 1998 Chef von Orange Schweiz und hat das Unternehmen entscheidend geprägt. Vor Orange war der gelernte Elektroniker mit MBA Chef von Radio TV Steiner. Er arbeitete auch bei Ascom und als Länderverantwortlicher im IT-Markt. Der 57-Jährige ist verheiratet, hat zwei Töchter und zwei Grosskinder und wohnt in Feldmeilen ZH. (aba)

samedi 24 mars 2007

Migros s'offre les Stones pour cinq millions

Migros s'offre les Stones pour cinq millions

MARKETING. Le géant orange organise un concert unique avec les vétérans du rock.

Daniel Eskenazi et Bastien Buss
Samedi 24 mars 2007

Comment rattraper les parts de marché perdues en 2006 au profit de Coop? En organisant la plus grosse opération marketing de son histoire. C'est très probablement ce que vise Migros en annonçant un concert des Rolling Stones le 11 août prochain au stade de la Pontaise, à Lausanne. Cet événement est réservé aux clients utilisant la carte Cumulus (lire ci-dessous), offre lancée par Migros il y a dix ans qui a séduit plus de deux millions d'adeptes. Seuls 15000 d'entre eux seront choisis par tirage au sort. Pas de taxe sur les billets Mais combien coûte l'organisation de cet événement? «Nous avons convenu de ne pas le communiquer», souligne la porte-parole de Migros, Monica Glisenti. D'après nos sources, l'organisation coûtera entre 4 et 5 millions de francs, comprenant 120000 francs de frais de location et ceux du marketing. «Faire venir ce groupe coûte entre 2 et 3 millions de francs. Une somme à laquelle il faut ajouter 1 million pour les installations», souligne Michael Drieberg, patron de Live Music Production, société nyonnaise qui organise des concerts en Suisse. Selon lui, dans des conditions normales, il est impossible d'organiser et surtout de rentabiliser pareil événement dans un stade qui peut accueillir «seulement» 30000 spectateurs. C'est d'ailleurs la première fois depuis près de dix ans que le vieux stade de la Pontaise accueille un concert d'envergure. Par ailleurs, Migros s'est vu exonérer des taxes de 14% normalement perçues sur le montant des billets vendus. Enfin, les coûts du transport ne devraient pas être trop élevés, dans la mesure où l'événement du leader suisse du commerce de détail s'inscrit au milieu d'une tournée européenne, entre un concert à Oslo et un autre à Düsseldorf. Le géant orange a compté sur deux organisateurs de renom pour préparer cet événement: Opus One, société basée à Nyon détenue majoritairement par le Paléo, et la firme Good News, organisatrice du dernier concert des Rolling Stones en Suisse, à l'aérodrome de Dübendorf en août 2006. «Les discussions avec le manager des Rolling Stones durent depuis novembre. Seuls, nous n'aurions pas pu réaliser cet événement», note Monica Glisenti. Les Rolling Stones permettent à Migros de ratisser large, avec une clientèle potentielle qui va de 15 à 85 ans, selon Brigitte Müller, professeur assistante de marketing à HEC Lausanne. Les vétérans du rock avaient empoché la somme record de 180 millions de francs lors de leur dernière tournée mondiale. Mais Migros peut se permettre de louer les pierres qui roulent. Le géant orange a dégagé en 2005 un bénéfice net de 699 millions de francs.



Un tirage au sort pour aller au concert

15000 personnes recevront deux billets.

Daniel Eskenazi Tous ceux qui ont la carte Cumulus ne participeront pas au concert. Ils devront compter sur la chance au terme d'un processus relativement complexe. Tout d'abord, pour chaque achat de 10 francs effectué par un client dans l'un des magasins Migros, Micasa, SportXX, M-Electronics et Do it+ Garden, le titulaire se verra remettre un timbre Rolling Stones à coller sur une carte, les deux étant disponibles entre le 10 et le 24 avril. Lorsque le client aura rempli sa carte avec dix timbres, elle pourra être déposée dans tous les points de vente de Migros. Au final, 15000 personnes seront tirées au sort. Elles recevront chacune deux billets. En contrepartie, 6000 points Cumulus leur seront débités, ce qui représente une valeur d'achat de 60 francs. Ceux qui ne disposent pas de suffisamment de points sur leur carte Cumulus pourront néanmoins participer. Les points manquants seront débités ultérieurement. «Avec ce retrait, nous nous assurons que seules participent au concert les personnes qui attribuent vraiment de la valeur à ce concert», explique Urs Riedener, chef marketing de Migros. Cela permet aussi à Migros de faire participer financièrement ses clients.



La guerre des cartes

Lutte des géants pour mieux connaître les clients.

Bastien Buss En toile de fond du concert des Rolling Stones, il convient de considérer la guerre des cartes en plastique que se livrent Migros et Coop. Le leader suisse revendique 2 millions de clients Cumulus et Coop 2,3 millions de détenteurs de la Supercard. «Le concert des Rolling Stones permet à Migros de donner l'impression aux titulaires de la carte que la société veut les choyer.», explique Brigitte Müller, professeure-assistante de marketing à HEC Lausanne. L'événement permettra peut-être également d'en séduire de nouveaux. Attirer des titulaires supplémentaires s'avère en effet vital, notamment pour la mine d'informations que fournissent ces cartes. Les deux groupes s'affrontent aussi sur le secteur des cartes de crédit dites gratuites, créneau sur lequel ils se sont engagés l'an passé.

jeudi 22 mars 2007

Sony joue gros avec sa PS3, vendue à perte

Sony joue gros avec sa PS3, vendue à perte


JEUX. Lancée vendredi en Europe, la PlayStation3 est une console chère qui se vend encore mal.


Anouch Seydtaghia
Jeudi 22 mars 2007

Dans ses bureaux de Tokyo, Sir Howard Stringer doit se poser quelques questions concernant sa PlayStation 3 (PS3). Commercialisée dès demain vendredi en Europe, la console est déjà en vente depuis novembre 2006 au Japon et aux Etats-Unis. Le directeur de Sony (6758.T) doit justement scruter avec inquiétude les derniers chiffres américains. En janvier, Sony a certes dominé ce marché avec 42,7% des consoles vendues. Mais c'est surtout grâce à sa... PlayStation 2, numéro deux des ventes (23,5%), elle-même loin derrière la Wii de Nintendo (7974.T) (34,2). Et selon la société de recherche NPD, les ventes de la Wii continueront à surpasser celles de la PS3 et de la Xbox en 2007, mais aussi en 2008.

Howard Stringer assimile volontiers la PlayStation 3 à une Mercedes. Depuis son lancement, la limousine de luxe se vend plutôt mal: seules 1,8 million d'unités ont été vendues en 2006, et l'objectif des 6 millions d'unités écoulées d'ici à fin mars n'est pas certain d'être atteint. La première raison est bien sûr le prix. Aux Etats-Unis, la PS3 se vend 500 et 600 dollars selon les versions, soit nettement plus que la Wii (250 dollars) et la Xbox 360 de Microsoft (MSFT) (300 et 400 dollars).

Et pour Sony, impossible de vendre sa Mercedes moins cher: la firme japonaise écoule ses consoles à perte, et n'espère pas les vendre avec une marge, même minime, avant fin 2007. Selon la société de recherche américaine iSuppli, Sony perdait 300 dollars par console à son lancement. Ce chiffre a baissé, mais le lecteur DVD Blu-Ray et le microprocesseur Cell restent très chers. Sony a pris une mesure très peu populaire en vendant en Europe une version de la PS3 sans puce permettant de lire les jeux pour PS2.

Du coup, la division «jeux» de Sony est dans le rouge. Pour l'année fiscale en cours, close le 31 mars prochain, elle devrait afficher une perte importante de 191 milliards de yens, soit 1,97 milliard de francs. Heureusement pour Sony, cette division ne représente que 12% environ de son chiffre d'affaires global, largement dominé par les autres produits d'électronique de loisirs, des baladeurs numériques aux chaînes hi-fi, en passant par les téléviseurs. Ces derniers ont réalisé une belle percée aux Etats-Unis notamment, où Sony détient 30% du marché des écrans plats. Un marché global par ailleurs difficile, où le coût des écrans baisse de 25 à 30% par an.

Le pari du format Blu-Ray

Globalement, et malgré le coût lié au rappel de près de 10 millions de batteries pour ordinateurs portables, Sony s'attend à un profit annuel net de 1,13 milliard de francs. La firme japonaise peut donc se permettre d'attendre de voir les ventes de sa PS3 décoller. Mais pas longtemps. D'abord parce que Sony n'a aucun autre hit potentiel dans son pipeline. Ensuite parce que la société mise beaucoup sur sa console pour populariser le format DVD Blu-Ray, pour accroître les ventes de ses propres films, dont le futur Spider-Man 3, dans ce format. Sony perd depuis des mois beaucoup d'énergie pour imposer ce format face au format HD-DVD soutenu entre autres par Microsoft et Toshiba (6502.T). Sony ne peut pas se permettre d'échouer dans ce bras de fer.

lundi 19 mars 2007

Les débits des offres ADSL progressent, mais la situation est loin d'être idyllique

Les débits des offres ADSL progressent, mais la situation est loin d'être idyllique


INTERNET. Le débit de l'offre ADSL standard vient de passer de 2 à 3,5 mbit/s, pour 49 francs. Un prix qui reste élevé pour un service d'upload toujours très faible. Les câblo-opérateurs offrent des produits parfois plus intéressants.



Anouch Seydtaghia
Lundi 19 mars 2007



Souvenez-vous, c'était il y a un an exactement. Début mars 2006, l'offre ADSL de base passait de 600 kbit/s à 2000 kbit/s. Dès la semaine passée, Swisscom, qui contrôle entièrement le marché de l'ADSL en Suisse, a augmenté ces débits à 3,5 mbit/s. Cette hausse appréciable s'accompagne d'une augmentation du débit d'envoi (upstream), qui passe de 100 à 300 kbit/s. Cette liaison 3500/300 kbit/s est toujours facturée 49 francs par mois par Bluewin. L'ancienne offre 3500/300 kbit/s est remplacée par une offre 5000/500 kbit/s, pour 69 francs par mois. Il existe toujours une offre Bluewin pour petits consommateurs de 300/100 kbit/s, qui coûte 9 francs par mois, auxquels il faut ajouter 2,40 francs par heure de connexion.

Envoi de données très faible

L'augmentation de ces débits, qui est la conséquence d'une vraie concurrence des câblo-opérateurs, est appréciable. Mais plusieurs points noirs subsistent. D'abord, les autres opérateurs télécoms ne peuvent que revendre les offres ADSL de Swisscom, sans proposer d'autres débits. Certes, Tele2 offre un rabais de 5 francs mensuels par offre, mais c'est tout. Dès le 1er avril, les concurrents de Swisscom vont commencer à négocier avec lui de nouveaux tarifs, via l'ouverture de son «dernier kilomètre», et l'on peut espérer de nouvelles offres pour fin 2007- début 2008.

Second point noir, la faiblesse du débit d'envoi de données (upstream). Même s'il a été triplé, 300 kbit/s, c'est encore très faible pour envoyer des photos et des vidéos. Swisscom invoque des raisons techniques pour expliquer cette situation, ce qui nous amène au troisième point noir: le pourcentage d'internautes qui peuvent bénéficier des nouveaux tarifs. En effet, Swisscom ne garantit plus formellement ses débits. Et l'opérateur estime que 6% de ses clients ne bénéficieront pas des nouvelles largeurs de bande, tout simplement parce qu'ils se situent trop loin de ses centraux téléphoniques. Dès que la distance s'élève à plus de 750 mètres, les débits fléchissent.

Bientôt une offre VDSL

De façon théorique, l'ADSL actuel permet au maximum des débits de 6000/800 kbit/s. Actuellement, l'opérateur réalise un effort important pour développer son réseau VDSL, qui permet des débits maximaux de 25/10 mbit/s. Cet été, Swisscom commercialisera ainsi une offre à 10 mbit/s. Le débit upstream et le prix ne sont pas encore connus. D'ici à fin 2007, l'opérateur estime que 50% des raccordements téléphoniques bénéficieront d'une offre optimale en VDSL.

Conclusion: plus les débits s'améliorent, plus le nombre d'internautes qui peuvent potentiellement en bénéficier se réduit, et ce malgré l'extension par Swisscom de ses réseaux.

A noter qu'il vaut toujours la peine, lorsque c'est possible, de comparer les offres ADSL avec ce que proposent les câblo-opérateurs: ils sont parfois moins chers avec des offres combinées Internet+ télévision+ téléphonie fixe.

dimanche 18 mars 2007

Cablecoms Digital-TV ist geknackt

Cablecoms Digital-TV ist geknackt


» Immer mehr schauen schwarz – jetzt droht der Anbieter mit Hausdurchsuchungen

VON MICHAEL SOUKUP

Ich müsse schon selbst vorbeikommen und die Box abholen. Dann würde ich auch die Namen der Hacker kriegen, sagte der Fachhändler aus dem Zürcher Oberland. Bei der Box handelt es sich um einen Digital-TV-Decoder namens Dreambox DN 500c, Stückpreis 278 Franken. Eine Investition, die sich schnell ausbezahlt: Dank der Traumkiste kann das gesamte digitale Fernsehangebot der Cablecom sowie von Teleclub gratis geschaut werden. Die jährlich 3000 Franken Abogebühren für die fast hundert Fernsehsender und die Miete der Cablecom-Empfangsbox können die Schwarzseher sparen.

Weder die Cablecom noch der Verband der Kabel-TV-Unternehmen Swisscable wollten anfangs etwas von einer Sicherheitslücke wissen. «Uns ist kein solcher Fall bekannt», erklärte die Cablecom noch am Donnerstag. Mit den Recherchen der SonntagsZeitung konfrontiert, änderte sich dies: «Wir haben mit der Dreambox tatsächlich ein Problem», sagt Simon Osterwalder, Rechtsanwalt der Cablecom. So habe man festgestellt, dass seit Anfang Jahr zunehmend auch Leute ausserhalb der Hackerszene das Gerät missbrauchen würden. Osterwalder befürchtet deshalb, dass bald erste solche Decoder in Discountketten auftauchen könnten.

Erste Strafverfahren gegen Händler sind eingeleitet

Offensichtlich wollte der Kabelfernsehanbieter das Problem unter dem Deckel halten. Denn «es ist jedem Kunden klar, wofür die Dreambox verwendet wird», sagt der Oberländer Anbieter, nachdem man sich explizit nach den illegalen Möglichkeiten der Set-Top-Box erkundigte. Gibt man Dreambox in Google ein, wird denn auch rasch klar, dass es sich um eine Wunderkiste für TV-Hacker handelt.

Doch mit dem Kauf der legalen Hardware ist es nicht getan. In einschlägigen Foren bitten verzweifelte Schweizer um Hilfe. Sie haben sich das nackte Gerät der im deutschen Lünen ansässigen Firma Dream Multimedia beschafft. Sind aber daran gescheitert, die gehackte Software im Internet zu finden respektive auf die Box zu laden.

Wer jedoch bereit ist, 400 Franken und mehr zu zahlen, kann sich ein entsprechend verändertes Gerät in der Hackerszene beschaffen. Solche Kontakte werden überall in der Schweiz im Kollegenkreis gehandelt. Der Cablecom sind auch Ladenbesitzer bekannt, die solche Empfangsgeräte unter der Hand vertreiben. «Wir beobachten das Händlernetz intensiv», so Osterwalder. Erste Strafverfahren seien eingeleitet worden.

Zudem setzt die Cablecom auf Denunzination. «Wir haben Informanten und gehen jedem Verdacht nach.» Strafverfahren, polizeiliche Hausdurchsuchungen frühmorgens und der Eintrag ins Strafregister sollen potenzielle Schwarzseher abschrecken.

Mitarbeit: Beat Schmid, Daniel Metzger

Internet-Surfen zum Nulltarif: Das gibts! - Wirtschaft - News - Blick Online

Internet-Surfen zum Nulltarif: Das gibts! - Wirtschaft - News - Blick Online: "Internet-Surfen zum Nulltarif: Das gibts!

VON BEAT SCHMID
06.07.2006 00:06:42

HITTNAU ZH – Florian Heil (48) ist der gutmütigste TV-Kabelkönig der Schweiz. Jetzt meint er’s noch gutmütiger und schenkt 3000 Hittnauern den Zugang ins Internet.

Surfen im Internet zum Nulltarif? So etwas gibt es doch nicht! Das gibt es doch. Die Abonnenten des lokalen Kabelnetzes in Hittnau surfen bald gratis durchs Internet. Ab nächstem Jahr ist in der monatlichen Grundgebühr von 21 Franken auch der Zugang ins Internet inbegriffen -- zusätzlich zum Empfang von 350 digitalen Fernseh- und Radiostationen.

Bei Cablecom, dem mit Abstand grössten Kabelnetzbetreiber der Schweiz, kosten diese Dienstleistungen viel mehr.

Ist es pures Gutmenschentum, das Heil antreibt? «Sicher nicht», sagt er, «vielmehr fürchte ich Bluewin-TV.» Bald will Swisscom mit Bluewin-TV in den Fernseh-Empfangsmarkt einsteigen.

Heil erwartet, dass dann rund 15 Prozent der 250 unabhängigen Kabelnetze verschwinden. Grund: Sie sind technisch veraltet und können nicht Fernsehen, Telefonie und Internet aus einer Hand anbieten.

Ihnen will Heil helfen. Dazu hat er die Firma CablenetSwiss gegründet. Sie soll kleine Netze beim Aufrüsten beraten. So können sie ihre Selbständigkeit behalten. Denn Riese Cablecom will die kleinen Netze schlucken.

«Wenn wir uns zusammentun, haben wir auch mehr Einfluss bei Cablecom», sagt Heil. Viele Netze beziehen die Fernsehsignale von Cablecom und müssen dafür je nach Grösse bis zu 5.50 Franken pro Abonnement zahlen."

mercredi 14 mars 2007

De l'Italie à l'Ukraine, les ambitions de Swisscom

De l'Italie à l'Ukraine, les ambitions de Swisscom


TELECOMS. L'opérateur multiplie les projets à l'étranger. En Suisse, il vise le multimédia.


Anouch Seydtaghia, Zurich
Mercredi 14 mars 2007

Swisscom ne vise pas seulement l'Italie, via son offre publique d'achat sur FastWeb de 6 milliards de francs, plus la reprise de 1,75 milliard de dettes. L'opérateur suisse s'étend aussi actuellement en Europe de l'Est: Ukraine, Roumanie, Bulgarie et Pologne. «Depuis 2006, nous y construisons, dans les villes, des réseaux internet à haut débit, a expliqué mardi Carsten Schloter, directeur de Swisscom (SCMN.VX). Les coûts d'installation sont faibles, et la demande très forte.» L'opérateur, qui prévoit d'investir plus de 100 millions de francs dans ces projets, ne communique pas sur le chiffre d'affaires ainsi espéré

Ce développement au sein de l'opérateur illustre sa volonté de se diversifier rapidement, alors que ses résultats annuels 2006 sont stables (voir infographie). Carsten Schloter a insisté sur l'apport futur de FastWeb: des services lancés plus vite, et à moindres coûts, telle une amélioration sensible de l'offre de télévision. Swisscom mise beaucoup sur l'enrichissement de Bluewin TV, qui compte 30000 clients quatre mois après son lancement. «La société italienne nous permettra d'améliorer rapidement notre réseau, qui reste notre atout majeur face aux câblo-opérateurs, a poursuivi Carsten Schloter. Nous proposerons non seulement des offres à plus haut débit, mais aussi des services associés.» L'on peut ainsi imaginer bientôt des offres de télésurveillance ou de visiophonie proposées par l'opérateur.

Swisscom progresse dans ses nouveaux marchés. Par exemple, le transfert de données via le réseau de téléphonie mobile - SMS exclus - a généré en 2006 un chiffre d'affaires de 216 millions, contre 43 en 2005. Le hic, c'est que les prix ne cessent de baisser. Exemple: les clients mobiles ont téléphoné en moyenne 124 minutes par mois (120 en 2005), mais leur facture a chuté de 74 à 65 francs. Swisscom estime à 500 millions de francs les effets de la baisse des prix pour son chiffre d'affaires 2006. L'ouverture du «dernier kilomètre», le 1er avril prochain, risque d'aggraver ce phénomène. «Ces prochaines années, nous allons continuer à perdre entre 300 et 500 millions par an à cause de la guerre des prix, a estimé Carsten Schloter. Je ne crains pas les offres de nos concurrents sur le «dernier kilomètre», car ils devront tenir compte des coûts réels du réseau.» Début de réponse cet automne avec, peut-être, les premières offres concurrentes.

«La Suisse doit se préparer rapidement au bioéthanol»

«La Suisse doit se préparer rapidement au bioéthanol»


Quel avenir les biocarburants pourraient-ils avoir en Suisse? Interview.


Etienne Dubuis
Mercredi 14 mars 2007

Christian Hardtke, professeur associé au Département de biologie moléculaire végétale à l'Université de Lausanne, conseille à la Confédération de se préparer à l'arrivée du bioéthanol de deuxième génération.

Le Temps: Est-ce une bonne idée de produire des biocarburants en Suisse?

Christian Hardtke: Oui, ça l'est. Encore faut-il savoir ce que nous entendons par biocarburant. Le biodiesel, qui est normalement produit chez nous à base de colza, a un bilan énergétique nettement positif: il fournit deux ou trois fois plus d'énergie qu'il n'en exige pour être fabriqué. Il souffre cependant d'un handicap important: une très faible productivité. Un champ de colza dispense rarement plus de 1500 litres par hectare et par année, ce qui signifie que l'ensemble de la surface agricole de la Suisse ne pourrait assurer au pays que dix jours de ses besoins. Le biodiesel ne convient donc qu'à une petite échelle, chez un paysan qui voudrait produire de quoi faire tourner ses machines, par exemple. Le bioéthanol, fabriqué à partir d'amidon ou de sucre, possède un bien meilleur rendement. Un champ de betterave (la plante locale la plus performante) procure ainsi 6000 litres par hectare et par année, avec des pointes à 8000. Son bilan énergétique, objet de vives controverses, est toutefois moins concluant: il ne serait que légèrement positif.

- Il ne sert donc à rien?

- Si. Il serait très utile de le produire à une échelle raisonnable pour nous préparer à l'arrivée du bioéthanol de deuxième génération. Car l'histoire n'est pas finie. Un bioéthanol beaucoup plus performant nous attend. Produit à base de matière lignocellulosique (un nom compliqué qui désigne les tissus de soutien des végétaux, les tiges, les feuilles, etc.), il cumulera un bilan énergétique positif et une excellente productivité. Il est susceptible de fournir jusqu'à 15 fois plus d'énergie qu'il n'en consomme. Et une plante comme le miscanthus giganteum, qui fournit aujourd'hui à peu près 14000 litres par hectare et par an, pourrait en dégager 35000 une fois le processus de production optimisé, soit quatre ou cinq fois plus que la betterave. Il ne s'agit pas là d'un scénario de science-fiction. Ce nouveau produit est déjà fabriqué aux Etats-Unis et au Canada, où il fait l'objet de dernières mises au point, et devrait débarquer ici dans cinq à dix ans. Lorsque ce moment viendra, mieux vaudra ne pas perdre de temps. Ce qui suppose que nous ayons alors des installations techniques en état de fonctionner, un minimum de savoir-faire et un marché disposé à l'accueillir.

- Le bioéthanol de deuxième génération sera-t-il plus cher que l'essence?

- Pas forcément. Il devrait être compétitif à long terme. Pour être plus précis, on s'attend à ce que le bioéthanol produit de manière optimisée à partir de matière lignocellulosique soutienne la comparaison avec l'essence tant que le baril de brut ne descendra pas en dessous de 35 dollars. Ce qui est l'hypothèse la plus probable.

- La production de bioéthanol se ferait-elle forcément au détriment des cultures vivrières?

- Ce serait le cas si l'on devait continuer à utiliser comme matière première une plante traditionnelle comme la betterave. Mais les plantes énergétiques de deuxième génération sont capables de pousser sur des sols marginaux, délaissés parce que trop pauvres par les cultures traditionnelles. Elles peuvent en outre, avec leur récolte tardive, prospérer dans des cultures mixtes. Enfin, de vastes surfaces agricoles, aujourd'hui laissées en jachère par crainte de la surproduction, n'attendent que ce genre d'occasions pour être exploitées.

- Quelle importance les biocarburants peuvent-ils avoir en Suisse?

- La Suisse ne pourra sans doute jamais produire tout le biocarburant dont elle a besoin, faute d'un territoire suffisamment vaste. Mais elle peut en fabriquer une part non négligeable. Surtout, elle a un rôle important à jouer dans le domaine de la recherche. Peu de pays disposent d'une telle concentration de compétences et il serait vraiment dommage qu'elle manque l'occasion qui lui est donnée de se profiler à la pointe d'un domaine d'avenir.

- La Suisse devra donc continuer à importer son carburant?

- Oui. Mais pas de très loin. L'Europe abrite suffisamment de surfaces cultivables, de l'Espagne à la Scandinavie en passant par l'Ukraine, pour produire la majeure partie du bioéthanol dont elle aura besoin. Et pour exporter chez nous des surplus.

Le miscanthus, combustible biomasse prometteur

Le miscanthus, combustible biomasse prometteur





Nom : miscanthus giganteus. Origine : Asie. Particularité : culture énergétique idéale pour la production de chaleur et d’électricité. En France, cette plante vivace vient pour la première fois de passer du stade expérimental à la production commerciale. La société britannique Bical vient de réaliser sa première récolte, en association avec des agriculteurs bretons.
Biomasse combustible, litière pour animaux, panneaux de particule, éthanol, éco-construction… Les débouchés du miscanthus giganteus sont multiples. Cette plante, également appelée "herbe à éléphant", pourrait jouer un rôle majeur dans le développement de la biomasse énergétique. En France, la toute première récolte, destinée au marché industriel, a eu lieu en Bretagne, au printemps dernier. 500 tonnes de ce simili-bambou ont été coupées par une ensileuse, sur une surface de 40 hectares. Un rendement de 12, 5 t/ ha, qui peut atteindre plus de 20t/ha selon la maturité de la plante et les conditions climatiques.

La plantation a été réalisée en 2004 par Bical France, filiale de Biomass Industrial Crops Ltd (Bical), qui produit déjà 400 000 t/an au Royaume-Uni. Cette société, fondée par des agriculteurs britanniques en 1998, est le premier fournisseur européen de miscanthus (sur une petite dizaine d’entreprises). Elle a dégagé un chiffre d’affaires de 6 millions d’euros en 2005. Pour s’implanter en France, Bical s’est associée à des agriculteurs locaux, à Bannalec, dans le Finistère, puis à Voves, en Eure-et-Loir. "Nous fonctionnons selon un système coopératif. Tous les exploitants associés possèdent une part du capital de Bical France. Nous souhaitons leur permettre d’obtenir un revenu régulier et décent," explique Emmanuel de Maupeou, directeur général.

Un pouvoir calorifique étonnant

La totalité de la production a été achetée par le groupe Lafarge Ciments, séduit par l’étonnant pouvoir calorifique du miscanthus, plus élevé que la plaquette de bois. Son PCI (pouvoir calorifique inférieur) est en effet d’environ 4700 kWh/t, contre 3300 pour la plaquette, ce qui le rend très rentable, selon Bical.
Créé en Asie à partir des miscanthus sinensis et sacchariflorus, cette graminée hybride peut remplacer jusqu’à 50% du charbon dans une centrale électrique ou une chaudière industrielle, sans modification technique. Il peut aussi se substituer au bois-énergie des chaudières et poêles individuels. Lors de sa combustion, il émet moins de dioxyde de carbone (CO2) qu’il n’a emmagasiné, car une partie de ce dernier est stocké dans ses rhizomes, des tiges souterraines capables d’engendrer de nouvelles pousses. Un bon point pour les industriels qui veulent préserver leur capital de crédits carbone.

Jusqu’à l’arrivée de Bical en France, le miscanthus n’était cultivé que dans le cadre d’expériences scientifiques, alors qu’il a atteint le stade commercial en Grande-Bretagne et dans plusieurs pays européens. L’Institut national de la recherche agronomique (Inra) a procédé à des essais en plein champ, et étudié, avec la société Kalys, à Roubaix, les moyens de réduire le coût de production des pieds de miscanthus. Conclusion : la culture in vitro, le bouturage et la plantation en terre sont compatibles avec les objectifs d’économie agricole.

"Aucune maladie ni ravageurs connus"

La plantation de l’herbe à éléphant nécessite cependant des moyens financiers et humains importants, car elle n’est pas mécanisable. Les plants doivent être mis en terre à la main, dans un sol aéré et creusé de sillons. La première année, l’élimination des adventices (les mauvaises herbes) est nécessaire pour permettre au miscanthus de bien prendre racine et grâce à ses rhizomes produira de nouvelles tiges aériennes au cours des années suivantes. Le désherbage peut être assuré mécaniquement, au moyen d’une herse, ou chimiquement. Bical a choisi cette dernière solution. "Nous utilisons un désherbant homologué uniquement la première année, car à partir de la deuxième année, les feuilles se dessèchent au début de l’hiver et tombent sur le sol, constituant un nutriment naturel et empêchant l’apparition des adventices, précise le directeur général. Nous n’utilisons pas non plus de fongicide ni d’insecticide, puisqu’il n’existe aucune maladie ni ravageurs connus, à part les blaireaux."

L’herbe à éléphant abrite d’ailleurs de nombreux animaux, dont la nidification n’est pas perturbée par la moisson, réalisée en mars, sur un sol sec ou encore gelé, pendant le début du nouveau cycle de pousse. Culture pérenne, le miscanthus repousse naturellement, et peut être exploité sur une période de 5 à 18 ans. Il peut atteindre une hauteur de 4 mètres. Et comme il est stérile, le risque de dissémination est nul.

Reconversion de terrains pollués en Ile-de-France

Plusieurs études ont mis en évidence sa capacité à croître en terrains agricoles ou industriels pollués. Dès 1992, deux chercheurs japonais démontraient sa grande tolérance face à de fortes proportions de métaux lourds dans le sol, et son faible taux d’accumulation de cadmium dans ses feuilles (1,75 mg/kg).
Des résultats confirmés en France par les études de l’Inra, qui participe à la reconversion des anciens champs d’épandage de l’agglomération parisienne vers des filières agricoles. L’opération de 750 000€ implique le conseil régional d’Ile-de-France, et doit durer cinq ans, de 2006 à 2011. Le miscanthus sera testé au même titre que d’autres végétaux (seigle, taillis à rotation rapide…). Objectif : "retrouver, en cinq ans, sur ce secteur pollué, un nouveau système d'activités agricoles durables, axées sur des productions à des fins non alimentaires," indique un rapport de la Région de mai 2006.

Même si les qualités du miscanthus sont reconnues, le coût de sa mise en œuvre, la concurrence des autres énergies renouvelables et la difficulté de convaincre les agriculteurs sont autant de freins à son développement. Mais pour Emmanuel de Maupeou, la principale barrière est "psychologique". "Un certain nombre d’environnementalistes réprouvent l’arrivée d’une plante non-indigène, mais ils oublient que c’est aussi le cas du maïs ou de la pomme de terre."


Raphaël Baldos
Mis en ligne le : 10/08/2006

L'essence verte suisse

L'essence verte suisse


• Le parlement donne son feu vert à la production de biocarburants en Suisse, assortie d'un label «bio».


Ron Hochuli, Berne

Mercredi 14 mars 2007

Produire des biocarburants suisses, est-ce bien raisonnable? Le Brésil en fournit déjà en masse, à des prix qui défient toute concurrence. Les Etats-Unis ont suivi le mouvement, l'Union européenne également. La Suisse a-t-elle une chance, sur ce juteux marché d'avenir, sur lequel elle paraît néanmoins larguée?

Les écologistes acquiescent, estimant que le biocarburant permettra non seulement de réduire considérablement les émissions de CO2. De plus, il sera produit dans des conditions respectueuses de l'environnement. Les agriculteurs en sont convaincus, c'est pour eux un débouché vital. Des entrepreneurs veulent développer en Suisse une technologie de pointe susceptible d'intéresser les investisseurs étrangers. Après le Conseil national en octobre, les Etats se sont montrés quasi unanimes, mardi, en acceptant un soutien conséquent aux carburants verts.

Concrètement, ces carburants issus de matières premières comme la betterave, le maïs, le colza ou le bois bénéficieront d'une exonération fiscale, compensée afin de ne pas prétériter l'équilibre budgétaire de la Confédération, par une hausse de l'impôt sur l'essence traditionnelle de 1 à 2 centimes par litre à court terme et de 6 centimes ensuite. Néanmoins, les tarifs à la pompe ne devraient pas bouger, puisque 5% de bioéthanol pourra être mélangé à l'essence.

Par ailleurs, les parlementaires ont fixé dans la loi un contingentement de l'importation d'essence bio défiscalisée. Le plafond se situera initialement à 150 millions de litres et augmentera de 10 millions chaque année, afin de répondre à une demande appelée à augmenter. L'objectif est de produire, à court terme, 0,5% des sept milliards de litres de carburant consommés chaque année dans le pays. Soit environ 350 millions de litres.

Une goutte d'eau dans un baril de pétrole, à première vue. Pourtant, soulignent les agriculteurs, cette goutte d'eau suffirait à offrir une opportunité pour 10000 hectares de surface agricole. Parallèlement, la demande croissante en bioéthanol provoque une hausse du cours mondial de la betterave et du maïs, notamment, ce qui atténue l'écart entre prix suisses et étrangers, relève Jacques Bourgeois, directeur de l'Union suisse des paysans.

A terme, la production indigène représente également un débouché considérable pour l'exploitation de forêts dont la surface ne cesse d'augmenter. Il s'agirait, en outre, de ne pas répéter les erreurs commises dans certains secteurs d'énergies renouvelables, dans lesquels la Suisse, autrefois pionnière, s'est fait distancer sur le plan technologique. Enfin, soulignent des parlementaires radicaux et démocrates du centre, «il s'agit d'une contribution à l'indépendance énergétique de la Suisse».

Sur le terrain, des projets existent déjà. Alcosuisse, centre de profit de la Régie fédérale des alcools, n'attend que l'entrée en vigueur de la loi pour passer d'un modeste projet pilote à la construction d'une usine de production, vraisemblablement dans l'Arc jurassien, avec le concours d'investisseurs privés. Et des contacts ont déjà été noués pour créer un réseau de 150 stations-service distributrices de biocarburant.

Se pose l'inévitable question du prix: au Brésil et aux Etats-Unis, le litre d'essence bio est produit à des coûts de 40 à 60 centimes par litre. Au sein de l'UE, ce montant avoisine les 80 centimes. Or, en Suisse, un litre coûterait 1,30 franc, selon les parlementaires! «C'est faux, corrige Pierre Schaller, directeur d'Alcosuisse. Nous pourrons vendre un litre à un franc.» Et l'écart subsistant serait négligeable. Etant donné que la production suisse, très faible dans un premier temps, serait mélangée au carburant importé, le prix du plein ne devrait pas s'en ressentir.

Le retour sur investissement serait, lui, bien réel. Comme le dit Pierre Schaller, «d'autres pays ont déjà repris notre modèle, à base de déchets de cellulose». A la différence de fabricants étrangers, il mise sur la diversité des matières premières: céréales, betteraves, mais aussi mélasse sucrière, pommes de terre, etc. «Une telle recette permet beaucoup plus de flexibilité en fonction de l'évolution des prix, mais également une sécurité accrue, face aux aléas climatiques. Il s'agit maintenant de développer une technologie de pointe sur le mode de production. Car c'est bien dans le secteur de l'innovation que la Suisse disposerait des plus grands atouts.

Sur le plan de la production, la Suisse présenterait l'avantage d'offrir un bilan écologique satisfaisant. «Il ne faut pas croire qu'un plein à l'essence propre permet de rouler la conscience tranquille», n'a cessé de répéter la gauche tout au long du débat parlementaire. Allusion, notamment, à la déforestation de la forêt amazonienne provoquée par les cultures de canne à sucre brésiliennes. Mais également au transport de carburant importé, synonyme de coûts mais également de poids sur l'environnement.

En guise de garde-fou, le Conseil des Etats a donc choisi d'ancrer dans la loi la «responsabilité sociale de la Suisse», en matière de production. Le National doit encore confirmer cette décision, avant que des critères ne soient définis par le Conseil fédéral. Jacques Bourgeois assure: «Les agriculteurs remplissent déjà les conditions requises dans la production destinée au marché alimentaire. Il n'y a donc pas de raison qu'ils échouent dans le secteur du biocarburant.» Et l'idée de créer un label fait déjà son chemin.

La balle est désormais dans le camp des investisseurs pour créer la demande. Car si le principe d'une exonération fiscale est admis, les Chambres ont refusé un principe existant dans la plupart des pays européens: une part minimale obligatoire (5% par exemple) de biocarburants à mélanger avec l'essence.







Les plantes, source d'énergie

Pierre Veya

• Potentiel des biocarburants

Selon diverses études, la Suisse pourrait produire d'ici à 2020 l'équivalent de 20% de sa consommation annuelle d'essence en utilisant ses déchets agricoles (pommes de terre, paille, petit lait, etc.).

De son côté, l'Union européenne évalue son potentiel de production à 25% de sa consommation d'ici à 2020-2030, sans mettre en danger la production agricole destinée à l'homme et aux animaux. Aux Etats-Unis, les études du Département de l'énergie évaluent ce même potentiel à environ 30%, toujours sans mettre en danger la production alimentaire.

Le potentiel théorique de production d'énergie à partir de la biomasse est évidemment beaucoup plus important. Sachant que les plantes ne sont rien d'autre que des «capteurs solaires» dont le rendement moyen de conversion est d'environ 2%, il suffirait de couvrir 5% de la surface terrestre pour assurer les besoins énergétiques de la planète.

• Gains énergétique et climatique

Ces gains varient selon la matière première utilisée. Pour une unité d'énergie investie dans la production de canne à sucre, on en retire huit, ce qui permet d'abaisser les émissions de C02 de 80 à 90% par rapport au pétrole. En revanche, en utilisant du maïs, le gain énergétique est faible et la diminution des gaz à effet de serre est de 10 à 20%, voire négative si la raffinerie utilise le charbon comme énergie primaire. La meilleure voie consiste à utiliser les déchets ou des plantes spécifiques comme la miscanthus géante qui a un rendement très élevé à l'hectare (14 000 litres en attendant plus, contre 3500 pour le maïs) et qui ne nécessite aucun fertilisant.

La Suède, pionnière du carburant vert

La Suède, pionnière du carburant vert


Le pays scandinave veut être le premier au monde à s'affranchir totalement des carburants fossiles. Il place notamment son effort sur l'éthanol de deuxième génération, obtenu à partir des forêts qui couvrent les trois quarts de son territoire.


Luc Debraine, Örnsköldsvik et Stockholm
Mercredi 14 mars 2007

«Cela commence à devenir un problème», dit Per Carstedt des groupes de visiteurs, qui, plusieurs fois par semaine, découvrent l'usine pilote d'Örnsköldsvik, dans le nord de la Suède. Venus du monde entier (lors de notre passage, des représentants du Mozambique étaient sur place), les groupes sont désormais si nombreux que leur accueil pose problème aux responsables du projet, dont le directeur Per Carstedt. Ce Suédois charismatique mène une tentative de production industrielle d'éthanol à partir de cellulose extraite des forêts qui couvrent 70% de son pays.

La bioraffinerie expérimentale d'Örnsköldsvik, qui appartient aux Universités d'Umea et de Lulea, fonctionne depuis 2005. Ses procédés complexes de transformation du bois sont aujourd'hui en cours de validation. D'ici à quelques mois, l'usine pilote laissera peu à peu sa place à une installation de démonstration cinquante fois plus grande, au rendement cette fois industriel.

L'enjeu est considérable. L'éthanol cellulosique, dit aussi de deuxième génération, est une pièce maîtresse de la transition suédoise vers les énergies renouvelables. Le pays entend être le premier au monde à s'affranchir totalement des hydrocarbures. Le terme du sevrage a même été fixé: l'année 2020. Au train des actuelles mesures coercitives et incitatives, et de ce qui a déjà été entrepris, l'objectif paraît raisonnable.

Lors de la crise pétrolière des années 70, la Suède dépendait des hydrocarbures pour 75% de ses besoins énergétiques. Cette proportion est tombée aujourd'hui à 35%. Près de 25% de ses besoins en énergie sont désormais assurés par des énergies renouvelables, à l'image des petites centrales électriques qui parsèment le territoire et fonctionnent pour l'essentiel au bois.

Mais la dépendance pétrolière dans le secteur des transports est encore forte. Et la réduction des émissions des gaz à effet de serre est une priorité urgente, en Suède comme ailleurs. D'où la nécessité de développer la production massive d'un carburant de substitution comme le bioéthanol à base de produits forestiers. «Par deux fois dans le passé, l'humanité a changé de système d'énergie, rappelle Per Carstedt. Au XVIIIe siècle, le charbon a remplacé le bois. Il a provoqué l'essor de la société industrielle. Le pétrole a ensuite pris la place du charbon au début du XXe siècle. Aujourd'hui, il faut laisser la société fondée sur les hydrocarbures derrière nous. Et, pour ce qui nous concerne, nous rediriger en direction du bois.»

La Suède produit de l'éthanol depuis un bon siècle. La production a été particulièrement importante pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle assure aujourd'hui un quart de ses besoins croissants en bioéthanol avec une production locale à base de céréales, important le reste du Brésil (surtout) et de l'Europe (un peu). D'où la volonté suédoise de passer à l'éthanol de deuxième génération. Et de construire des bioraffineries qui offrent un rendement énergétique total supérieur à 70%, bien davantage que la production traditionnelle actuelle d'éthanol, ou encore la production d'électricité à partir de charbon, dont l'efficacité énergétique est d'environ 35%. Outre le carburant vert, les futurs combinats bioénergétiques produiront de l'électricité, des pastilles de lignine pour les centrales énergétiques, du chauffage et des produits chimiques de haute valeur.

Reste que l'éthanol cellulosique n'est pas facile à produire. Le processus complexe de décomposition de la cellulose du bois à base de chaleur, d'acides et d'enzymes doit encore être amélioré. L'usine pilote d'Örnsköldsvik offre à l'œil un invraisemblable dédale de tuyauteries, membranes, containers et réservoirs. Les copeaux de bois y sont successivement vaporisés, filtrés, acidifiés, pressés, détoxifiés, fermentés, séparés, distillés et évaporés. L'usine expérimentale traite chaque jour deux tonnes de substance sèche, produisant ainsi 400 litres d'éthanol. Son fermenteur a une capacité de 10000 litres. Celle de l'usine de démonstration qui sera bientôt construite sera d'un million de litres.

Développée à Örnsköldsvik, cette technique de fabrication d'éthanol cellulosique tire surtout profit des copeaux et la sciure. Mais elle peut aussi utiliser d'autres sources de fibres de cellulose, comme les taillis et les graminées comme la paille et le phalaris. D'autres pays à forte couverture boisée, comme la Suisse, mènent des recherches similaires.

Mais la Suède a plusieurs longueurs d'avance. Sur la Suisse, par exemple, où le Conseil fédéral doit fixer des conditions de production socialement acceptables pour les biocarburants qui bénéficieront d'une exonération fiscale (lire en page 3). En Scandinavie, à part les gains écologiques et géostratégiques, l'intérêt est aussi économique. L'industrialisation du carburant cellulosique suédois est à même de créer un nouveau secteur industriel dans le nord du pays, qui souffre de dépeuplement. Près de 10000 nouveaux emplois sont en jeu.

Reprenons la route en direction du sud, vers Stockholm. Le pays est aussi pionnier pour l'introduction du bioéthanol dans les voitures. Depuis 2004, le mélange d'essence avec 5% de carburant vert est obligatoire. Surtout, le nombre de stations-service qui proposent de l'E85, c'est-à-dire un carburant à 85% de bioéthanol et 15% d'essence, a augmenté en flèche.

Rien qu'au cours des trois derniers mois, 100 nouvelles stations ont vu le jour. Il y en a désormais 700 sur tout le territoire (la Suisse en compte pour l'heure une quinzaine). En 2009, le pays comptera 2300 stations qui serviront de l'E85. Une voiture vendue sur dix actuellement en Suède est du type flexifuel, soit adaptée au nouveau carburant, qui réduit de plus de 70% les émissions de CO2.

«Ce résultat n'a pas surgi de lui-même, sourit dans sa barbe Hans G.Petterson, directeur de la communication du Ministère suédois de l'industrie. Il est le résultat de mesures incitatives et de lois dans le domaine de la distribution. Une loi de 2006 contraint les grandes stations-service à s'équiper de pompes à E85. Aujourd'hui, il s'agit des stations qui vendent plus de 3000 m3 d'essence et diesel par an. Dès 2009, cette limite s'abaissera à 1000 m3. Les stations plus petites devront donc s'équiper.»

Hans Petterson détaille aussi les détaxations dont bénéficient le carburant vert (moins 33% par rapport à l'essence) et les voitures qui l'utilisent. Pour chaque véhicule à essence, la taxe sur le CO2 s'élève à 360 couronnes par an plus 15 couronnes par gramme de CO2 émis au-dessus d'une limite de 100 g/km [100 couronnes suédoises équivalent à 18 francs suisses.]

Pour les voitures à biocarburants, qui émettent peu de gaz carbonique, l'impôt annuel est de 360 couronnes plus seulement 10 couronnes par gramme de CO2. De surcroît, elles ne paient pas la taxe routière (encore dans une phase d'essai) pour entrer dans Stockholm, ni les parkings dans cette ville et une vingtaine d'autres en Suède. Les sociétés bénéficient d'importants abattements fiscaux si elles achètent des modèles flexifuel pour leurs flottes de véhicules: «Elles économisent l'équivalent de 720francs par véhicule et par an», précise Hans Petterson.

Celui-ci aimerait que son ministère maintienne la différence de 30% entre le prix d'un litre d'essence et d'un litre d'E85. Mais la récente baisse du prix du baril a réduit cette différence, sans d'ailleurs que les comportements à la pompe des conducteurs de véhicules flexifuel ne changent. «En raison de ces fluctuations, nous ne voulons pas maintenir le prix de l'E85 à un prix fixe, note Hans Petterson, car cela risque de coûter cher au gouvernement. La France, elle, veut un prix fixe du bioéthanol. Nous sommes curieux de voir comment elle va s'y prendre.»

«Nous avons au total 200stations d'essence à Stockholm, dont 91 qui distribuent du bioéthanol», s'enorgueillit Eva Sunnerstedt, responsable des véhicules propres à la municipalité. Si 75% des véhicules achetés aujourd'hui par le gouvernement suédois doivent êtres propres, cette proportion est de 100% dans la capitale. Plus de 25% des bus qui roulent dans le grand Stockholm fonctionnent au bioéthanol. Si quelqu'un de l'administration de la ville commande un taxi, son appel est automatiquement dévié vers l'un des 470taxis verts qui sillonnent la grande ville. «Nous nous sommes fixé un but, précise Eva Sunnerstedt: ne plus avoir en 2050 aucune trace de carburant fossile dans la ville.»







Une offre toujours plus large de voitures

Luc Debraine

Près de 13% des immatriculations de voitures neuves en Suède sont le fait des modèles écologiques, pour la plupart des versions flexifuel qui roulent indifféremment au bioéthanol et à l'essence. Le modèle flexifuel le plus vendu dans le pays est la Saab 9-5 (75% des 9-5 vendues en Suède sont des flexifuel), suivie de la Ford Focus (84% de flexifuel) et des Volvo S40/V50 (41%).

Volvo propose désormais en Suède une version à l'éthanol de sa petite C30, propulsée par un moteur 4 cylindres de 1,8 litre et 125 ch. En raison des propriétés corrosives du carburant, et de son contenu énergétique inférieur à celui de l'essence, la voiture a été, comme ses pairs, modifiée. Les conduites de carburant, les soupapes, les joints d'étanchéité ont été renforcés. Comme une plus grande quantité de carburant doit être injectée dans le moteur, les soupapes d'admission et les injecteurs sont plus grands. Le système de gestion surveille en permanence le mélange de carburants présent dans le réservoir. Enfin, pour améliorer les démarrages à froid (surtout en dessous de - 12°C), le moteur est équipé d'un système de chauffage. Volvo admet que la solution flexifuel entraîne un surcroît de consommation de 39% par rapport à l'essence. Saab évoque une surconsommation de 32%, alors que Ford n'évoque qu'une augmentation de 15%. Ces différences montrent surtout que le bioéthanol n'est pas encore un carburant homologué (cela devrait être le cas avec la future norme Euro 5), et que les constructeurs évaluent ses performances selon des critères différents.

A la suite de Saab et de Ford, mais avant Renault (une Mégane E85 sortira au printemps), Volvo commercialise actuellement ses C30 et S40/V50 flexifuel en Suisse. Le surcoût par voiture est de 700 francs. En fin d'année, le nouveau break V70 sera proposé en Suisse avec un moteur de 145 ch.




© Le Temps, 2007

lundi 12 mars 2007

Pratique d’ACN pas illégale

GRUYÈRE Téléphonie fixe

Pratique d’ACN pas illégale

L’opérateur de téléphonie fixe ACN agit dans la légalité pour prospecter de nouveaux clients. La justice ne voit rien à reprocher à ses méthodes de vente.



La façon de prospecter le marché de l’opérateur de téléphonie fixe All Communication Networks (ACN) ne nécessite pas une remise au pas. Le 22 juillet 2005, la justice zurichoise a rendu une décision de non-lieu. En charge de l’enquête dans le canton de Fribourg, le juge d’instruction Michel Favre a clos ce dossier. Compte tenu de l’arrêt zurichois, il a décidé le 19 avril de l’an dernier de refuser d’ouvrir une action pénale.
Des associations de protection de consommateurs estiment que
la façon de procéder de la société internationale ACN, qui recrute des représentants en leur promettant des gains mirobolants, est douteuse. Selon elles, la façon de procéder, de type «boule de neige», pourrait bien être en infraction avec la Loi fédérale sur les loteries et les paris professionnels.
Inscrite auprès de l’Office fédéral de la communication depuis mars 2004, la société ACN vend des abonnements de téléphonie fixe. Avec des tarifs avantageux, notamment grâce à des prix quasiment gratuits entre ses abonnés, l’opérateur espère conquérir une large part du marché suisse depuis la déréglementation du secteur en 1998. Mais cet objectif commercial s’accompagne d’une stratégie de marketing controversée. En lieu et place d’une campagne publicitaire, la société mise sur un système de vente dit «relationnel» pour recruter ses clients. En clair: être un abonné ACN c’est bien, mais devenir représentant de la société, c’est mieux. Ce processus s’appelle l’effet «boule de neige». Celui qui accepte de payer plus de 600 francs pour une licence de représentant peut recruter plusieurs nouveaux vendeurs afin d’amortir sa mise de départ.


Travail de longue haleine
Après enquête, la justice zurichoise a estimé que cette pratique n’est pas répréhensible. L’opérateur de téléphonie fixe All Communication Networks agit correctement, estime le juge d'instruction alémanique.
Chef du service télécommunication chez Comparis, le site internet de comparaison des prix, Ralf Beyeler rappelle que le montant moyen des factures de téléphone fixe en Suisse varie de 10 à 30 francs. Ce qui peut représenter un gain allant de 80 centimes à 2 fr. 40 par client et par mois – dans le meilleur des cas – pour quelqu’un prospectant pour ACN.
Cette commission, «c’est peu par rapport au temps investi. Car persuader des abonnés de changer d’opérateur est un travail de longue haleine», éclaire Ralf Beyeler. Le spécialiste estime que le jeu n’en vaut pas la chandelle, «d’autant plus que les Suisses ne changent pas facilement d’opérateur de téléphonie fixe», car la plupart de leurs factures ne vont pas au-delà de quelque dizaines de francs par mois.
S’il y avait un réel gros lot à gagner, ça se saurait. Pour Ralf
Beyeler, il est peu probable que quelqu’un puisse s’enrichir avec une tel système.


Christophe Schaller
6 février 2007

ACN: Pratiques louches dans la téléphonie fixe

Pratiques louches dans la téléphonie fixe


La moisson en Gruyère

Un opérateur de téléphonie fixe aux pratiques douteuses recrute depuis le début avril ses représentants en Gruyère. Les gains mirobolants promis seraient en vérité difficilement atteignables. Des enquêtes sont ouvertes dans plusieurs cantons.

Une salle de conférence de l’Auberge du Cheval Blanc à Bulle. L’opérateur de téléphonie fixe ACN (All Communication Networks) a choisi le charme rustique de ce bistrot du chef-lieu gruérien pour y lancer sa campagne de recrutement en terre fribourgeoise. Le hic: la société basée aux Etats-Unis agirait à la limite de la légalité. En cause, son système de vente «relationnel». Cette pratique, de type «boule de neige», pourrait bien être en infraction avec la loi fédérale sur les loteries et les paris professionnels.
Inscrite auprès de l’Office fédéral de la communication depuis mars 2004, la société ACN vend des abonnements de téléphonie fixe. Avec des tarifs avantageux, notamment grâce à des prix quasiment gratuits entre ses abonnés, l’opérateur espère conquérir une large part du marché suisse depuis la déréglementation de ce secteur en 1998. Jusqu’ici, rien d’anormal. Mais cet objectif commercial s’accompagne d’une stratégie de marketing controversée. En effet, en lieu et place d’une campagne publicitaire, la société mise sur son système de vente dit «relationnel» pour recruter ses clients. En clair: être un abonné ACN c’est bien, mais devenir représentant de la société, c’est encore mieux. Ce processus s’appelle l’effet «boule de neige». Car celui qui accepte de payer 645 fr. 60 pour sa licence de représentant est contraint de recruter plusieurs nouveaux vendeurs afin d’amortir son investissement de départ. Le contrat n’est pas sans risque.
Lors des soirées d’information organisées ces jours au café-restaurant du Cheval Blanc, les représentants d’ACN promettent en contrepartie des gains plutôt alléchants, sous forme de primes et de pourcentage (lire l’encadré). La poule aux œufs d’or? Selon Ralf Beyeler, chef du service télécommunication chez Comparis, le site internet de comparaison des prix, la réalité serait moins reluisante. «Gagner de l’argent en étant représentant ACN est très difficile. Le montant moyen des factures de téléphone en Suisse est de 30 francs. Ce qui représente dans le meilleur des cas un gain de 2 fr. 40 par client et par mois. C’est peu par rapport au temps investi», avertit Ralf Beyeler. «D’autant plus que les Suisses ne changent pas facilement d’opérateur», poursuit-il.

Justice saisie à Fribourg
Ce système de vente pyramidal, du type «jeu de l’avion», a été vivement critiqué par l’Association belge de protection des consom-mateurs Test-Achats, lors du lancement de la campagne ACN en Belgique. Arrivée en Suisse au printemps 2004, la société non cotée en bourse a provoqué une levée de bouclier dans la presse spécialisée alémanique. «Nous avons refusé d’inscrire cet opérateur sur notre site en raison de son opacité», explique de son côté Didier Divorne, le spécialiste des télécommunications du site allo.ch.
D’un point de vue juridique, les techniques de vente frauduleuses concernent la loi fédérale sur la loterie et les paris professionnels. Le dossier est du ressort des polices cantonales. Dans les cantons de Vaud, les Police du commerce ont ouvert des enquêtes en automne 2004. Dans les deux cas, sans résultat.
Après avoir été contactée par La Gruyère, la Police du commerce du canton de Fribourg a décidé de dénoncer ACN à l’Office des juges d’instruction fribourgeois, annonce son chef de service Alain Maeder. Malgré de nombreux appels, le porte-parole d’ACN n’a pas voulu répondre à nos questions. Pendant ce temps, le recrutement de nouveaux représentants se poursuit en Gruyère.


L’amende, voire la prison
Reto Brand, chef de la section loterie et paris professionnels de l’Office fédéral de la justice, détaille la définition et les conséquences juridiques d’un système type «jeu de l’avion».

— A quel moment peut-on conclure à un système «boule de neige»?
Il n’y a pas de critères fixes. Un schéma «boule de neige» est avéré quand le produit vendu par une société n’est que l’alibi. Le véritable motif étant la recherche de nouveaux représentants. Mais d’autres critères peuvent également intervenir. Le système de prime, le nombre d’étages ou le prix des produits proposés. Dans le cas d’ACN, je sais qu’une enquête a été ouverte dans le canton de Zurich. Mais les pistes suivies se sont évaporées. Pour le canton de Vaud, je ne suis pas au courant.

— Si une fraude est avérée un jour, que risquent les représentants?
Quelqu’un qui accepte d’entrer dans un système frauduleux passe directement de l’état de victime à celui d’accusé. Dans ces cas-là, la loi prévoit des amendes pouvant aller jusqu’à 10000 francs ou une peine de prison de six mois au maximum. Mais, en définitive, cette responsabilité dépend du rôle joué dans le système. Il faut savoir également que les primes touchées doivent parfois être remboursées. Et que ce genre de délit figurera dans le casier judiciaire.



Apprendre à s’entraider
Avertie par un de ses lecteurs, La Gruyère a participé à une soirée ACN à l’Auberge du Cheval Blanc de Bulle. En présence d’une vingtaine d’auditeurs, le séminaire commence par une courte introduction télévisée. Pur produit de marketing américain, le film recourt habilement aux émotions pour décrire un monde de gagnants. On apprend que la société est en train de conquérir le marché des télécommunications à la vitesse grand V.
De 2 millions de dollars de chiffre d’affaires en 1997, l’entreprise a atteint aujourd’hui les 300 millions. Elle sera bientôt à 1 milliard! Le groupe serait en train de se tailler une large part du gâteau issu de la déréglementation du marché de la téléphonie fixe. Comment? Grâce à son système de vente dit «relationnel». La société serait en effet très généreuse avec ses représentants. Ceux-ci toucheraient un pourcentage sur les factures de téléphone des clients qu’ils auront réussi à démarcher. Et ce n’est que la pointe de l’iceberg! Car un collaborateur qui parvient à former d’autres représentants touchera des primes et un pourcentage sur les factures des clients de «ses nouveaux représentants». Exemple: former dix représentants pourrait, selon ACN, rapporter jusqu’à 750 francs par mois. Vous en formez cent, vous changez de métier et vivez avec un salaire mensuel de 7500 francs!
Après la première heure de séminaire, les personnes qui n’auraient pas été conquises «sont priées de s’en aller»… Un couple se lève et quitte la salle. La deuxième heure est consacrée à la formation des convertis. En bref, pour être un «bon» représentant, tout le monde est un client potentiel. La famille, les amis, les collègues de travail. Comble de l’ironie, le formateur assure que travailler pour ACN n’est pas seulement une histoire d’argent. C’est aussi apprendre à s’entraider, à fonctionner en équipe. Des valeurs qui se perdent dans notre société d’individualistes…


Propos recueillis par
Marc Benninger
12 mai 2005