vendredi, 23 février 2007

En stagnation, Sunrise semble se préparer à une vente prochaine

En stagnation, Sunrise semble se préparer à une vente prochaine


TELECOMS. Les liens avec le propriétaire danois TDC sont de plus en plus distendus. Pourcroître, l'opérateur attend avec impatience l'ouverture du dernier kilomètre de Swisscom.


Anouch Seydtaghia, Zurich
Vendredi 23 février 2007

Les indices se multiplient. Dernier en date jeudi matin, lors de la présentation des résultats 2006 de Sunrise. «Nous sommes en train de changer notre raison sociale de TDC Switzerland à Sunrise, elle sera ainsi la même que notre marque», a expliqué Christoph Brand, directeur de Sunrise depuis le 1er novembre 2006. Et pour le groupe danois TDC, propriétaire de Sunrise, «l'opérateur suisse n'est qu'un investissement purement financier», avait affirmé l'automne dernier Jens Alder, alors promu directeur de TDC. Les liens entre l'opérateur danois et sa filiale helvétique se distendent, surtout depuis le rachat, en novembre 2005, de TDC par des sociétés d'investissement. «No comment» sur ce sujet de la part de Sunrise qui commence par ailleurs une restructuration interne.» Nous entamons le scan de toute l'entreprise pour offrir de meilleurs services à nos clients, mais aussi pour être plus efficaces et plus rentables, afin de compenser les effets de la guerre des prix», a expliqué Christoph Brand.

Sans compter la rétrocession exceptionnelle de 197 millions de francs de la part de Swisscom (SCMN.VX) pour des taxes d'interconnexion, le bénéfice net progresse de 2,4% à 213 millions de francs. En recul de 2,1% à 1,95 milliard, le chiffre d'affaires risque de ne pas passer le cap des 2 milliards avant un moment.» Même si notre division Mobile progresse, la pression est très forte sur les tarifs, a expliqué Christoph Brand. Le marché est saturé, et nous sommes contraints de subventionner toujours fortement les téléphones.» Sans parler des taxes de terminaison mobile, sous forte pression avec la récente condamnation de Swisscom par la Commission de la concurrence. «Nous nous préparons à la poursuite de la baisse de ces taxes, mais nous devrons conserver des tarifs plus élevés que Swisscom, qui a pu commencer à amortir son réseau plus tôt», a insisté Christoph Brand.

Pour Sunrise, le problème est que les perspectives à court terme ne sont guère plus réjouissantes sur le réseau fixe. Tant que le dernier kilomètre de Swisscom ne sera pas ouvert à la concurrence (ou «dégroupé»), la marge de manœuvre de Sunrise demeurera très faible. «Nous attendons avec impatience l'ordonnance d'application pour le 1er avril, puis les négociations vont commencer avec Swisscom, a poursuivi Christoph Brand. Nous pensons proposer ainsi de nouveaux produits cette année encore. 20% des lignes fixes ont été dégroupées en Europe, et aucune encore en Suisse.» Quels nouveaux services proposera Sunrise? Son directeur ne voudra pas en dire plus, mais précisera que «la télévision via Internet n'est pas une priorité». Par contre, il semble assuré que Sunrise va d'abord se battre sur le terrain de l'Internet à haut débit et vendre ses propres offres, pour lesquelles ses marges seront nettement plus élevées que celles, très faibles, de l'ADSL actuel.

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