dimanche 11 février 2007

Büsingen

Pas d'Allemands plus suisses

Oubliés de l'histoire, les habitants de Büsingen sont titulaires d'un passeport de la Bundesrepublik mais largement soumis au droit suisse. Fatalistes, ils cultivent leur statut d'exception.




Ron Hochuli, Büsingen
Mercredi 9 août 2006
Rubrique: Zooms




Les panneaux de localité jaunes étonnent. Quelques drapeaux allemands qui le disputent à la croix blanche dans le sillage du Mondial renforcent l'incertitude. Et, une fois sur la place du village, l'on se met sérieusement à douter.

Deux cabines téléphoniques, l'une de Swisscom et l'autre de Deutsche Telekom; deux numéros postaux, l'un à quatre, l'autre à cinq chiffres, affichés à côté de la mairie. Aurait-on passé une douane sans s'en rendre compte? Non. Et pourtant... Bienvenue à Büsingen, enclave allemande entièrement sur territoire suisse.

A dix minutes de bus de Schaffhouse, entouré de vertes prairies d'un côté et du Rhin de l'autre, ce coin de terre bucolique accueille, l'été, foule de baigneurs, de cyclistes et de badauds. Suisses, en majorité. Au même titre que la plupart des locaux envoient leurs enfants à l'école à Schaffhouse et y travaillent eux-mêmes. Indéniablement, le chef-lieu cantonal fait office d'aimant, bien davantage que le Bade-Wurtemberg, Land auquel la commune est officiellement rattachée.

«D'ailleurs, quand on parle de l'Allemagne, on dit: «là-bas», confirme Catarina Schweizer, citoyenne d'honneur, qui pourtant, se souvient encore de la vie en vase clos, «pendant la guerre, lorsque la frontière fut brièvement fermée». Aujourd'hui, plus aucune trace d'une séparation.

Dans les faits, depuis 1964 et la signature d'un accord entre Berne et Bonn, Büsingen est économiquement considéré comme suisse. «Lorsque nous achetons de la viande en Allemagne, nous devons la dédouaner au même titre qu'un Suisse», illustre le syndic, Gunnar Lang dans un schwyzerdütsch parfait. Les voitures de Büsingen ont d'ailleurs leur propre sigle d'immatricualtion, «BÜS», qui permet aux douaniers suisses de les reconnaître. Autre exemple: les agriculteurs de la commune sont logés au régime de subventions bernois.

Néanmoins, administrativement, Büsingen est bien allemand. Ce qui a poussé bon nombre de familles à déménager en Suisse, où la fiscalité sur le revenu est plus clémente. A l'inverse, l'enclave a longtemps fait le bonheur des retraités schaffhousois, lorsque les rentes n'étaient pas taxées en Allemagne.

Résultat? La commune a vu sa population baisser et vieillir, ces dernières années. Aujourd'hui, les quelque 1300 âmes qui peuplent le village souhaiteraient qu'un nouvel accord, notamment sur la question fiscale, soit trouvé entre Berne et Berlin. «Mais les gouvernements ont d'autres chats à fouetter», constate, fataliste, Gunnar Lang, déjà très fier que la récente course d'école du Conseil fédéral ait fait halte dans le village.

Les Schaffhousois, qui avaient le contrôle de Büsingen jusqu'à la fin du XVIIe siècle, n'ont jamais pu reprendre la commune aux Autrichiens, puis au royaume du Wurtemberg qui l'a pris sous sa tutelle en 1805. Voici pourquoi: en 1693, le bailli de Büsingen, non content des services des pasteurs, menace de se tourner vers les prêtres catholiques de Constance. Il est alors kidnappé par les dignitaires de Schaffhouse. Lorsqu'il est relâché, il jure que Büsingen ne reviendra, «outrage éternel», jamais à Schaffhouse.

Après la Seconde Guerre mondiale, ce sera même le Conseil fédéral qui refusera de réintégrer la commune. Et même si aujourd'hui encore, une majorité de villageois serait favorable à un retour en Suisse, «cela nécessiterait un changement de Constitution dans les deux pays. Ce qui ne se fera jamais pour 1300 âmes, prédit Gunnar Lang. Donc, nous cultivons notre statut d'exception. Avec quelques problèmes, mais non sans fierté...»

Mon but: rendre la téléphonie plus facile

«Mon but: rendre la téléphonie plus facile»
INTERVIEW Les ambitions de Christoph Brand, nouveau directeur de Sunrise
MARIE-ANTOINETTE CRIVELLI
10 février 2007
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Sur le web
» Sunrise
Trois mois après sa nomination à la tête de Sunrise, Christoph Brand, le jeune patron (37 ans) du deuxième opérateur national, évoque sa vision du monde de la téléphonie et détaille les grandes lignes de sa stratégie.

Le mobile est déjà baladeur, appareil photo, téléviseur. Que va-t-il devenir encore?

Ce qui prime, ce n'est pas la technologie, mais les besoins des gens. Ce qu'ils recherchent, c'est d'abord communiquer! Ce peut aussi être avec une machine, par exemple pour acheter une boisson ou commander un billet de train. Je pense que le GPS a un avenir prometteur; c'est précieux pour un parent de savoir où est son enfant. Mais le plus important, c'est que tous ces services soient faciles à utiliser. Et c'est mon but.

En faisant quoi, par exemple?

En écoutant davantage les remarques de nos clients. Exemple: il y a trop d'abonnements. Les gens sont perdus, ils ne savent plus lequel choisir. Nous allons rendre cela moins compliqué.

Beaucoup se plaignent des prix du mobile en Suisse par rapport aux autres pays...

Ces personnes comparent des poires avec des pommes! Il faut tenir compte des salaires suisses - nos call centers ne sont pas en Inde! Les normes suisses sont très sévères, ce qui implique davantage d'antennes, d'autant que le pays n'est pas plat. Et, surtout, il y a le subventionnement. Les gens ne paient pas grand-chose pour leur nouveau mobile. Or le fabricant ne fait pas de cadeau, c'est l'opérateur qui paie. Vous ne pouvez pas prétendre avoir à la fois des minutes gratuites et aussi le mobile!

Et pourtant vous promettez une baisse des prix et une augmentation de la qualité...

Oui, nous allons offrir des prix encore plus bas, davantage de largeur de bande, une couverture plus étendue, de nouvelles technologies: davantage sur tous les plans et pour moins cher.

Et comment est-ce possible?

Nous allons notamment proposer des bundles, c'est-à-dire des solutions combinant fixe, mobile et grande vitesse sur Internet. Des paquets simples à comprendre. Et tout sur une seule facture!

Cela fait penser au triple bouquet (téléphone, Web, TV). Or vous ne parlez pas de la TV par ADSL...

Pour cela, nous avons besoin d'avoir notre propre infrastructure. Ça ne peut se faire qu'après avoir réglé le monopole du dernier kilomètre. Nous sommes confiants: cela va bouger cette année encore...
© Le Matin Online

Kabel-TV: Kleinfirma will Cablecom Kunden abjagen



Markus Poffet (l.) und Fabian Heil: Konkurrenz für die Cablecom.






Kontext




Cablecom streicht noch mehr Sender

Cablecom kämpft um ihren Ruf

Cablecom ade: Run auf Bluewin TV









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www.cablenetswiss.ch









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Kabel-TV: Kleinfirma will Cablecom Kunden abjagen

Die Zürcher Oberländer Firma CableNetSwiss will vom Unmut über die Cablecom profitieren: Ihren Kunden garantiert sie 40 analoge TV-Sender bis zum Jahr 2016.

Das Kabelnetz des kleinen Zürcher Oberländer Dorfs Hittnau gilt als Musterbeispiel dafür, dass man es auch anders machen kann als die Cablecom, die einen Sender nach dem andern streicht: Netz-Besitzer Fabian Heil bietet den Hittnauern über 40 analoge Sender und dazu ohne Aufpreis über hundert digitale Programme und HDTV an. «Ich wurde mit Anfragen von Personen aus anderen Gemeinden überhäuft, die auch Kunden werden wollen», sagt Heil.

Bisher musste man aber in Hittnau wohnen, um von seinem Angebot profitieren zu können. Das ist jetzt anders: Die Signale aus dem Hittnauer Netz will die Firma CableNetSwiss mit Sitz in Grüt (Gossau) nun auch in andere Gemeinden im Zürcher Oberland übertragen – später auch in die Städte Zürich, Winterthur und Rapperswil-Jona. «Ich hoffe, dass möglichst viele Liegenschaftenverwaltungen zu uns wechseln», sagt Markus Poffet, Geschäftsführer der kleinen Firma.

Überbauungen mit mindestens 35 Einheiten können angeschlossen werden. Bis Ende Jahr möchte Poffet 2000 bis 3000 Kunden haben. Die Cablecom wollte sich gestern nicht zur neuen Konkurrenz äussern.

Marco Lüssi

Mehr Wettbewerb durch ewz-Breitbandnetz

Mehr Wettbewerb durch ewz-Breitbandnetz

200 Millionen Franken soll das neue Glasfasernetz kosten, von dem ganz Zürich profitieren soll. Die Kosten dafür übernimmt das Elektrizitätswerk (ewz).

Einen Standortvorteil für Zürich und mehr Wettbewerb: Das erwarten die Befürworter vom geplanten Einstieg des ewz in den Aufbau eines Glasfasernetzes. Freisinn und Linke spannen im Pro-Komitee zusammen.

Für 200 Millionen Franken will das Elektrizitätswerk der Stadt Zürich (ewz) in den nächsten Jahren ein effizientes Glasfasernetz aufbauen. In diesem ersten Schritt werden 13 000 Haushalte und 4000 Unternehmen angeschlossen. Bis heute leisten sich nur Grossfirmen und Telekom-Anbieter solche Datenautobahnen.

Das überparteiliche Komitee «Ja zum ewz-Breitbandnetz» hat am Dienstag für eine Grundversorgung der Zürcher Haushalte mit Glasfasertechnologie plädiert. Diese müsse selbstverständlich werden - so wie ein Telefon- oder ein Wasseranschluss.

Neutraler Betreiber bringt Wettbewerb

Für die Linke steht im Vordergrund, dass das Netz von einem neutralen Betreiber erstellt wird. Indem es allen Interessierten angeboten werde, sei ein diskriminierungsfreier Zugang gewährleistet. Wenn das Netz nicht denen gehöre, die auch die Dienste anböten wie Cablecom und Swisscom, steige künftig die Wahlfreiheit für Mieterinnen und Mieter.

Ein FDP-Sprecher räumte ein, dass man sich zuerst mit der Idee eines öffentlichen Breitbandnetzes schwer getan habe. Da das ewz sein Netz aber künftig allen Anbietern zur Verfügung stellen müsse und selber keine Dienste anbiete, sei der Wettbewerb garantiert.

Kein «Staatsmonopol»

Von einem «Staatsmonopol», wie die Gegner sagen, könne keine Rede sein, da Private weiterhin eigene Netze erstellen könnten. Die Finanzierung erfolge nicht aus Steuergeldern, sondern aus Reserven des ewz, die mit dem neuen Netz gewinnbringend angelegt würden.

Laut Telekom-Experte Jörg Halter, Partner der Firma OCHA GMBH, sind heute in Zürich weniger als drei Prozent der Unternehmen und ein Prozent der Haushalte an Glasfaserkabel angeschlossen. Er erwartet auch künftig nicht, dass Private in eine Breitband- Grundversorgung investieren. Diese seien an einer Doppelrolle mit eigenem Netz und eigenen Diensten interessiert.

SVP warnt vor Wettbewerbsverzerrung

Gegen die ewz-Pläne gewandt haben sich die privaten Telekom- Anbieter und - als einzige Partei - die SVP. Diese argumentiert mit ordnungspolitischen und marktwirtschaftlichen Gründen, wie SVP- Exponenten kürzlich vor den Medien ausführten.

Ein ewz-Einstieg ins Telekom-Geschäft stellt für die Gegner einen unzulässigen Eingriff in den funktionierenden privaten Telekommuikationsmarkt dar. Zudem stehe er im Widerspruch zum Grundsatz, dass staatliche Unternehmen nicht gewinnorientiert handeln dürften.

Der Markt in Zürich sei gross genug, um private Anbieter zu interessieren; ein «service public» sei in dieser Angelegenheit nicht gefragt. Ausserdem besteht nach Ansicht der SVP die Gefahr, dass durch die zu erwartenden tieferen Preise des ewz-Engagements Arbeitsplätze bei heutigen Anbietern gefährdet werden.

Est-ce bien à la Ville de Lausanne de concurrencer Swisscom?

Est-ce bien à la Ville de Lausanne de concurrencer Swisscom?

MULTIMÉDIA Après la télévision et Internet, Lausanne complète son offre sur le câble avec la téléphonie fixe. Certains estiment que ce n’est pas le rôle d’une collectivité publique de développer ces services.

JULIAN PIDOUX
Publié le 10 février 2007

TÉLÉPHONE: Citycable vient de lancer Cityphone . Martine Favre, cheffe du multimédia de la ville de Lausanne, et son chef des projets Pierre-Alain Steffen posent devant les nouveaux écrans de contrôle du réseau câblé de la ville de Lausanne. / FLORIAN CELLA
TÉLÉPHONE: Citycable vient de lancer Cityphone . Martine Favre, cheffe du multimédia de la ville de Lausanne, et son chef des projets Pierre-Alain Steffen posent devant les nouveaux écrans de contrôle du réseau câblé de la ville de Lausanne. / FLORIAN CELLA

Lausanne a passé un cap important dans sa politique multimédia. Après s'être affranchie des fournisseurs Urbanet et VTX en août 2005, pour constituer sa propre entité Internet Citycable, la capitale vaudoise vient de se lancer dans la téléphonie fixe. Deux prestations auxquelles s'ajoute la télévision, toutes diffusées sur le câble. La ville tient son «triple play»: trois services, un seul support et une facture unique pour ses clients (lire ci-dessous).

Mais cette stratégie dérange. Certains estiment qu'une collectivité publique n'a pas sa place sur ce marché. C'est le cas de Marc Comina qui trouve le principe «saugrenu». Membre du Parti radical lausannois et candidat au Grand Conseil, il affirme que «le multimédia ne fait pas partie des tâches essentielles d'une ville, comme l'éducation ou la sécurité.»

Un avis que le centre droite ne partage pas tout à fait, comme l'explique Mathieu Blanc, président de LausannEnsemble: «Tant que les fonds publics ne créent pas une concurrence déloyale pour le privé, il faut reconnaître que Citycable engendre des rentrées intéressantes». Principal concurrent de Citycable sur le territoire communal, Swisscom s'étonne toutefois de cette situation. Christian Neuhaus, porte-parole: «Il est surprenant de voir qu'au niveau national l'Etat se libère d'une partie de ses actions Swisscom, alors que des villes investissent dans leur propre réseau.»

Habitué à ces remarques, Jean-Yves Pidoux, directeur des Services industriels (SI), ne cache pourtant plus son irritation. Et au magistrat écologiste de rappeler la présence historique du téléréseau à Lausanne. «A l'époque, c'est la topographie difficile qui avait mené à cette solution. Plus récemment, les élus ont accepté de rénover le câble. Il faut rentabiliser ces investissements.» Un amortissement qui passe par une diversification nécessaire, au risque de voir une partie des 73 000 abonnés du téléréseau lausannois (environ 26% des ménages vaudois) préférer le géant bleu qui propose aussi téléphone, Internet et télévision. En outre, le municipal maintient que la communication et l'information sont vitales pour les citoyens et donc «assimilables aux tâches d'un service public».

Si Marc Comina ne conteste pas l'importance du multimédia, il insiste sur le fait qu'«une commune n'a pas à s'enrichir sur le dos du contribuable avec ces services. C'est un impôt déguisé. Ce d'autant plus que Lausanne a le monopole de son réseau, empêchant d'autres opérateurs câblés comme Cablecom d'appliquer des méthodes plus agressives et concurrentielles face à Swisscom». Une main mise que Jean-Yves Pidoux conteste, en rappelant que «l'entretien de cette fibre optique permet aussi à des sociétés privées de la louer, afin de développer leurs activités».

Pour mettre un terme à cette «incohérence», Marc Comina suggère de vendre l'entité Citycable, dont le produit «contribuerait à rembourser la dette lausannoise. Pourquoi pas un premier pas vers une libéralisation des Services industriels». Une démarche qui ne passerait pas inaperçue. Claude Hildenbrand, directeur de Cablecom pour la Suisse romande, avoue que «si Lausanne vendait son téléréseau, il est clair que nous ferions une offre».

Trois opérateurs qui se disputent le marché du triple play lausannois

J.PX

CITYCABLE Ce service est disponible dans la capitale vaudoise et les communes desservies par le téléréseau lausannois. Pour bénéficier du triple play par le câble il faudra compter 90 francs par mois. Soit 19 francs pour l'abonnement du téléphone, 46 francs pour Internet 3000/300 (location du modem comprise), 25 francs pour la télévision (50 programmes analogiques et une vingtaine de chaînes numériques francophones).

SWISSCOM Accessible sur la majorité du territoire, le géant bleu propose aussi le triple play, mais par la prise du téléphone. Pour les trois prestations, la facture sera d'environ 104 francs par mois. Afin de bénéficier d'une offre comparable à celle de Citycable, les tarifs Swisscom se déclinent ainsi: 25 francs pour l'abonnement téléphonique de base, 49 francs pour l'ADSL 3500/300 et dès 30 francs pour la centaine de chaînes numériques de Bluewin TV.

CABLECOM
Comme l'opérateur lausannois Citycable, Cablecom propose ses prestations via le câble. Mensuellement, le triple play sera de l'ordre de 92 francs. C'est-à-dire 45 francs pour l'Internet 3000/300, 27 francs pour quelque 100 chaînes numériques (tarif valable dès le 1er avril) et 20 francs pour l'abonnement du téléphone.

COMPARAISON Il faut préciser que ces offres ne sont pas tout à fait comparables et méritent d'être étudiées, en fonction de vos besoins et habitudes. Hors options, le téléphone est, par exemple, moins avantageux chez Swisscom que chez Citycable. Mais il ne faut pas oublier que le géant bleu propose dans son prix de triple play un enregistreur à disque dur. Option qui n'est pas comprise dans le prix de base de Cablecom.

vendredi 9 février 2007

Le cercle vicieux où l’appât de la thune fait perdre des plumes

Le cercle vicieux où l’appât de la thune fait perdre des plumes

ARNAQUE Un prétendu projet d’entraide financière fait fureur dans le canton. Reportage.

ABDOULAYE PENDA NDIAYE
Publié le 09 février 2007

VALEYRES-SOUS-RANCES: La salle où a eu lieu une des réunions d’un prétendu «système d’entraide», pendant moderne du jeu de l’avion, a fait l’objet d’une descente de police mercredi soir. / OLIVIER ALLENSPACH
VALEYRES-SOUS-RANCES: La salle où a eu lieu une des réunions d’un prétendu «système d’entraide», pendant moderne du jeu de l’avion, a fait l’objet d’une descente de police mercredi soir. / OLIVIER ALLENSPACH

Mercredi soir, seize inspecteurs et gendarmes de la police cantonale vaudoise sont intervenus, sur demande du Juge d'instruction, à la salle communale de Valeyres-sous-Rances. Une réunion y regroupait une centaine de personnes.

Au même moment, à Pomy, autre village du Nord-vaudois, se tenait une réunion du même type. «Il vous faut être d'une extrême discrétion. Même si ce que nous faisons est légal, n'en parlez qu'à des connaissances dignes de confiance», lance Pablo* à l'assistance, composée d'une cinquantaine de personnes, hommes et femmes dont la moyenne d'âge avoisine la quarantaine. Le bouche-à-oreilles fonctionne bien. La semaine précédente, ils étaient près de cent dans un tea-room d'Yverdon. Tous veulent gagner de l'argent. Facilement et sans risquer gros.

«Le projet d'entraide financière, poursuit Pablo, est un concept dans lequel quinze positions sont acquises finan- cièrement. Une personne entrant dans une place définie progresse au sein du concept pour atteindre le centre et en ressortir après réception du don.»

Gains exponentiels

Pour mieux convaincre ceux qui douteraient encore de cette «belle opportunité», l'orateur insiste sur les retombées financières. «Avec une mise de 3000 francs, vous gagnez 15 000 francs», ajoute-t-il, avant de faire miroiter un gain de 120 000 francs à ceux qui se sentiraient bien inspirés d'augmenter leur mise jusqu'à 15 000 francs.

Un monsieur, qui avoue avoir déjà été grugé dans le jeu de l'avion, plombe un peu l'ambiance en faisant part de ses craintes. Un rictus d'agacement s'empare alors du visage jusqu'ici serein de l'orateur.

«L'expert juridique» viendra à sa rescousse. Look à la Antonio Banderas, verbe facile, il abreuve la salle de termes juridiques. «Ce n'est pas le système boule-de-neige ni le jeu de l'avion ou la pyramide. L'arrêté du Tribunal fédéral du 31 mars 2006, clame-t-il sans ciller, autorise le parrainage et la participation à ce concept d'entraide financière.»

Une interprétation, évidemment, fallacieuse. Une fois le seuil de saturation atteint, les «vrais-faux futurs gagnants» viennent grossir les rangs des personnes grugées. ( lire ci-dessous ). Et si ce prétendu système d'aide profite tout de même à quelques-uns, entrés les premiers dans la combine, leurs gains restent parfaitement illégaux.

«M…, je me suis fait avoir. J'ai dû emprunter 3000 francs pour miser», s'étranglait hier une Avenchoise, après avoir réalisé son erreur. Une autre dame, qui rêvait de s'installer dans un pays chaud, n'avait plus que ses yeux pour pleurer. Ô mirage de soleil!

* Prénom d'emprunt

«Les conséquences sociales sont catastrophiques»

A. P. N.

Deux néophytes démarchés par un parrain (ou marraine), entrent dans le cercle après avoir apporté leur don en espèces lors d'une réunion privée. Chacun d'entre eux devra trouver à son tour deux autres néophytes. Ce système fonctionne selon le principe dit de la boule-de-neige. Son ampleur n'est pas encore connue des services de la police cantonale. Mais, des éléments attestent qu'outre Vaud, Fribourg aussi est touché. «Ça se répand comme une traînée de poudre», déplore l'adjoint du juge d'instruction cantonal, Jean Treccani. Qui s'inquiète des «répercussions sociales catastrophiques». S'il n'est pas interdit dans certains pays voisins, comme l'Allemagne, ce système, qui rappelle le jeu de l'avion, l'est en Suisse. «La justice peut obliger ceux qui ont gagné à rembourser ceux qui ont perdu. Dès qu'on recrute quelqu'un, on est punissable et on risque jusqu'à 10 000 francs d'amende», précise le juge. Exemple illustratif de la dangerosité de ce système, il explique que, dans un cercle comprenant 17 cycles, pour 65 000 gagnants, il y a 520 000 qui ont misé et qui espèrent toucher de l'argent. «En Suisse alémanique, il y a plusieurs villages où les habitants ne se parlent plus à cause de ce jeu», signale Jean-Christophe Sauterel, porte-parole de la police cantonale.

jeudi 8 février 2007

Les concurrents de Swisscom se multiplient

Les concurrents de Swisscom se multiplient


TELECOMS. De plus en plus de câblo-opérateurs se lancent sur le marché de la téléphonie fixe.


Anouch Seydtaghia
Jeudi 8 février 2007

Swisscom a subi mercredi une petite défaite. Suivant la Commission de la communication, le Tribunal fédéral a décidé que l'opérateur devait fortement réduire la taxe qu'il exigeait de Cablecom. L'opérateur encaissait 31 francs chaque fois que l'un de ses clients voulait garder son numéro fixe lorsqu'il le quittait pour la concurrence. Cette taxe chute désormais avec effet rétroactif: 17,65 francs pour 2004, 15,15 francs pour 2005 et 11,90 francs dès 2006. Du coup, Swisscom (SCMN.VX) devra rétrocéder à Cablecom une somme que les deux parties ont choisi de taire. D'après nos estimations, il s'agirait d'environ deux à trois millions de francs.

Une petite somme pour Swisscom, qui subit actuellement une pression de plus en plus importante des câblo-opérateurs sur le marché de la téléphonie fixe. A commencer par Cablecom: la société a lancé son service en juin 2004 déjà. «Le nombre de nos clients a augmenté de 20% en 2006, pour atteindre désormais les 250000», affirme Martin Wüthrich, porte-parole de Cablecom. Plus besoin de passer par Swisscom, les clients de Cablecom paient moins cher leur taxe de base et leurs appels, qui sont gratuits sur le réseau fixe le soir, la nuit et le week-end.

L'effet de cette concurrence va crescendo dans les comptes de Swisscom. De septembre 2005 à septembre 2006, le nombre de lignes classiques a fondu de 1,3%, pour s'établir à 2,892 millions. En parallèle, le nombre de minutes de conversation a chuté de 10,9% en un an pour les communications nationales.

«Nous faisons face à une véritable concurrence sur ce marché, affirme Christian Neuhaus, porte-parole de Swisscom. Il faut d'ailleurs que le régulateur réfléchisse lorsqu'il voit des réseaux câblés, entièrement en mains publiques, nous concurrencer».

En effet, Lausanne a débuté le 31 janvier son service Cityphone, dont les tarifs sont très proches de ceux de Cablecom. «Swisscom se lance dans la télévision et propose une offre «triple play», il est normal que nous répliquions en faisant de même, explique Martine Favre Leyvraz, chef du service multimédia aux services industriels de la ville. Nous avons déjà 10000 clients pour l'Internet à haut débit, nous en espérons 1000 à 2000 en téléphonie d'ici fin 2007». Ambitions identiques pour le téléréseau genevois: «Grâce à notre partenariat avec Cablecom, nous proposerons un accès à Internet et de la téléphonie dès juin dans certains quartiers, puis dans l'ensemble de la ville d'ici juillet 2008», détaille Antoni Mayer, directeur de Naxoo, société qui exploite le téléréseau genevois.

Sunrise très ambitieux pour 2007

Sunrise très ambitieux pour 2007


TELECOMS. Le nouveau directeur a esquissé la stratégie de l'opérateur.



Anouch Seydtaghia, Zurich
Mercredi 7 février 2007



Directeur de Sunrise depuis le 1er novembre 2006, Christoph Brand, 37 ans, s'exprimait mardi soir pour la première fois devant la presse. L'ancien directeur de Swisscom (SCMN.VX) Fixnet a esquissé les grandes lignes de la stratégie de l'opérateur. Pour Sunrise, 2007 sera une année très importante, puisque le Conseil fédéral édictera en avril l'ordonnance d'application sur l'ouverture du fameux «dernier kilomètre» de Swisscom. «C'est l'un de mes deux gros soucis, explique Christoph Brand. Nous ne connaissons pas du tout les détails de cette ordonnance, et comment nous pourrons offrir de nouveaux services. Mais nous voulons absolument proposer des offres innovantes cette année encore.» Voilà qui est plutôt optimiste, tant il est certain que Swisscom fera tout pour retarder l'ouverture de son réseau. Christoph Brand n'a pas détaillé de quels services il s'agira, mais a affirmé son intérêt pour une offre de télévision et pour des offres groupées, tel ADSL, téléphonie fixe et mobile, pour les particuliers.

Le second souci du directeur de Sunrise, ce sont les frais de terminaison mobile, abaissés sous pression de la Commission de la concurrence. «Le marché fonctionne très bien, et je ne vois pas pourquoi un opérateur tel que Sunrise, qui détient moins de 20% du marché, doit subir une décision politique», a martelé Christoph Brand.

«Pas de pression maximale»

Le chiffre d'affaires de Sunrise diminue depuis plusieurs trimestres, comment son nouveau directeur compte-t-il inverser la tendance? «Les prix baissent constamment, ce ne sera pas facile, concède-t-il. Nous voulons lancer de nouveaux produits, et aussi abaisser nos coûts.» Christoph Brand le reconnaît, il reçoit des objectifs précis depuis Copenhague, siège de TDC, maison mère de Sunrise, dirigée par un certain... Jens Alder, ancien directeur de Swisscom. «Le but des propriétaires de TDC n'est pas d'effectuer une pression maximale sur Sunrise pour accroître leurs bénéfices», poursuit Christoph Brand, qui n'exclut pas de nouveaux licenciements chez Sunrise - 145 emplois avaient été supprimés en mai 2006.

Christoph Brand a aussi beaucoup insisté sur la «suissitude» de Sunrise: «Nous avons investi huit milliards de francs ici depuis dix ans, nos employés et nos clients sont suisses, nous sommes bien en Suisse pour y rester», a affirmé le nouveau directeur. Une manière sans doute de convaincre la Berne fédérale de donner plus de marge de manœuvre à Sunrise face à Swisscom. Reste que Jens Alder l'a reconnu publiquement: le contrôle de Sunrise par TDC est essentiellement financier - signe que l'opérateur suisse peut être revendu à tout moment.

Le premier grand test de Christoph Brand aura lieu le 22 février, lors de la présentation des résultats annuels 2006 de Sunrise.

jeudi 1 février 2007

Comment l'une des plus grandes arnaques du Net suisse a eu lieu sur Ricardo.ch

Comment l'une des plus grandes arnaques du Net suisse a eu lieu sur Ricardo.ch


INTERNET. Une centaine d'utilisateurs du site suisse de vente aux enchères Ricardo.ch ont perdu quelque 500000 francs au total en payant en avance des ordinateurs d'Apple à prix cassés. Les dédommagements seront a priori limités.


Anouch Seydtaghia
Jeudi 1 février 2007

Une police qui ne répond que par e-mail, un vendeur sous enquête qui n'a pas peur de parler à la télévision, des victimes qui ont perdu au total près de 500000 francs... Jamais le Web suisse n'avait connu pareille situation. Pour plusieurs dizaines d'internautes, dont de nombreux Romands, 2007 commence de façon douloureuse: ils réalisent ces jours qu'ils ont perdu chacun entre 1000 et 3000 francs. La faute à un vendeur douteux qui leur promettait, sur le site de vente aux enchères Ricardo.ch, des ordinateurs Apple à prix cassés.

Frédéric Rody, enseignant à Bulle, fait partie des victimes. «Cela faisait un an que je voyais ce vendeur proposer des ordinateurs à prix très intéressants sur Ricardo.ch. Je me méfiais, mais quand j'ai vu qu'il avait récolté plus de mille évaluations positives, je me suis lancé mi-décembre en payant une machine 1230 francs au lieu de 1690. Dimanche passé, j'ai vu que le compte du vendeur était fermé... Du coup, j'ai peu d'espoir de voir la couleur de mon argent...» Graphiste à Genève, Yashka Steiner a perdu davantage encore: «Le 8 janvier, j'ai payé 2710 francs un MacBook Pro, au lieu des 3549 francs officiels. Le vendeur demandait un versement en avance, et annonçait six semaines de délai de livraison. Mais je me suis très vite rendu compte de mon erreur...»

L'affaire qui se dessine est doublement extraordinaire. D'abord, jamais une arnaque de cette ampleur n'a eu lieu en Suisse - d'après une estimation provisoire, près de 150 personnes ont été grugées, pour un montant estimé à 500000 francs. Ensuite, c'est la première fois que le système d'évaluation de Ricardo.ch, numéro un de la vente aux enchères en Suisse, a été pareillement pris en défaut. D'habitude, le système fonctionne à merveille: après chaque transaction, l'acheteur publie une évaluation du vendeur. Plus ce dernier a d'évaluations positives, plus il est réputé fiable. «Jamais nous n'avons été confrontés à un tel problème», reconnaît Mojca Fuks, porte-parole de Ricardo.ch. Le vendeur, qui agissait sous le pseudo «apfelrechner», possédait fin 2006 plus de 1000 évaluations positives. Mi-janvier, le vent tourne, et les internautes arnaqués publient des évaluations incendiaires. Certains reprochent au site d'avoir intentionnellement effacé de mauvaises évaluations... ce que Ricardo.ch reconnaît en partie. «Lorsque tant le vendeur que l'acheteur demandent d'en effacer, nous le faisons, admet Mojca Fuks. Ce qui a été fait concernant «apfelrechner». Et comme l'a démontré l'hebdomadaire SonntagsZeitung, il est possible de créer de faux acheteurs temporaires pour recevoir de bonnes évaluations à peu de frais... Le vendeur a donc profité des failles du système, mais Mojca Fuks affirme que «Ricardo.ch ne va pas modifier ses pratiques».

Le vendeur n'a pas répondu à notre e-mail, mais il s'est exprimé à visage masqué mardi soir lors de l'émission «Kassensturz», pendant alémanique d'«A bon entendeur». Apparemment, sa stratégie était d'acheter des Macs à prix normal auprès de distributeurs agréés Apple, puis de les revendre à prix cassés - de nombreux internautes ont effectivement profité de ses tarifs et reçu leurs machines. Accumulant les dettes, le vendeur n'a finalement plus livré ses acheteurs, qui tous avaient payé en avance. Le vendeur ne regrette pas sa stratégie dite de la «boule de neige». Il affirme avoir réalisé un chiffre d'affaires de plusieurs millions, et a déclaré qu'il voudrait ouvrir un vrai magasin et offrir des services.

Alertée par de nombreux internautes qui ont déposé plainte, la police cantonale d'Argovie a ouvert une enquête et contacté Ricardo.ch qui fermait le compte «apfelrechner» le 18 janvier. «Avant cela, aucune raison ne justifiait l'exclusion de ce membre», se défend Ricardo.ch. «Les responsables du site avaient découvert les problèmes plusieurs jours avant, ils ont agi avec légèreté en intervenant si tard», se plaint Frédéric Rody. Du côté de la police, silence radio: il faut contacter par e-mail le responsable du dossier, qui n'a pas répondu hier.

Que peuvent espérer les victimes? Ricardo.ch leur promet 250 francs de dédommagement, comme les conditions générales le stipulent. L'espoir de récupérer sa mise semble ainsi ténu, ce qui ne va pas décourager les utilisateurs du site. Mais ils deviendront très méfiants. «Je ne réitérerai un achat sur ce site que si le système d'évaluation est revu, que le profil des vendeurs devient plus transparent et que Ricardo.ch prenne ses responsabilités», affirme Yashka Steiner. Pour la plupart, les victimes de «apfelrechner» sont des habitués de Ricardo.ch - Yashka Steiner avait par exemple déjà acheté un minibus et un projecteur vidéo. Mais il est possible que le paiement par avance, pour les montants importants, soit en net recul sur le site.







Ricardo.ch, numéro un en Suisse

Anouch Seydtaghia

En Suisse, eBay n'est pas numéro un dans la vente aux enchères sur Internet, c'est Ricardo.ch. Fondé en 1999, le site est depuis fin 2000 membres du groupe QXLricardo, basé à Londres. Ricardo.ch compte aujourd'hui 450000 enchères ouvertes, et emploie 60 collaborateurs. Le site prélève une commission de quelques centimes lors de la présentation d'objet, et une seconde commission de 1,5 à 4,5% lors de la vente. Les acheteurs évaluent les vendeurs, ce qui a permis d'éviter, jusqu'à présent, des problèmes importants.

vendredi 12 janvier 2007

Denner racheté par Migros ?

Philippe Gaydoul verkauft Denner

Denner-Chef Philippe Gaydoul entschliesst sich in unsicheren Zeiten für den Verkauf.


Der Discounter geht in neue Hände über. Topkandidatin ist die Migros. Der Deal kann bereits heute bekannt gegeben werden.

Von Marc Badertscher und Romeo Regenass
Im Schweizer Detailhandel zeichnen sich grosse Veränderungen ab. Philippe Gaydoul, Chef von Denner und zusammen mit seiner Mutter Denise auch Hauptaktionär, verkauft die Mehrheit am Unternehmen. Laut gut unterrichteten Quellen stehen die Gespräche mit möglichen Käufern kurz vor dem Abschluss.

Konkret verhandelt der Discounter mit der Migros und mindestens einem ausländischen Interessenten. Die Pressestellen von Migros und Denner lehnten eine Stellungnahme ab.



Gaydoul wurde intern und extern von einem kleinen Team unterstützt. Mit dabei war Dieter Berninghaus, seit Anfang Jahr Verwaltungsrat bei Denner. Er war Chef und davor Auslandverantwortlicher des Kölner Detailhandelskonzerns Rewe. Gaydoul holte ihn wegen seines internationalen Netzwerks letzten Herbst nach Zürich. Für die Vorbereitung des anstehenden Verkaufs wurde ein ausländisches Finanzinstitut eingeschaltet. Trotz dieser internationalen Kontakte will Denner nun offenbar einer schweizerischen Lösung den Vorzug geben.
Denner –­ ein Discounter unter vielen
Philippe Gaydoul, der gestern Donnerstag seinen 35. Geburtstag feierte, hat die Nummer drei des Schweizer Detailhandels in den letzten Jahren erfolgreich neu ausgerichtet und 2005 ein organisches Umsatzwachstum von 11 Prozent erreicht. Nun aber steht Denner vor einer heiklen Phase. Aldi expandiert weiter, Lidl tritt demnächst in den Markt ein, die Billigkette Otto‘s zählt bereits über 100 Läden, und die Branchenleader Coop und Migros tummeln sich zunehmend im Tiefpreissegment. Die Zeiten sind definitiv vorbei, da Denner als einziger Discounter-Hecht im Karpfenteich schwimmen konnte.
Hinzu kommt, dass Gaydoul zuletzt viel Geld investiert hat: über 100 Millionen Franken in den neuen Auftritt der Läden, 50 bis 60 Millionen in die Übernahme der Pick-Pay-Kette von Rewe. Aber nicht mit dem gewünschten Erfolg: Die umgestalteten Filialen setzen weniger um als noch unter dem Pick-Pay-Regime, sagt ein Manager, der mit dem Geschäftsgang von Denner vertraut ist.

In den Umbau von Franz Carl Weber an der Bahnhofstrasse zum Kids Town hat Gaydoul 12,5 Millionen Franken gesteckt. Der letztjährige Verkauf des defizitären Spielwarenhändlers an die französische Ludendo brachte dennoch nur mässig liquide Mittel. Grosse persönliche Reserven hat Gaydoul selber nicht. In Bankkreisen heisst es, er habe sich verschuldet, als er vor einigen Jahren seinen Onkel Nicolas, der ein grösseres Aktienpaket besass, für rund 200 Millionen Franken auszahlte.

Kurz: Denner fehlen die nötigen Mittel, um in einem härter werdenden Umfeld weiter investieren zu können. Auf sich alleine gestellt, fehlt es dem vergleichsweise kleinen Discounter auch an Einkaufsmacht, um auf Dauer gegen internationale Konzerne wie Aldi und Lidl preislich bestehen zu können. Gaydoul geriet in Zugzwang: Entweder holt er sich einen Partner ins Boot oder er und seine Familie machen Kasse. Der Enkel von Firmengründer Karl Schweri hat sich für Letzteres entschieden.

«Wenn Denner verkauft wird, ist jetzt der richtige Zeitpunkt dazu», sagen mehrere Branchenexperten übereinstimmend. Sobald Lidl und Aldi in der Schweiz breit präsent sind, fällt der Wert der Discounterkette stetig.

Gaydoul besitzt zusammen mit seiner Mutter 50,52 Prozent an Denner. Verkaufen die beiden, geht die Macht im Konzern an die neuen Eigentümer über. Je rund 25 Prozent halten die Familien Schweri und Borzatta. Auch für sie gilt: wenn verkaufen, dann jetzt.

Migros mit den besten Karten
Die Migros hat beste Kontakte zu Denner. Als der Discounter 2005 die Pick-Pay-Filialen übernehmen wollte, hatte der Grossverteiler bei Rewe ein gutes Wort für Denner eingelegt. Sieben von zehn Pick-Pay-Läden waren in Liegenschaften des Grossverteilers eingemietet, und die Migros hatte in den Verhandlungen klargemacht, dass sie Denner als neuen Mieter bevorzugt. Damit fand die Migros-Kundschaft den Alkohol weiterhin gleich um die Ecke.
Wenn die Migros sich nun Denner einverleibt, werden schon bald Schnaps, Wein und Tabak in rauen Mengen unter dem Konzerndach der Migros verkauft. Das wird noch zu reden geben.

Migros und Denner zusammen würden in der Schweiz eine gewaltige Marktmacht ausüben. Die Wettbewerbskommission wollte sich jedoch nicht dazu äussern, ob ein Zusammenschluss aus wettbewerbsrechtlicher Sicht überhaupt möglich ist.

Interessenten auch aus dem Ausland
Verhandlungen führte Denner nicht nur mit der Migros, sondern auch mit mindestens einem ausländischen Interessenten. In Frage kommt in erster Linie der deutsche Lidl. Der Harddiscounter ist ähnlich positioniert wie Denner und führt ebenfalls viele Markenartikel. Lidl sichert sich an immer mehr Standorten in der Schweiz eine Baubewilligung, schliesst jedoch die Verträge mit einer Ausstiegsklausel ab. Zudem warten die Deutschen mit dem Baubeginn zu. Auffällig ist dies insbesondere beim Verteilzentrum in Weinfelden, wo die Bagger noch nicht aufgefahren sind, obschon die Bewilligung seit mehreren Monaten vorliegt. Der Lidl-Hauptsitz im gleichen Ort befindet sich hingegen im Bau.
Der Kauf von Denner würde der deutschen Lidl-Gruppe auf einen Schlag eine starke Basis in der Schweiz mit attraktiven Ladenstandorten und Verteilzentren sichern. Weil die Denner-Filialen in den Innenstädten zum Teil erstklassig gelegen sind, dürfte Lidl wohl auch kleinere Läden nicht verschmähen, die nicht ins traditionelle Konzept passen.