mardi, 20 décembre 2011

PÉTROLE : WTI - BRENT, la fin du spread ?

20/12/2011

11:07

PÉTROLE : WTI - BRENT, la fin du spread ?

Au cours de l’année 2011, nous avons beaucoup entendu parler de « spread » entre le Bund (obligation allemande) et celle des autres pays. Un autre spread a retenu l’attention des traders, celui entre le Brent et le WTI.



Cette différence est devenue significative à la fin de l’année 2010 atteignant un plus haut historique à 24.15 USD en août dernier. Avant cette decorrélation, la différence a toujours été très faible et surtout était en faveur du WTI, qui est reconnu pour être de qualité supérieure au vu de son contenu en souffre mineur par rapport au Brent.



Comment expliquer cette si grande différence ?



Le spread a d’abord commencé à augmenter significativement au moment des premières tensions en Afrique du Nord liées à la crainte d’une clôture du canal de Suez, au début de l’année 2011. Les tensions en Libye, en Février, ont provoqué un blocage de la production de pétrole entrainant une pénurie des Oils Sweet en Europe. Pour cette raison, le Vieux Continent s’est tourné vers le pétrole de la Mer du Nord. Cette augmentation de la demande sur le Brent a déclenché une hausse des prix sur ce dernier, connaissant jusqu’alors, une offre décroissante depuis des années. En période de stabilité, la production journalière est « seulement » de 1,2 million de baril. Ces tensions ont provoqué une accélération du Brent.



En revanche, un facteur qui peut expliquer une appréciation du WTI moins forte que le Brent est le « syndrome de Cushing ». Cushing est une ville au centre des Etats-Unis, en Oklahoma, stratégique pour l’économie énergétique américaine étant donné qu’elle est le plus grand hub pétrolier des Etats-Unis et lieu physique de livraison et retrait du WTI. Le « syndrome de Cushing » consiste en une accumulation des réserves stockées dans ce Hub. Non seulement les oléoducs existant ne sont sont plus suffisants pour transporter le pétrole de l’Amérique du Nord aux ports du Golfe du Mexique mais en plus il est impossible d’arrêter les flux dans les oléoducs. Ces deux éléments combinés provoquent une accumulation des réserves. Ce phénomène, en concordance avec la baisse de la demande aux Etats-Unis au cours du premier trimestre 2011, a permis au Brent de surperformer le WTI.

Pour résoudre le problème d’excès de pétrole à Cushing, différentes solutions ont été proposées : la première étant la construction d’un nouveau pipeline le « Keystone XL », ambitieux projet de TransCanada, qui a été entravé par les écologistes. La seconde, plus facile à réaliser est le projet envisagé par la société Enbridge, propriétaire de l’oléoduc « Seaway » qui lie Freeport, sur la côte du Texas, à Cushing. Le 16 Novembre dernier, Enbridge a annoncé une inversion de la direction du flux de l’oléoduc, qui permettra la déviation de 150 000 barils par jour à partir de 2012 et de 400 000 barils à l’horizon 2013. Le jour de cette annonce, le spread a franchi à la baisse le seuil des 10 dollars, avec un gain du WTI sur le Brent d’environ 4 dollars.



A ces éléments, il faut également ajouter la spéculation. En effet, beaucoup de traders se sont retournés vers le Brent plutôt que le WTI (la quantité des contrats pour le Brent a doublé entre 2009 et 2010). Ces traders favorisent le pétrole côté à Londres qui nécessite un « deposit » plus faible sur l’Intercontinental Exchange ICE par rapport au Nymex de New York.



Ce spread va-t-il continuer à évoluer dans les mêmes proportions ?



Il semblerait que cette différence soit comblée, ou au moins réduite. Les aménagements logistiques de Cushing seront faits et, selon le secrétaire général de l’OPEP Abdallah El Badri, la Lybie retrouvera dès la mi-2012 ses niveaux de production de pétrole d’avant crise.



Il est également important de considérer les cotations des futures. Le prix des contrats futures du Brent échéance décembre 2011 est plus élevé par rapport à des échéances plus longues comme janvier et février 2012. Ce type de situation est appelé Backwardation : les anticipations des investisseurs sont dans le sens d’une dépreciation du Brent à moyen terme. A l’inverse, le WTI est en configuration contango, c'est-à-dire que les prix des échéances plus longues sont plus élevés de celles plus courtes, signe d’un optimisme des investisseurs.





© Zonebourse.com 2011

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