mercredi, 30 avril 2008

Le conflit à la RSR tourne mal sur le Net

Le conflit à la RSR tourne mal sur le Net







SUISSE ROMANDE. La direction de la radio fait une cuisante expérience avec un agent de communication qui devait l'aider à gérer la crise.

François Modoux
Samedi 26 avril 2008


On avait bien compris que la crise des fichiers pédophiles à la Radio suisse romande (RSR) était le résultat d'un rare cafouillage. On croyait avoir tout vu, on se trompait! Alors que le climat est «à la reconstruction» d'un climat de confiance, un épisode calamiteux a de nouveau secoué la Maison de la radio cette semaine. Le conseiller en communication que la direction de la RSR a engagé le 10 avril pour surmonter la crise a commis un impair peu en rapport avec la réputation de son employeur, l'agence Rochat & Partenaires. Comme l'a annoncé 20 minutes, la direction de la RSR a dû rompre le contrat pour couper court aux interprétations malveillantes sur son éventuelle complicité.

Sous le pseudonyme de Goldorak, l'employé de Rochat & Partenaires s'est infiltré sur le site de Jorge Resende, l'informaticien licencié par la RSR et en croisade pour sa réintégration Deux jours durant, l'agent de communication a inondé de ses commentaires le livre de visite du site tenu par la famille Resende. S'intercalant entre les messages de soutien à l'informaticien, il a interpellé anonymement Resende et a critiqué les moyens de son combat, poliment mais en donneur de leçons.

«Monsieur Resende joue le bon rôle. Celui de Robin des Bois qui lutte contre le méchant shériff de Nottingham ou celui du pauvre David qui lutte contre le méchant Goliath. Apparemment son image est parfaite mais pas aussi lisse qu'il veut bien le dire. A lire son site, Jorge devrait plutôt s'appeler Jésus...» a par exemple posté Goldorak. Ou encore ce genre de conseil: «Ne devenez pas un Don Quichotte qui cherche à combattre des ennemis qui n'existent pas.»

«L'avocat du diable»

Se qualifiant d'«avocat du diable» et d'«internaute qui n'aime pas les partis pris monolithiques», Goldorak a répliqué à tous les internautes postant des messages pour Resende, cherchant à les discréditer. Il semble aussi avoir cherché à pousser l'informaticien à le censurer. Mais Resende s'est montré le plus futé et il a démasqué son contradicteur.

Relire Goldorak écrire que «la RSR semble communiquer dorénavant de façon plus transparente» finit de disqualifier le sous-marin de Rochat & Partenaires.

François Huguenet, associé de l'agence à Lausanne, est gêné. Son employé a mené cette action sur le Net «en solitaire, sans en référer à ses supérieurs ni à son mandant», assure-t-il. Une éventuelle sanction contre l'employé, connu comme un blogueur patenté, sera décidée plus tard, à froid. A la radio, on ne veut pas gloser davantage sur «cette démarche stupide». La confiance avec le consultant rompue, le contrat a été dénoncé.

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