vendredi, 2 septembre 2011

You Have to be There, la nouvelle chanson de Susan Boyle

Someone To Watch Over Me, le nouvel album de Susan Boyle va sortir le 1er novembre aux Etats-Unis et le 7 dans le reste du monde. Lors de son apparition dans l'émission America's Got Talent, elle a interprèté You Have to be There qui est une reprise de la comédie musicale Kristina. Ce premier single a été composé par Benny Andersson et les paroles sont de Björn Ulvaeus, les 2 anciens membres d'ABBA.

La version originale par Helen Sjöholm de la comédie musicale:

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Pierre Brice, l'acteur français préféré des Allemands

http://www.lefigaro.fr/cinema/2009/02/10/03002-20090210ARTFIG00327-pierre-brice-l-acteur-francais-prefere-des-allemands-.php

De notre envoyé spécial à Séry-Magneval, Patrick Saint-Paul  - 10.02.2009

L'Allemagne célèbre ces jours-ci l'acteur français le plus populaire outre-Rhin. En plein festival de la Berlinale, la grand-messe allemande du cinéma, impossible d'ouvrir un journal ou d'allumer un poste de télévision sans tomber sur un portrait ou une rétrospective lui étant dédié. Pierre Brice n'est pas en compétition à Berlin cette année. Totalement inconnu en France, où il n'a jamais percé, ce comédien est l'une des plus grandes stars du grand écran en Allemagne, où l'on fête ses 80 ans comme l'anniversaire d'une idole nationale.




«Le chef indien des cœurs», titre le très sérieux quotidien Süddeutsche Zeitung. Le grand quotidien populaire Bild lui souhaite un «Joyeux anniversaire» en une. Les chaînes de télévision publiques rediffusent ses films. Son immense succès outre-Rhin, Pierre Brice, le doit à un personnage, incarné avec une telle intensité, qu'il lui a collé à la peau durant toute sa carrière : Winnetou, un chef indien, héros positif du western à l'allemande tourné d'après les romans de Karl May, sorte de Jules Verne allemand. «Ce rôle a été une sorte de cage dorée pour moi, raconte Pierre Brice au Figaro. C'était un personnage trop marquant et auquel j'ai consacré beaucoup de temps, ce qui m'a empêché de tourner autre chose pendant plusieurs années. Ensuite, j'ai été catalogué Winnetou.»



L'aventure allemande de Pierre Brice démarre au début des années 1960. Charles de Gaulle et le chancelier allemand, Konrad Adenauer venaient à peine d'engager la réconciliation franco-allemande. Son destin se noue avec Los Atracodores, un film espagnol sélectionné pour le Festival de Berlin en 1962. Lors du gala final, il est repéré par Horst Wendlandt. Le producteur allemand, qui recherchait en vain depuis des mois son Winnetou, le regarde avec insistance. Dans ses romans à succès du XIXe siècle, Karl May décrit son héros, inspiré du chef apache Cochise : «Son visage était noblement taillé, presque romantique, d'une teinte brune proche du bronze.» Au premier regard, Wendlandt sait qu'il tient son personnage avec Pierre Brice.



Le rôle n'intéresse pas l'acteur français. Sa carrière commence à décoller en Italie, où sa prestation dans Los Atracodores lui vaut d'être élu meilleur acteur de l'année… devant Marcello Mastroianni. Brice ne parle pas l'allemand. Il n'adhère pas à l'image de l'Indien véhiculé par le western américain. «Mon agent m'a convaincu en me disant qu'une grande carrière m'était promise en Allemagne si j'acceptais ce rôle», se souvient-il. Son héros sera positif, un Indien fier plutôt porté sur le calumet de la paix, mais qui n'hésite pas à user de son tomahawk lorsqu'il s'agit de défendre le bien contre le mal. La distribution est d'envergure internationale. Brice tournera aux côtés de Lex Barker, vedette du cinéma américain, connu pour avoir remplacé Johnny Weissmüller dans Tarzan. Barker sera Old Shatterhand, le bon cow-boy, dont l'amitié et le respect pour Winnetou sont sans faille.

Le début du tournage fut chaotique




Par soucis d'économie, le tournage aura lieu en Croatie, qui fait encore partie de la Yougoslavie et dont les paysages rappellent le Far West. Juché sur son cheval, Brice a belle allure dans son costume en peau, bandeau noué le front, pour domestiquer une longue chevelure brune. Mais son début sur le tournage est chaotique, à la limite du burlesque. «Tout le monde parlait allemand, j'étais un peu perdu. Soudain, j'entends “bitte Ton” (le son, s'il vous plaît). Je crois entendre appeler Winnetou et je surgis au beau milieu du set au galop», raconte Pierre Brice qui en rit encore. Wendlandt, le producteur, ne dissimule pas son inquiétude.



Pierre Brice trouve son texte trop court. Il s'en plaint. Wendlandt lui explique que son personnage est ainsi : la rareté de ses paroles doit conférer à chacune d'entre elles une intensité plus forte. Winnetou est un personnage d'action : bagarres acrobatiques, lancés de couteaux et de tomahawks tiennent en respect les ennemis du bien. À la sortie du film en Allemagne, le succès est immédiat. «Après la première, les fans étaient massés devant le cinéma. Un policier a dû me prêter son uniforme pour me faire sortir incognito», se rappelle Brice. La presse allemande s'écrie «A star is born».



«Mein Bruder» (mon frère) ou encore «les traces mènent vers le nord», quelques-unes de ses répliques deviennent culte immédiatement. Sa posture inspire le respect. Mais surtout, ses yeux gris-verts et son fameux regard vers l'horizon font mouche. À sa sortie, le premier Winnetou, Schatz am Silbersee («Le trésor du lac d'argent») fait plus de douze millions d'entrées. Pierre Brice enchaîne sept épisodes dont le formidable succès sauve de la crise le cinéma allemand. Outre-Rhin, enfants et adolescents accrochent le poster de Winnetou au-dessus de leur lit. Pendant neuf ans d'affilée, Brice sera l'acteur le plus aimé d'Allemagne, battant à plates coutures Sean Connery en James Bond. Il sort un disque. Le succès est immédiat : numéro un des charts en Allemagne pendant trois semaines devant les Beatles. «Je n'arrivais pas à y croire tellement mon succès a été fulgurant. Plus de succès que les Beatles ! C'était délirant», rit Pierre Brice. L'acteur devient prisonnier de son succès et de Winnetou.



Né à Brest en 1929, Pierre-Louis Le Bris de son vrai nom avait tâtonné avant de choisir le métier de comédien. Engagé à 19 ans dans les commandos de marine, il se porte volontaire pour l'Indochine. Au bout de six ans, il choisit la vie civile plutôt que de rempiler et accumule les petits boulots. Jusqu'au jour où il tourne dans un petit film réalisé par l'un de ses amis, étudiant à l'Idhec. Il décide de se lancer. Au cours Simon, on cherche à le décourager, mais un vieux professeur de théâtre russe, qui donne des cours dans sa cuisine, le prend sous son aile.



Brice tourne en France dans Le Miroir à deux faces de Cayatte et «Les Tricheurs» de Carné, aux côtés des débutants Jean-Paul Belmondo, Laurent Terzieff et Jacques Charrier, ou encore «L'homme à femmes» avec la toute jeune Catherine Deneuve. On lui prédit un avenir prometteur. «Je me souviens d'une photo dans Cinémonde», s'amuse Pierre Brice. Huit jeunes espoirs du cinéma français. Il y avait Brialy, Belmondo, Delon… Et Pierre Brice qui avait débuté aux côtés d'Eddy Constantine dans «Ça va barder.»



Mais sa ressemblance avec son ami Alain Delon le pousse à s'expatrier en Italie. «Le succès d'Alain a été foudroyant, raconte Brice. Tout le monde se l'arrachait. Comme de nombreux acteurs français, qui sont partis à l'étranger, j'ai compris que la concurrence serait trop dure. Et j'ai décidé de tenter ma chance à Cinecittà». Victor Trojanski, ami de son professeur de théâtre russe, l'engage illico. Il tourne régulièrement en Italie et en Espagne. Avant d'être rattrapé par Winnetou.





Le «Western choucroute» ne s'exportera jamais en France



Dans Winnetou III, le septième épisode (les autres avaient des titres), le chef Apache est touché mortellement par une balle. «J'étais soulagé, dit Pierre Brice. Je croyais que c'était fini et que je pourrais enfin jouer d'autres rôles». La mort de Winnetou provoque une levée de boucliers en Allemagne. Le public menace de boycotter les épisodes suivants si on le prive de son héros. «Wendlandt était catastrophé, il m'a demandé de reprendre le rôle», déplore Brice. Le producteur lui propose de ressusciter Winnetou comme si de rien n'était. Incapable de refuser une demande de celui à qui il devait sa gloire, Brice accepte et tournera au total onze épisodes. «Au sortir de la guerre, j'incarnais pour les Allemands un héros positif. Ils en avaient besoin», dit-il pour expliquer son succès.



Mais le «Western choucroute», qui préfigure le Western spaguetti ne s'exportera jamais en France. Brice se produit au théâtre allemand dans d'autres rôles. Rien n'y fait : pour le public, il reste associé à Winnetou. «Je ne pouvais pas jouer un rôle de méchant. Je n'aurais pas été crédible dans ce rôle en Allemagne», regrette-t-il. Il reprend donc la coiffe de son chef Apache, sur une scène en plein air, qui attire les foules de fidèles à Elspe, une petite ville de Rhénanie du Nord, pendant dix saisons. En même temps, il écrit et tourne une série de Winnetou au Mexique, devient citoyen d'honneur des indiens du Nebraska. Et les fans viennent de toute l'Allemagne admirer leur héros chevaucher son cheval andalou noir et goûter à son accent français qu'ils trouvent charmant. Ils lui resteront fidèles lorsqu'il se produira sur une scène en plein air de Bavière, où il continue d'incarner Winnetou pendant plusieurs années avant de raccrocher définitivement son habit d'indien.



Pour les français, Pierre Brice reste un illustre inconnu. Il peut se consoler outre-Rhin, où il reste plus connu que Belmondo, Delon et Depardieu. Après Winnetou, Pierre Brice rêvait d'une seconde carrière aussi éblouissante que la première. Mais pour les Allemands, il restera toujours le sage chef indien, meilleur ambassadeur de l'amitié franco-allemande.