samedi, 28 mars 2009

PETROLE/Perte de 2 dollars, frappé par un regain du billet vert

Londres (awp/afp) - Les cours du pétrole lâchaient 2 dollars vendredi en fin d'échanges européens, frappés par un renchérissement du dollar et par la crainte que l'envolée récente des cours n'ait été exagérée, sachant que la demande reste faible et les stocks surabondants.

Vers 17H00 GMT (18H00 HEC), sur l'InterContinental Exchange de Londres, le Brent de la mer du Nord pour livraison en mai cédait 1,69 dollar à 51,80 dollars le baril.

A New York, le baril de "light sweet crude" pour livraison en mai perdait 2,10 dollars à 52,21 dollars.

Au lendemain d'une nouvelle séance de gains, les cours du pétrole reculaient nettement, victimes de prises de bénéfices et d'un raffermissement du billet vert.

L'affaiblissement du dollar a nettement contribué à renforcer les prix de l'or noir ces deux dernières semaines. Or, ce facteur de soutien s'estompait nettement vendredi. Le billet vert qui avait débuté la semaine autour de 1,37 dollar pour un euro en début de semaine, l'achevait en nette hausse, aux alentours de 1,32 dollar.

S'ajoutant à cela, des doutes s'élevaient sur la justification de l'envolée récente des prix qui ont gagné quelque 10 dollars en deux semaines. Jeudi, les cours ont terminé au-dessus de 54 dollars à New York (54,34 dollars), leur cours de clôture le plus élevé en quatre mois.

"Le tableau toujours médiocre de la demande pourrait bien devenir le thème dominant, si une rechute des marchés actions tempérait les espoirs" de redémarrage de l'économie et, par là, de la consommation mondiale, notait ainsi Brenda Sullivan, de la maison de courtage Sucden.

Pour Jeffrey Currie, analyste de la banque Goldman Sachs, les prix sont exposés à un mouvement de recul, car "c'est l'idée que le marché allait se resserrer à l'avenir qui a été à l'origine du bond des prix de 50 à 54 dollars, et non pas l'équilibre actuel entre l'offre et la demande."

"Notre inquiétude est qu'une demande (de produits pétroliers) ayant été vigoureuse pour des raisons climatiques (un hiver rigoureux, ndlr) ait occulté le fait que le marché restait fondamentalement faible", comme la montée récente de stocks à des niveaux extrêmes l'a montré, a-t-il précisé.

Les stocks américains de brut se situent à leur niveau le plus élevé depuis 1993 et la consommation mondiale d'or noir n'a pas donné signe de redémarrage.

Toutefois, pour d'autres experts, les prix ne devraient plus dorénavant descendre sous les 50 dollars.

"Nous sommes de plus en plus confiants dans le fait que les prix du brut ont établi un plancher grâce aux réductions sévères de la production de l'Opep, à la croissance décevante de la production non-Opep et aux signes montrant que la demande d'essence se rétablit", ont ainsi estimé les analystes du cabinet viennois JBC Energy.

L'Opep a réduit de 4,2 millions de barils par jour (mbj) sa production fin 2008 et s'est engagée lors de sa dernière réunion (le 15 mars) à respecter strictement son nouveau plafond de production, ce qui équivaut dans les faits à retirer encore du marché 900'000 barils par jour.

Le cabinet britannique Oil Movements, qui surveille l'activité dans les ports des pays producteurs de l'Opep, estime que les exportations de pétrole vont encore baisser de 700'000 barils par jour d'ici le 11 avril, pour atteindre 22,23 mbj.

"L'Opep semble tenir sa promesse de réduire le surplus de production, qui était encore de 800'000 barils par jour mi mars", estime ainsi Eugen Weinberg, analyste chez Dresdner.

Malgré le fléchissement des prix vendredi, les cours ont gagné sur la semaine plus de 7 dollars à Londres et à New York.

ds

(AWP/27 mars 2009 18h12)