mercredi, 4 février 2009

Pétrole : vers un baril à 25 dollars ?

(AOF) - Le prix du pétrole. Rarement un sujet ne laisse place à des avis aussi divergents. Alors que certains analystes sont de plus en plus convaincus que les réductions de production enchaînées par l'Opep porteront leurs fruits et stabiliseront le marché, Morgan Stanley a décidé de publier aujourd'hui une étude aux conclusions iconaclastes.
Pour la célèbre banque d'affaires américaine, et n'en déplaise aux opérateurs pétroliers et aux majors, le rebond de l'or noir n'est pas pour demain. Bien au contraire. Selon les estimations de Morgan Stanley, le baril de brut risque fort de plafonner aux alentours des 35 dollars le baril en moyenne en 2009.
Pire, l'or noir pourrait chuter à un plancher de 25 dollars le baril au deuxième trimestre 2009 en raison de la faiblesse persistante de l'éco nomie mondiale.
La thèse développée par le département de Recherche sur les matières premières de Morgan Stanley est simple : le marché continue de sous-estimer l'ampleur du ralentissement mondial. Mais une fois la gravité de la crise intégrée par le marché pétrolier, le prix du brut entamera réellement sa chute. Affectée par la récession qui frappe les pays occidentaux et le net ralentissement des pays émergents, la demande de
pétrole pourrait dégringoler de 1,5 million de barils par jour en 2009, anticipe Morgan Stanley.
Très embarrassé par l'effondrement des cours du pétrole (-72% en six mois), l'Opep a réduit depuis septembre sa production de plus de quatre millions de barils par jour. L'objectif du cartel : 75 dollars le baril à la fin de l'année. Les paris sont ouverts.
(P-J.L)
(AOF)
EN SAVOIR PLUS

ACTIVITE DE LA SOCIETE
Total est l'une des toutes premières compagnies pétrolières et gazières internationales. Ses activités s'exercent dans plus de 100 pays et couvrent toute la chaîne de l'industrie pétrolière, depuis l'amont (exploration, développement et production de pétrole et de gaz), jusqu'à l'aval (raffinage et distribution des produits pétroliers et commerce international de pétrole brut et de produits). Le quart du chiffre d'affaires du groupe est réalisé en France. Christophe de Margerie a remplacé Thierry Desmarest à la tête du groupe dès le 14 février 2007.

FORCES ET FAIBLESSES DE LA VALEUR

Les points forts de la valeur
- Le " modèle " opérationnel et financier du groupe offre de la visibilité aux investisseurs.
- Le groupe bénéficie d'une structure financière solide.
- Les actionnaires sont bien traités par le groupe tant en termes de dividendes que de rachats d'actions.

Les points faibles de la valeur
- Le groupe est sensible à l'évolution du dollar, lequel est la devise de facturation sur le marché du pétrole. Total est la seule major à publier ses comptes en euros.
- Par rapport aux trois plus importantes sociétés du secteur Exxon, BP, Royal Dutch, la société souffre d'un manque de taille et de diversification géographique.
- Le secteur amont de l'exploration-production n'a pas affiché de bons résultats courant 2006, réalisant de faibles marges. Il faudra sûrement attendre l'horizon 2008 pour que le niveau de la production repasse au dessus de celui de 2004. Total anticipe une production en croissance de 4% par an pour 2006/2010.

COMMENT SUIVRE LA VALEUR
- Le cours du titre fluctue en fonction de l'évolution à moyen terme du prix du baril de pétrole et du gaz. En effet, d'une manière générale, les perspectives du secteur pétrolier, tant en amont (exploration et production) qu'en aval (raffinage et distribution), dépendent de l'évolution du cours moyen du pétrole brut.
- Les tensions géopolitiques susceptibles d'entraîner des perturbations de la production, ou encore le niveau des réserves stratégiques détenues par les pays consommateurs sont à surveiller.

LE SECTEUR DE LA VALEUR

Pétrole et parapétrolier
Les compagnies pétrolières sont limitées dans leurs investissements par le regain de nationalisme pétrolier (notamment en Russie, au Venezuela, et en Iran). Après avoir investi 258 milliards de dollars dans des projets pétroliers au cours des trois dernières années, les groupes trouvent aujourd'hui moins de pétrole qu'ils n'en extraient. Depuis deux ans, aucun d'entre eux n'a réussi à renouveler la totalité de ses réserves. Certains groupes envisagent déjà « l'après-pétrole ». Ainsi, Total s'est associé à Suez et Areva pour développer un projet nucléaire à Abu Dhabi.


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Source SIX Telekurs -

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