lundi, 5 mai 2008

Le Monde.fr : Lidl cherche à restaurer son image - Opinions

Le Monde.fr : Lidl cherche à restaurer son image - Opinions

Lidl cherche à restaurer son image

LE MONDE | 02.05.08 | 15h22 • Mis à jour le 02.05.08 | 15h22

Lidl cherche par tous les moyens à réhabiliter son image outre-Rhin, sérieusement écornée par un scandale d'espionnage. Le distributeur a ainsi décidé de verser à chacun de ses salariés allemands, fin avril, une prime exceptionnelle de 300 euros. Avec cette gratification, le discompteur veut dire sa reconnaissance à ses collaborateurs restés fidèles malgré l'affaire qui a éclaté il y a un mois : dénoncé par la presse, Lidl a reconnu avoir fait surveiller ses employés, à leur insu, dans quelque 220 magasins, grâce à des caméras miniatures.

Des cabinets de détectives privés avaient été mandatés pour remédier, selon l'entreprise, aux cas de vols de marchandises. Le numéro deux du discompte en Allemagne, derrière Aldi, affirme que le chapardage lui coûte près de 80 millions d'euros par an. Pourtant, les rapports internes - plusieurs centaines de pages dont des extraits ont été dévoilés par le magazine Stern - ont mis au jour une intrusion dans la vie privée du personnel : passages aux toilettes, pauses cigarettes, problèmes de santé, conversations privées, y étaient relatés par le menu.

Sitôt le pot aux roses découvert, l'enseigne a présenté ses excuses à ses salariés et à ses clients. Toutes les caméras ont alors été démontées et Lidl a promis de ne plus avoir recours à des détectives.

Mais depuis, le scandale a fait tâche d'huile. Et les médias traquent les entreprises soupçonnées de se livrer à des pratiques similaires. C'est le cas de la chaîne de restauration rapide Burger King. Certaines, telle l'enseigne de distribution REWE, ont d'ailleurs à leur tour admis avoir utilisé la vidéosurveillance. Dernier mis en cause, le spécialiste suédois du meuble Ikea aurait espionné ses employés en Allemagne via des caméras, selon un reportage de la chaîne de télévision ZDF diffusé mardi 29 avril.

Lidl n'est donc pas seul incriminé. Mais chez le discompteur, propriété du groupe familial Schwarz, l'affaire a pris une résonance particulière. Car ce n'est pas la première fois que cette entreprise se fait prendre la main dans le sac. Ainsi, en 2004, le syndicat de services Verdi avait publié un "livre noir" recensant les diverses pressions exercées sur un personnel qui travaillait dans un climat de peur.

Et désormais, Lidl s'inquiète. Pour son image, et pour sa clientèle. L'enseigne vient d'ailleurs de lancer une campagne via des encarts publicitaires dans les médias : "Boycotter Lidl, c'est menacer 48 000 emplois", fait valoir la chaîne. Mi-avril, le président du groupe Schwarz, Klaus Gehrig, a fait savoir que cette affaire pesait sur le chiffre d'affaires. Il faudra sans doute "mettre la main à la poche" pour faire revenir certains clients, affirmait-il alors.

Selon un barème établi par l'institut spécialisé en marques Psychonomics, en terme d'image, Lidl stagne à l'avant-dernière place d'un panel de 16 enseignes de distribution alimentaire.

Avant que le scandale n'éclate, il était numéro deux, derrière Aldi. Mais pour Frank Horst, expert à l'Institut du commerce de détail EHI, "les répercussions économiques ne dureront pas car, même s'il est le plus touché, Lidl n'est plus la seule entreprise mise en cause".

Marie de Verges (Berlin, Correspondance)
Article paru dans l'édition du 03.05.08.

Aucun commentaire: