samedi, 31 mai 2008

Chez lui en Valais, Aldi se lance maintenant à la conquête de Vaud et de Fribourg

Chez lui en Valais, Aldi se lance maintenant à la conquête de Vaud et de Fribourg
DISTRIBUTION. Le casseur de prix allemand vient d'obtenir un permis de construire à Orbe. Après Sion au début du mois, la chaîne s'étend dans l'ensemble de la Suisse romande. Prochaine étape: les centres-villes, dont Genève.
François PiletMardi 27 mai 2008
Après cinq mois de palabres, la dernière opposition qui freinait l'implantation du détaillant Aldi sur la commune d'Orbe devrait être levée aujourd'hui mardi. La commune voisine de Chavornay s'était d'abord opposée au projet, craignant l'afflux d'un millier de véhicules par jour. Un accord a finalement été trouvé, a confirmé hier le syndic d'Orbe, Claude Recordon. Avec l'ouverture de la 66e enseigne Aldi de Suisse, à Sion au début du mois, le «discounter» allemand est entré dans une nouvelle phase de son développement et vise désormais activement le marché romand. La chaîne devrait passer le cap des 100 enseignes en Suisse cette année. Vaud et Fribourg vont suivre Le casseur de prix a ouvert cinq surfaces en Valais depuis l'été 2007 - avec une 6e prévue bientôt à Martigny - et n'exclut pas de s'étendre aux «vallées latérales» si l'occasion se présente. Mais c'est pour l'instant sur le marché vaudois que le discounter fourbit ses armes. Bussigny devrait ouvrir fin juin tandis que Morges et Orbe devraient suivre au début de l'année 2009. Un chantier à Vich reste bloqué par des oppositions. Plusieurs projets sont également en cours dans le canton de Fribourg, qui compte déjà une enseigne dans le chef-lieu gruérien, à Bulle. Aldi au centre-ville La région genevoise est encore la grande absente dans les plans d'expansion affichés par le distributeur, ce qui «ne devrait pas durer malgré la rareté du mètre carré», affirme le porte-parole romand René Rohner. Si la chaîne a privilégié jusqu'ici des lieux d'implantation en périphérie des zones urbaines, une deuxième étape de son développement devrait passer par une présence plus marquée dans des centres commerciaux proches des centres-villes. Ce sera notamment le cas à Fribourg où la chaîne s'installera cet automne dans une nouvelle galerie commerciale. En Suisse alémanique, Aldi a déjà ouvert trois surfaces proches des centres de Berne, de Zurich et de Saint-Gall. Aldi qui rit, Lidl qui pleure Ces nouvelles enseignes nécessiteront également la construction de trois centres logistiques, en plus de celui déjà en usage à Embrach (ZH), qui devraient voir le jour à cet automne à Domdidier (FR), puis à Saint-Gall et à Lucerne. La construction d'un cinquième centre pourrait être ensuite lancée au Tessin. Après six mois d'activité, le premier magasin romand de la chaîne ouvert à Collombey réaliserait aujourd'hui de «très bons résultats», à en croire René Rohner. Selon le quotidien 24 heures, son arrivée aurait même contribué à faire progresser le chiffre d'affaires de la Coop voisine. Aldi ne communique pas le chiffre d'affaire réalisé en Suisse. La chaîne est un des plus grands distributeurs au monde, avec des ventes de 48 milliards de francs; plus que Migros et Coop réunies. L'autre grand discounter allemand, Lidl, se fait toujours attendre en Suisse romande. Le groupe a obtenu des permis de construire dans le canton de Fribourg, à Guins et à Morat, juste en face d'Aldi, mais a renoncé pour l'instant à lancer les travaux. Ces reports seraient dûs à un barrage d'oppositions qui empêchent encore la construction d'un centre logistique à Sévaz (FR).



Nous sommes tous des discounters allemands
Commentaire.
François Pilet Le citoyen consommateur ferait mieux de réfléchir à deux fois au moment de signer une opposition à la construction d'un supermarché Aldi dans la commune voisine. Car le discounter allemand attire certes les voitures dans le rond-point communal, mais contribue à éloigner une autre nuisance, plus maligne: l'inflation. A la direction du duopole Coop/Migros, on s'accorde en effet par avance sur l'augmentation des prix: en 2008, leurs clients verront la note augmenter de près de 2%. Les patrons de Coop et de Migros ont beau jeu de répéter que la «concurrence est déjà dure» avant même l'arrivée en Suisse d'un deuxième casseur de prix, Lidl. Aldi, qui devrait ouvrir cette année sa 100e enseigne, est pour l'instant le seul à tenter de tenir en respect les deux mammouths. Et parfois, ça marche! Un secrétaire d'Etat français en a lu la preuve dans son panier de courses, à Strasbourg et à Kehl. En Allemagne, où les distributeurs sont tenus en joue par des discounters, le ticket était 14% moins cher qu'en France.

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