mercredi, 12 mars 2008

Polémique : Pékin Express : M6 cernée par les soupçons de tricherie, actualité Médias 2.0 : Le Point

Polémique : Pékin Express : M6 cernée par les soupçons de tricherie, actualité Médias 2.0 : Le Point


Une semaine après les révélations du Canard enchaîné , les soupçons de tricherie sur la course Pékin Express pèsent de plus en plus lourd. Alors que les candidats sont censés traverser l’Amérique latine avec seulement un euro en poche par jour, Philippe Bartherotte, l’un des journalistes de l’émission, accuse la production d’aider tel ou tel candidat en payant, à l’occasion, des voitures, facilitant ainsi les victoires d’étape ou évitant les éliminations.

Bartherotte s’accuse lui-même de tricherie !

L’affaire a connu un nouveau rebondissement samedi, sur France 5, dans l’émission Revu et Corrigé de Paul Amar : le journaliste Philippe Bartherotte, à l’origine des fuites dans le Canard enchaîné, confesse avoir payé lui-même une voiture aux candidates Aurélie et Pauline lors de la sixième étape en Bolivie. Une étape que les deux soeurs ont terminée à la deuxième place.

La révélation a assommé les deux candidates, qui avaient été envoyées par M6 sur le plateau de Paul Amar pour défendre la probité de l’épreuve. Pas déçues du voyage, les deux soeurs à la blonde chevelure... Philippe Bartherotte s’est excusé auprès d’elles.

Des consignes éditoriales au ton méprisant

Le Canard enchaîné a également publié des "consignes éditoriales" rédigées par la production du jeu. Ces consignes laissent clairement entendre que le tournage est "orienté" en faveur des uns contre les autres. Ces notes internes sont rédigées chaque jour par Cendrine Gentil, la rédactrice en chef. Ainsi, à propos d’un couple de candidats en passe de remporter l’épreuve, Cendrine Gentil écrit à l’attention des journalistes suiveurs : "Attention à Terence et Olivia ! Ce petit couple aux faux airs angéliques se révèle être des vipères depuis deux étapes, un véritable poison (...) Le plus emmerdant est qu’ils protègent leur image (...) Ils sont puants, fourbes, manipulateurs et menteurs (...) Faites en sorte de ne pas les laisser s’en sortir comme ça !" Et plus loin : "Tout ce qui montre leur état d’esprit d’égoïsme, de faiblesse, de nullité d’esprit, surtout, vous les tournez. (...) Ne coupez pas la caméra par pudeur."

"Nous désapprouvons le ton méprisant de cette note interne, explique la direction de la communication de M6. Mais il ne s’agit que de simples indications de tournage. En réalité, les choses ne se passent jamais comme prévu. Ces consignes ne sont qu’une façon d’aider les journalistes." M6 explique que les débordements de Cendrine Gentil sont dus aux difficiles conditions de tournage de l’épreuve.

M6 contre-attaque

M6 a porté plainte pour diffamation à la fois contre Philippe Bartherotte et Christophe Gallot, le chef de projet de l’émission, qui a également quitté celle-ci, écoeuré par les pratiques constatées. Contacté par Le Point jeudi 6 mars, Christophe Gallot n’a pas donné signe de vie depuis. Pendant ce temps, M6 contre-attaque en évoquant le comportement douteux de Philippe Bartherotte : "Il a eu un coup de coeur pour une interprète, laquelle a quitté Pékin Express . Il a souhaité quitter la course à son tour tout en étant payé jusqu’au bout. Nous avons refusé. Et maintenant, il se venge."

Bartherotte réclame l’intégralité de son salaire

Interrogé par Le Point , Philippe Bartherotte fait tinter un autre son de cloche : "Ma vie privée ne regarde que moi. J’ai quitté Pékin Express à Uyuni, non pas pour des raisons sentimentales, mais bien parce que je ne voulais pas être mêlé davantage à ce qui risque d’être une escroquerie. Il y a tout de même 100 000 euros à gagner. M6 joue avec la vie des candidats sur des routes dangereuses. C’est moralement inacceptable." Il reconnaît avoir réclamé le paiement de son salaire en intégralité à Philippe Stolz, le producteur exécutif de Pékin Express , après lui avoir expliqué les motifs de son départ. "Je considère que mon employeur s’est mis en faute en ne respectant pas la probité de l’épreuve. Dans ces conditions, M6 me doit donc l’intégralité de mon salaire." Philippe Bartherotte était payé 200 euros par jour. Il a quitté l’épreuve quinze jours avant la fin.

Philippe Stolz pouvait-il désavouer Cendrine Gentil dont il partage la vie ? M6 peut-elle désavouer Philippe Stolz alors que Pékin Express est toujours à l’antenne et coûte des millions à produire ?

Des relations humaines heurtées

Tout indique que les relations humaines sur le tournage de Pékin Express ont donné lieu à de violents affrontements. Loin de Paris, la vie sentimentale de l’équipe de tournage n’a pas arrangé les choses entre les journalistes et la production.

Contactée par Le Point , Bibiane Godefroid, directrice des programmes de M6, maintient sa confiance dans ses équipes de production : "À ce jour, je n’ai aucune preuve tangible de tricherie. Les accusations de Philippe Bartherotte sont infondées et relèvent de la vengeance. Certes, la manière dont les consignes éditoriales sont rédigées n’est pas une nécessité. Ces consignes sont aussi une façon d’éviter que les journalistes suiveurs ne soient atteints du syndrome de Stockholm et ne veuillent aider les candidats qu’ils filment."

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