dimanche, 10 février 2008

Buzz : Sacré Facebook ! - High-Tech

Buzz : Sacré Facebook ! - High-Tech

Sacré Facebook !


J'ai testé pour vous - Le site de socialisation sur le Net connaît un succès croissant. On s'inscrit, on y passe des heures. On découvre, on s'amuse. Et puis on se lasse. Jusqu'au jour où.


L'autre fois, j'étais au téléphone avec ma vieille copine Catherine. Elle est très sympa, mais très bavarde. Catherine qui me raconte ses dernières frasques ; Catherine qui me détaille toutes les fonctions de sa nouvelle Punto, Catherine qui me détaille pourquoi à la page 482, elle n'a plus aimé les Bienveillantes. Catherine, elle a toujours un avis sur tout. Et, son forfait illimité aidant, elle n'a aucun scrupule à le faire partager à tout le monde. Relancée par le moindre "oui", "oui" poli marmonné tous les quarts d'heures en réponse à ses "tu m'écoutes là ?" Ses monologues sont toujours très instructifs mais les jours où on a la crève, c'est mortel.

Justement, ce jour là, parce que j'aurais préféré avaler un Smecta sans une goutte d'eau plutôt que de l'écouter me raconter pour la énième fois ce qu'aurait changé une femme à la tête de la France, j'ai voulu faire diversion. Et j'ai lâché le mot "Facebook". "Fesses de quoi", a-t-elle répété. Et puis là, le silence. Scotchée par cet incroyable blanc, j'ai réalisé que tout le monde ne connaissait pas Facebook. Et revigorée par cette autoroute de minutes qui s'ouvrait à moi, je lui ai expliqué.

Etre pote avec Valérie Pécresse, c'est possible

Facebook, c'est un peu "the place to be" sur le Net en ce moment. Facebook, c'est un site communautaire, qui rassemble près de 50 millions d'utilisateurs. Créé il y a trois ans par un étudiant américain, Facebook veut dire littéralement Trombinoscope. On s'y inscrit en trois clics : une adresse mail, un nom, une photo pour ceux qui jouent le jeu. Et hop, vous voilà avec une page personnelle, appelée "profile", visible ou pas, par les autres. Comprendre vos amis mais aussi tous les autres membres de la planète. Libre à vous de montrer ce que vous voulez bien dévoiler. Aïe, oui, dit comme ça, ça peut faire peur. Oui, mais au début, c'est très excitant, et surtout très prenant, malgré toutes les réticences qu'on a pu avoir lors de notre inscription juste après avoir cédé, tanné par moult sollicitations. "Ah...", a murmuré Catherine, qui n'avait pipé mot, trois minutes durant. Alors, pas peu fière, j'ai continué.

Facebook, c'est tout un univers virtuel. Rapidement, on devient fana, accro, frapadingue. Les deux premières semaines, on se rend chaque jour sur le site, quoi qu'il arrive. Et on y reste connecté un peu, beaucoup. Souvent trop longtemps. Au début, ce sont les "Friends" qui vous accaparent. (Parenthèse : je n'essaye pas de donner à ce papier une vague tournure "Jeuns'" digne des séries américaines. Non, sur Facebook, plein de termes sont en anglais). Ils vous trouvent, vous les trouvez. Dieu, que c'est beau l'amitié. Et vous voilà avec un beau patchwork de photos de vos amis.

Les soirées raclette

Parce que vous trouvez que la curiosité est décidément un bien joli défaut, vous allez sur leur page : voir leurs propres amis, leurs photos, presque leur vie quoi. Vous pouvez même devenir "Friend" avec des politiques. Si, si, des vrais. Bertrand Delanoë ou Valérie Pécresse ont leur page, par exemple. La classe. Vos amis s'additionnent rapidement. Et un jour, vous réalisez que votre petite cousine cumule à, 21 ans, 458 "Friends"... là où vous stagnez à 23, à presque 29 ans, en ayant rajouté toutes vos connaissances... La vache... Elle de m'expliquer qu'elle accepte tout le monde. Mieux, elle a retrouvé Nicolas, son camarade de CE1, qui lui offrait des Malabars à la récré mais qui aujourd'hui, visiblement, présente d'autres atouts. On ne veut pas en savoir plus.

Facebook, c'est parfois gênant. Car on accède à plein de données sur ses connaissances. Photos de la dernière soirée raclette, opinion politique, marié ou pas... Parfois, on aurait aimé ne pas savoir. Les publicitaires, eux, sont ravis. Mais, ça c'est une autre histoire.

Pour ou contre le slim ?

Sur Facebook, il y a tout plein d'activités toutes aussi inutiles les unes que les autres. Et allez comprendre, au début, on s'y adonne à cœur joie. Quizz sur tout et n'importe quoi, envoi de cadeaux, adhésion à des groupes allant de "pour l'interdiction du slim pour hommes" à "Pour les Sms qu'on envoie bourrés et dont on a honte"... (Une autre parenthèse pour mon collègue Raphaël : désolée, j'ai pas adhéré car je n'envoie jamais de sms quand je suis pompette, d'ailleurs je ne le suis jamais), applications qui ne servent pas à grand-chose telle celle de l'installation d'un sapin de Noël. Ma préférée ? La Magic ball, sorte de madame Irma gratuite, qui répond en deux temps trois mouvements quand elle ne bugue pas, à toutes les questions que vous vous posez. Au hasard : votre chef, qui est vraiment génial, va-t-il vous augmenter cette année ?

Malgré tous ces petits joujous, un jour, on réalise qu'à force de voir virtuellement ses friends, on n'a plus l'occasion de se taper la bise ou partager une pinte de bière pour de vrai. Ça manque. Ils nous manquent. Même quand ils font des monologues comme Catherine. Mais une certitude, quand elle sera inscrite, on y retournera.

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