lundi, 4 février 2008

Bulle dit «nein» à un second Aldi

Bulle dit «nein» à un second Aldi
Commerce • Le casseur de prix veut un second magasin, au sud du chef-lieu gruérien. Mais la commune en a assez des boîtes à chaussures. Elle met les pieds au mur.
Patrick Vallélian, Thierry Jacolet
Bulle dit «nein» à Aldi. Après avoir accueilli à bras ouverts le casseur de prix allemand il y a quelques années, le chef-lieu gruérien lui ferme la porte alors que le distributeur projette de bâtir un second magasin derrière la station-service Coop, près de l'accrochage sud de la H189, à la sortie de La Tour-de-Trême.
La raison? La commune en a assez de voir pousser des «boîtes à chaussures» sur son territoire. Des «boîtes à chaussures»? C'est ainsi qu'Yves Grandjean, conseiller communal en charge de l'aménagement et environnement, désigne les stations-service avec shop et le magasin comme celui que construit actuellement Aldi à l'entrée nord de Bulle.
Densification des axes
«Certains terrains sont mal utilisés, c'est ce qu'on veut combattre», glisse-t-il. En clair: il faut arrêter de gaspiller du terrain, comme l'explique Raoul Girard, conseiller communal en charge des finances et de l'économie: «Nous voulons arrêter le mitage de notre territoire.» D'autant que la ville de Bulle s'inquiète de voir ses terrains constructibles fondre comme neige au soleil avec le boom de l'immobilier qu'elle vit actuellement.
La commune veut ainsi rendre obligatoire la densification des grands axes de la ville pour calmer le jeu. Elle planche sur le sujet depuis une année. Son levier d'action? La modification du règlement et du Plan d'affectation des zones dans le cadre de l'harmonisation des Plans d'aménagements locaux (PAL) de Bulle et La Tour-de-Trême. «On est obligé de trouver un moyen pour mieux urbaniser la ville», avise Yves Grandjean. «Le préfet peut aussi prévoir un moratoire jusqu'à la mise en vigueur du règlement.» Et c'est justement dans le cadre de ce changement de politique d'aménagement qu'Aldi est visé puisque le hard-discounter germanique est très gourmand en terrain, lui qui construit des centaines de places de parking à ciel ouvert autour de ses surfaces de vente.
«Bulle ne veut plus de monoculture de commerces», observe Jean Hohl, ingénieur de ville du chef-lieu gruérien. «Il faut qu'il y ait plusieurs activités différentes dans un bâtiment.» La commune pourrait imposer un taux d'utilisation du sol. «Au maximum 50% du bâtiment construit ne pourrait être dévolu à une seule activité», appuie Yves Grandjean.
Générateur de trafic
Autre pavé dans la mare d'Aldi qui la joue cavalier seul généralement. Une construction du type Aldi ne cadre pas avec le projet d'agglomération de Bulle qui vise la densification. Et un tel commerce est générateur de trafic, alors que la ville s'est engagée à le diminuer...
En revanche, Jean Hohl insiste: «Nous n'agissons pas contre Aldi. S'il s'installe au rez d'un bâtiment et qu'il y ait par exemple des activités administratives au-dessus, ça pourrait aller.» Et quelle est la réponse d'Aldi? Nein...

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