lundi, 26 février 2007

J'ai installé Windows Vista pour vous...

J'ai installé Windows Vista pour vous...


TEST. Le successeur de XP est une réussite. Mais pour en profiter, il faut d'abord l'installer. Accrochez-vous à la souris, car le nouveau système d'exploitation de Microsoft demande de la patience.



Philippe Desaille
Lundi 26 février 2007



Dans la vie, il faut prendre des risques. Aujourd'hui, c'est décidé, je me lance: j'installe Windows Vista. Ça ne doit pas être bien compliqué! Et puis Bill Gates a expliqué que c'était beaucoup mieux que Windows XP, que ça allait permettre de faire plein de nouvelles choses, plus facilement et avec plus de sécurité.

Allez, il est 21 h 30, on y va. D'abord, sortir le logiciel de son emballage. Ouille! Ils ont voulu faire original, mais ils n'ont pas pensé à faire simple! Des étiquettes à déchirer, un cellophane à enlever et puis surtout un système d'ouverture... ingénieux, mais peu habituel. En retournant la boîte, je trouve, en petits caractères, une très longue URL (adresse de site internet) où il m'est conseillé de télécharger un petit logiciel, un «conseiller». Il est censé m'aider «à déterminer quelles fonctionnalités et éditions de Windows Vista peuvent être exécutées sur mon PC». Comment ça? Mais je veux toutes les fonctionnalités, moi!

Téléchargement puis exécution du logiciel. Deux à trois minutes se passent et le verdict tombe: Windows Vista peut être installé sur cette machine. Chouette! En voilà une bonne nouvelle.

Ce qui l'est moins, c'est que «avant la mise à niveau vers Windows Vista, vous devez résoudre certains problèmes liés aux programmes sur cet ordinateur». Un moment de panique... rapidement apaisé: ce sont essentiellement des détails et le «conseiller» me fournit des liens pour procéder aux mises à jour proposées par les éditeurs.

Mais il y a plus grave. Le «conseiller» me demande de désinstaller mon logiciel de sécurité (antivirus, pare-feu...) et me prévient qu'après être passé à Windows Vista, je ne pourrai plus le réinstaller en raison de problèmes de compatibilité. Mouais! Cela serait-il une incitation à peine déguisée à acquérir le nouveau logiciel conçu par Microsoft pour protéger les PC? On verra après. Je désinstalle mon programme de sécurité, je redémarre l'ordinateur et je lance la procédure d'installation. Il est 22 h.

Cela débute par la recherche de mises à jour d'installation. Puis, on est invité, très poliment, ma foi, à encoder la «clé de produit», un code unique de cinq blocs de cinq caractères qui sert de protection anticopie. On encode, on vérifie, on clique sur «suivant»... et on attend. La flèche a pris la forme d'un petit sablier, mais c'est comme si le temps s'était arrêté: il ne se passe plus rien. Après trois ou quatre minutes, on me demande d'accepter le contrat qui s'affiche. C'est très long, ça a l'air très sérieux et on n'a pas le choix: il faut cocher la petite case pour pouvoir continuer.

Après avoir indiqué souhaiter une mise à niveau et non une installation personnalisée, l'ordinateur «évalue la compatibilité». Pour ce faire, il affiche une barre qui se remplit puis se vide un nombre impressionnant de fois. Cela dure plusieurs minutes. Et dire qu'on est à peine à la moitié de la procédure de «collecte d'informations»!

Ouf, c'est fini. Cette fois, on entre dans le vif du sujet avec l'installation proprement dite. Un message avertit que «la mise à niveau peut durer plusieurs heures». Il est 22h45. Je laisse la machine tourner toute seule et je vais dormir.

Le lendemain matin, 6h30. Je rallume l'écran où s'affiche une question: «Cet ordinateur est-il à la maison ou au bureau?» Petit indiscret, va! Je suis gentil, je réponds. Pour me remercier, l'ordinateur me demande maintenant de «patienter pendant le test des performances». Histoire de m'occuper l'esprit, des petites phrases vantant les qualités de Vista s'affichent à l'écran.

A 6h40, c'est terminé. Windows Vista est installé. Chouette! C'est à ce moment-là qu'apparaît un message d'erreur: «Le point d'entrée de la procédure GetFileVersionInfoA est introuvable dans la bibliothèque de liens dynamiques VERSION. dll». Oui, et alors? Je fais quoi? L'ordinateur semble aussi perplexe que moi. C'est grave, Docteur? Quelque chose me dit qu'il sera utile de porter mon PC à un technicien avant d'envisager la suite des opérations: installer le nouveau Microsoft Office...








Bill Gates satisfait des ventes
Le Temps
Bill Gates considère que la réaction des consommateurs pour Windows Vista, le nouveau système d'exploitation de Microsoft, est excellente depuis son lancement officiel le 30 janvier dernier. Le président de Microsoft a fait cette déclaration lors d'une conférence de presse à Ottawa où il a annoncé que sa fondation caritative allait contribuer à une initiative du gouvernement fédéral de Stephen Harper pour lutter contre le sida.

«Les détaillants de PC ont vu leurs ventes augmenter. Les consommateurs sont venus et ont acheté Vista», a déclaré Bill Gates lors de la conférence de presse. «Les commentaires sont fantastiques jusqu'à présent, a-t-il continué. Vista représente une importante avancée pour la plate-forme Windows. Les commentaires sur la fiabilité de Vista sont plus positifs que ce que nous avions imaginé», a poursuivi le président de Microsoft.

vendredi, 23 février 2007

En stagnation, Sunrise semble se préparer à une vente prochaine

En stagnation, Sunrise semble se préparer à une vente prochaine


TELECOMS. Les liens avec le propriétaire danois TDC sont de plus en plus distendus. Pourcroître, l'opérateur attend avec impatience l'ouverture du dernier kilomètre de Swisscom.


Anouch Seydtaghia, Zurich
Vendredi 23 février 2007

Les indices se multiplient. Dernier en date jeudi matin, lors de la présentation des résultats 2006 de Sunrise. «Nous sommes en train de changer notre raison sociale de TDC Switzerland à Sunrise, elle sera ainsi la même que notre marque», a expliqué Christoph Brand, directeur de Sunrise depuis le 1er novembre 2006. Et pour le groupe danois TDC, propriétaire de Sunrise, «l'opérateur suisse n'est qu'un investissement purement financier», avait affirmé l'automne dernier Jens Alder, alors promu directeur de TDC. Les liens entre l'opérateur danois et sa filiale helvétique se distendent, surtout depuis le rachat, en novembre 2005, de TDC par des sociétés d'investissement. «No comment» sur ce sujet de la part de Sunrise qui commence par ailleurs une restructuration interne.» Nous entamons le scan de toute l'entreprise pour offrir de meilleurs services à nos clients, mais aussi pour être plus efficaces et plus rentables, afin de compenser les effets de la guerre des prix», a expliqué Christoph Brand.

Sans compter la rétrocession exceptionnelle de 197 millions de francs de la part de Swisscom (SCMN.VX) pour des taxes d'interconnexion, le bénéfice net progresse de 2,4% à 213 millions de francs. En recul de 2,1% à 1,95 milliard, le chiffre d'affaires risque de ne pas passer le cap des 2 milliards avant un moment.» Même si notre division Mobile progresse, la pression est très forte sur les tarifs, a expliqué Christoph Brand. Le marché est saturé, et nous sommes contraints de subventionner toujours fortement les téléphones.» Sans parler des taxes de terminaison mobile, sous forte pression avec la récente condamnation de Swisscom par la Commission de la concurrence. «Nous nous préparons à la poursuite de la baisse de ces taxes, mais nous devrons conserver des tarifs plus élevés que Swisscom, qui a pu commencer à amortir son réseau plus tôt», a insisté Christoph Brand.

Pour Sunrise, le problème est que les perspectives à court terme ne sont guère plus réjouissantes sur le réseau fixe. Tant que le dernier kilomètre de Swisscom ne sera pas ouvert à la concurrence (ou «dégroupé»), la marge de manœuvre de Sunrise demeurera très faible. «Nous attendons avec impatience l'ordonnance d'application pour le 1er avril, puis les négociations vont commencer avec Swisscom, a poursuivi Christoph Brand. Nous pensons proposer ainsi de nouveaux produits cette année encore. 20% des lignes fixes ont été dégroupées en Europe, et aucune encore en Suisse.» Quels nouveaux services proposera Sunrise? Son directeur ne voudra pas en dire plus, mais précisera que «la télévision via Internet n'est pas une priorité». Par contre, il semble assuré que Sunrise va d'abord se battre sur le terrain de l'Internet à haut débit et vendre ses propres offres, pour lesquelles ses marges seront nettement plus élevées que celles, très faibles, de l'ADSL actuel.

lundi, 19 février 2007

Pour l’heure, Swisscom ne se sent pas menacé par ses concurrents

Lundi 19 février 2007 Imprimer cet article
L’entretien du lundi -
«Pour l’heure, Swisscom ne se sent pas menacé par ses concurrents»
Le CEO de l’opérateur helvétique, Carsten Schloter, table sur le multimédia pour compenser l’érosion des revenus dans son cœur de métier.
PROPOS RECUEILLIS PAR Levi-Sergio Mutemba À Worbla

Depuis août 2006, les télécoms se sont nettement redressées. Les investisseurs ont en effet profité des faibles valorisations des titres, qui ont baissé de manière significative en 2005. Qu’en est-il de Swisscom, qui a réfuté vendredi la sanction de 333 millions de francs infligée à sa division Mobile par la Commission de la concurrence (Comco)? «Je crains que le segment mobile du géant bleu ne puisse sortir indemne de la concurrence du français Orange et du danois TDC», estime James Rivett, analyste auprès de Citigroup. «A terme, l’opérateur helvétique continuera d’afficher une baisse de ses revenus dans son cœur de métier, sans que la télévision par internet ne lui permette de compenser cette érosion.» Pourtant, Carsten Schloter, CEO du groupe basé à Worblaufen, se montre serein: «Pour 2007, nous tablons sur un résultat avant intérêts, impôts et amortissements (EBITDA) de 3,9 milliards de francs», soit près de 200 millions de plus que les anticipations de la banque d’affaires américaine. A elle seule, la division Mobile devrait dégager un EBITDA de 1,8 milliard. Explications.

Nombre d’investisseurs estiment que Swisscom (SCM) est trop grand pour le marché suisse et trop petit pour l’étranger. Est-ce le cas?

Cartsen Schloter: C’est faux. A l’heure actuelle, aucun opérateur international n’est parvenu, de par sa diversification régionale, à obtenir des avantages compétitifs. Ni France Telecom, ni Deutsche Telekom, pas plus que l’espagnol Telefónica, pour ne citer qu’eux, n’ont pu multiplier leur offre de produits pour profiter de rendements d’échelle significatifs. Vous ne vous sentez donc pas menacés?

Pour l’heure, SCM n’a pas de soucis vis-à-vis de ses concurrents. Orange (Suisse), qui appartient à un mastodonte du secteur, n’a pas de réel avantage compétitif sur notre groupe. Certes, dans le segment du transport des données et de la voix, qui est notre cœur de métier, la pression sur les marges est forte. Ceci dit, nous n’avons pas cédé de parts de marché dans ce domaine. De plus, nos nouvelles activités, à savoir l’informatique et le multimédia, ont partiellement compensé l’érosion des prix des télécommunications. Enfin, le segment multimédia en Suisse représente une manne d’un milliard de francs en termes de chiffres d’affaires. SCM pense pouvoir s’approprier des parts de marché significatives dans ce domaine.

Toutefois, comment parviendrez-vous à réaliser des gains significatifs à partir des canaux numériques, qui présentent généralement des tarifs extrêmement bas pour le consommateur?

Ce sont des marchés qui ont des caractéristiques similaires aux télécoms traditionnels en termes d’investissements. Dans un premier temps, ceux-ci peuvent être considérables. En revanche, l’ampleur des coûts variables est assez limitée, et ce segment génère en outre des revenus récurrents. Il est vrai qu’il y aura toujours la possibilité de télécharger des vidéos gratuitement. Reste que ces modèles gratuits sont financés par des revenus publicitaires, imposant au consommateur des offres promotionnelles dont il se passerait bien. Enfin, on est en droit de se demander quelle peut être la motivation des artistes à créer, face aux téléchargements d’œuvres non payantes. En revanche, dans le cas des services payants, l’utilisateur paie deux ou trois francs pour des films de qualité visuelle supérieure.

Swisscom a communiqué des chiffres de ventes robustes de la Bluewin TV, peu après son lancement. Mais dans quelle mesure ces nouveaux acheteurs représentent-t-ils de simples curieux ou des passionnés de nouvelles technologies, soit des cibles ne reflétant pas nécessairement le public de masse?

Dans les premiers jours, nous avons littéralement été assommés par les commandes, celles-ci allant parfois jusqu’à plus de 1000 par jour. Aujourd’hui, le rythme journalier est tel que je peux dire que nous devrions aisément dépasser nos objectifs initiaux de la Bluewin TV, pour franchir le cap des 100 millions de chiffre d’affaires en moins de deux ans.

A part le multimédia, quels sont les autres relais de croissance?

Regardez l’évolution technologique de nos réseaux de télécommunications. Plus la capacité des réseaux croît, plus leur usage augmente de manière significative, tant du côté des utilisateurs résidentiels que des entreprises. Le fait que ces dernières soient de plus en plus dépendantes des réseaux les conduit à afficher des besoins de sécurité plus importants. D’où le déploiement d’offres de services sécuritaires associés. De même pour l’utilisateur résidentiel: il est clair que la télévision sur Internet va connaître un boom. Que faire? Laisser ce créneau à Apple ou à d’autres acteurs, ou nous lancer nous aussi dans l’aventure? Notre choix est clair et consiste à nous investir davantage et de manière agressive sur ce marché.

Concernant l’ingérence de l’Etat, votre principal actionnaire, dans la marche des affaires de SCM, ne pensez-vous pas que sa réticence à voir Swisscom acquérir d’autres sociétés étrangères est incompatible avec vos objectifs de croissance?

Il se peut que son souci soit attisé par le cas de Cablecom, qui se trouve en mains étrangères. Je n’ai, pour ma part, aucun jugement de valeur sur la stratégie du premier câblo-opérateur helvétique. Ce que je peux dire, et je le répète, c’est que, pour l’heure, aucun concurrent étranger n’est en mesure de nous apporter un réel avantage compétitif. Ma position n’est toutefois pas politique, mais strictement déterminée par le souci d’apporter de la valeur à nos actionnaires. En revanche, si, à l’avenir, la configuration du marché devait changer de manière radicale, nous agirions en toute liberté dans l’intérêt général de l’entreprise.

Comment entendez-vous gérer la maintenance de vos installations, une fois la libéralisation du dernier kilomètre effective? Nous dotons actuellement les centraux téléphoniques de dispositifs de sécurité aux endroits où l’on s’attend à des demandes de dégroupage (opération technique permettant l’ouverture du réseau téléphonique local à la concurrence). Des points sont en effet sensibles, dans la mesure où nous gérons certains équipements de l’armée. Nous prévoyons de mettre en place un système de compartimentage permettant l’accès et garantissant la sécurité de tous aux endroits critiques.

J’ajoute que pour SCM le point le plus critique de la nouvelle loi réside dans la reconnaissance par le Parlement des investissements de notre groupe dans les nouvelles technologies. Je me félicite du fait que celles-ci seront exemptes de dégroupage. Une entreprise investit en effet pour se différencier de ses concurrents, en l’occurrence les câblo-opérateurs.

Comment se déroule ce dégroupage à l’étranger, pouvez-vous nous citer des exemples?

En Italie, il n’existe pas de câblo-opérateurs. Il est donc normal pour Telecom Italia, qui est un monopole, que ce dernier accepte des règles de dégroupage allant beaucoup plus loin qu’en Suisse. En Allemagne, en revanche, où il existe des câblo-opérateurs, le dégroupage est similaire au cas helvétique. A la nuance près que, lorsque Deutsche Telekom s’est séparé de son réseau câblé il y a quelques années, celui-ci n’était pas équipé pour les télécommunications. Or, Swisscom, qui détenait une participation minoritaire dans Cablecom, a également dû s’en séparer, alors que le réseau du câblo-opérateur était suffisamment équipé pour offrir des services de télécommunication.

«Peu d’opérateurs peuvent prétendre afficher un rendement moyen du titre de 8%»

Aujourd’hui, quelle valeur ajoutée l’action SCM offre-t-elle à ses actionnaires?

Le titre affiche un taux de rendement élevé. Depuis son introduction en Bourse en 1998, le groupe a reversé 19 milliards de francs à ses actionnaires. Soit pratiquement trois quarts de sa capitalisation boursière actuelle. Peu de concurrents peuvent prétendre à de telles performances, à savoir un taux de rendement moyen de 8%. De plus, il y a le rachat de la participation de Vodafone dans Swisscom Mobile. La logique étant que, au lieu de payer 280 millions de francs en dividendes au groupe britannique en retour d’avantages concurrentiels, nous avons pu augmenter le bénéfice par action. En prenant en compte un coût financier de l’ordre de 100 millions lié à cette opération, cela représente une augmentation du cash-flow libre estimé de 180 millions, ce qui n’est pas rien. Ce, tout en maintenant notre partenariat avec Vodafone. Cette alliance nous donne accès à des services concurrentiels dont nos clients continuent de jouir. A côté de cela, SCM a réduit ses coûts, notamment à travers des suppressions de postes

Voilà pour le passé, mais quid de l’avenir, d’autant que les suppressions d’emplois ne constituent pas à eux seuls une stratégie pérenne?

Vous avez raison de le souligner. C’est pourquoi nous créerons de nouvelles sources de revenus en développant des marchés de croissance, ainsi que je l’ai mentionné auparavant.

Qu’en est-il de l’implantation de Swisscom sur les marchés émergents?

Nombreux sont ceux qui pensent que l’Etat nous interdit de nous développer à l’étranger. Or, l’un des objectifs est précisément de se développer hors de nos frontières, y compris dans les régions émergentes. Ce que l’actionnaire principal du groupe ne souhaite pas, c’est que Swisscom rachète un autre Swisscom. Un point sur lequel on peut avoir une opinion différente. Mais, en l’occurrence, cette approche s’avère, pour l’heure, valide. A l’occasion de la publication de nos résultats, le 13 mars prochain, nous détaillerons cette stratégie en particulier. Vous verrez que nous avons investi dans les marchés émergents et dans des domaines à forte croissance.

Si les fusions/acquisitions ne constituent pas actuellement un vecteur central de croissance viable, est-ce que le partenariat est en mesure de se substituer aux opérations de M&A?

Le partenariat constitue un élément clé de notre croissance, comme l’illustre celui conclu avec le britannique BT dans le cadre de l’outsourcing de Credit Suisse (lire «L’Agefi» du 13 février). Il est impossible de satisfaire aux attentes des clients institutionnels présents à l’étranger sans nouer d’alliances stratégiques avec d’autres acteurs du secteur. Exemple: un service de télévision attractif ne se mesure pas seulement en nombre de chaînes, mais en fonction du contenu. Le partenariat avec Cinetrade nous a fortement aidés à développer une offre intéressante en termes de contenu.

Comment suivre une évolution technologique si rapide, sans pour autant s’emballer pour des produits et services inappropriés ou, au contraire, sans manquer le coche?

C’est un grand défi. La meilleure façon de se préparer à l’évolution du marché consiste à être présent sur deux fronts. Le premier concerne l’infrastructure. Pour notre part, il s’agit d’être proactif en étant constamment à la pointe de la technologie. Ce, quelle que soit la configuration du marché. Nous l’avons fait dans le domaine du mobile, nous le faisons actuellement dans le domaine du VDSL (Very high bit-rate DSL, l’ADSL à grande vitesse). Pourquoi? Afin de garantir à nos clients le réseau le plus performant. Cela requiert la volonté d’investir dans une perspective à long terme.

Le deuxième front est celui du marketing. Il y a quatre ans, si nous avions demandé à un client ce qu’il ferait avec l’Internet, il aurait dressé un tableau nettement plus triste qu’aujourd’hui. Ce qui signifie que nous devons constamment anticiper ce que le client lui-même n’envisage pas. Précisément: comment faites-vous pour prévoir ce que demandera le client et comment le différenciez-vous du client passionné ou féru de technologies?

Après le lancement d’une nouvelle application, disons une vidéothèque sur Internet, certains d’entre eux nous disent: «Enfin! J’attendais ça depuis 10 ans.» D’autres nous regardent d’un air douteux et lancent: «J’y crois pas.» Je l’admets: Swisscom a encore du travail à faire pour transformer la visite d’un client auprès de nos boutiques, ou celle de nos ingénieurs chez le client, en une expérience qui consiste à la transformer en un moment de découverte et d’information utile. C’est un potentiel que nous n’utilisons pas suffisamment, d’autant que Swisscom jouit d’une confiance historique liée à la qualité de ses produits. Mais nos techniciens ne sont pas fautifs, nous ne les avons tout simplement pas formés à cette approche. – (LSM)

samedi, 17 février 2007

Attention: nouvelle importante pour ceux qui écoutent la radio en DAB: Changement de fréquences DAB en Suisse Romande

Changement de fréquences DAB en Suisse Romande

Les 27 et 28 février, le réseau d’émetteurs DAB de Suisse Romande fera l’objet de divers travaux qui porteront sur la mise en service de nouveaux émetteurs DAB et se traduiront par un changement de canal.

A compter du 28 février: diffusion du bouquet DAB en Suisse Romande sur le canal 12A (et non plus sur le canal 12B).


A partir du 28 février, les personnes domiciliés en Suisse Romande qui écoutent déjà la radio en DAB (Digital Audio Broadcasting) ne capteront plus aucune chaîne sur le canal 12B. Voici ce qu’ils devront faire pour continuer d’écouter leurs stations en DAB:
->lancer une recherche automatique sur le récepteur DAB (« full scan » ou « auto scan »)
->en cas d’échec: faire un reset (les touches à activer sont certainement indiquées dans le manuel d’utilisation de l’appareil)

http://www.dab-digitalradio.ch/?lang=fr&c=stoer

http://www.2222.ch/dab.htm

Au fait... comment capter la télévision?

Au fait... comment capter la télévision?

• Les moyens de recevoir des chaînes de télévision se multiplient
• Le consommateur est d'autant plus perdu que les tarifs augmentent.
Petit guide pratique.

Anouch Seydtaghia
Samedi 17 février 2007

Comment regarder la télévision?

Voilà une question qui semble a priori plutôt absurde... Il suffit de brancher son téléviseur à la petite prise ronde du téléréseau, et le tour est joué, pardi! C'était vrai il y a quelques semaines encore. Mais depuis peu, la situation s'est compliquée. Est d'abord apparue l'offre de télévision de Swisscom, Bluewin TV, qui comprend une centaine de chaînes transmises via les fils du téléphone. Ensuite, la SSR a décidé il y a deux semaines d'accélérer le déploiement de la télévision numérique via ondes hertziennes. Et, alors que la réception de centaines de chaînes par satellite reste intéressante pour les téléphages, les services de télévision via Internet se multiplient...

Même les 78% des ménages suisses qui captent la télévision de façon traditionnelle via le téléréseau devront faire un choix: l'offre analogique va se réduire, puis disparaître, et il faudra choisir des bouquets numériques. Ou alors opter pour la télévision via les lignes téléphoniques, les ondes hertziennes, le satellite... Chaque technologie a ses avantages, il est bien sûr essentiel de cibler ses besoins.

Il était déjà compliqué de choisir son téléviseur, voilà qu'il est donc maintenant difficile de sélectionner son service d'accès à la télévision. Cette multiplication des offres s'accompagne d'une petite révolution, avec le passage de la technologie analogique vers le numérique. Avec à la clé plusieurs avantages. Le nombre de chaînes proposées va augmenter, puisqu'il est possible d'en faire transiter jusqu'à six fois plus. La qualité de l'image numérique est meilleure, on s'approche de celle d'un DVD. Le télétexte s'affiche plus rapidement. Enfin, dans certains cas, on peut regarder et enregistrer plusieurs chaînes en même temps, et consulter un guide des programmes.

Qui dit nouveaux services dit actuellement... augmentation du prix. Malgré la concurrence de ces nouvelles technologies, il devient de plus en plus cher de regarder la télévision. Par le téléréseau en tout cas: Cablecom incite ses clients à migrer vers ses bouquets numériques, qui sont disponibles dès environ 50 francs par mois.
A terme, pourtant, les prix devraient baisser, surtout grâce à la télévision hertzienne, dont la réception est gratuite. Enfin, il est de plus en plus difficile de comparer les offres, car les services TV sont désormais couplés à un accès à Internet et à un service de téléphonie. Voici quelques pistes pour y voir plus clair. Le site de la SSR «www.broadcast.ch» donne de nombreux renseignements, de même que le riche site www.2222.ch eacute; par un passionné de la question, Jean-Yves Delapierre.



Bluewin TV
L'offre inclut un enregistreur à disque dur.
Anouch Seydtaghia Depuis le 1er novembre 2006, Swisscom commercialise Bluewin TV, son service de télévision numérique via la ligne téléphonique. Il permet de se passer totalement du téléréseau. Bluewin TV se regarde sur son téléviseur habituel, et non pas sur un écran d'ordinateur. Le service comprend une centaine de chaînes, un guide des programmes très efficace, la location d'un enregistreur équipé d'un disque dur pouvant stocker 100 heures de programmes, des matches exclusifs de football et de hockey en direct et un service de vidéo à la demande (400 titres en français). Bluewin TV remplace donc tant le magnétoscope que, pour certains, les magazines TV. Actuellement, 75% des ménages peuvent bénéficier de Bluewin TV, et Swisscom améliore son réseau pour augmenter cette proportion. Fin décembre, Swisscom annonçait que 20000 ménages avaient acheté Bluewin TV, et la demande actuelle crée des délais d'attente de plusieurs semaines. Pour bénéficier de ce service, il faut disposer d'un raccordement téléphonique normal (25,25 francs par mois) et d'une liaison ADSL, elle aussi chez Swisscom (dès 9,90 francs par mois). La qualité de l'image est excellente, celle du son aussi, même si parfois de micros décalages surviennent entre les deux. L'on peut sans problème regarder la télévision, surfer sur Internet et téléphoner sans que les activités se perturbent entre elles. - Prix: 29. - francs par mois, plus 1,05 franc de taxes (sans compter le raccordement téléphonique et l'abonnement ADSL). Ajouter 95 francs de frais d'installation obligatoire. Chaque film loué pour 24 heures coûte entre 3,50 et 6,00 francs, chaque match 1,00 franc. Des bouquets de chaînes Canal+ et Teleclub payants sont disponibles. - Avantages: l'enregistreur, la simplicité d'utilisation, la vidéo à la demande, le guide des programmes. - Inconvénients: l'obligation d'être client en téléphonie et en ADSL chez Swisscom. Le site: www.tv.bluewin.ch



Le téléréseau
Les offres numériques sont plus chères.
Anouch Seydtaghia Auparavant, tout était simple: les câblo-opérateurs proposaient, pour 25 francs par mois, une quarantaine de chaînes en analogique. L'arrivée du numérique bouleverse tout. Prenons Cablecom, numéro un suisse. Il propose en Suisse romande une quarantaine de chaînes en analogique pour environ 25 francs par mois. Ce nombre est appelé à se réduire, et la société incite ses clients à passer au numérique: pour un supplément de 25 francs par mois (une forte baisse de prix est annoncée pour avril 2007), ils ont droit à une centaine de chaînes, et à un décodeur numérique. L'ensemble des petits câblo-opérateurs opte pour la même stratégie que Cablecom, mais certains sont plus généreux. Ainsi, Lausanne facture 23 francs pour l'offre analogique de base (environ 50 chaînes), et ajoute gratuitement une vingtaine de chaînes numériques. Pour en profiter, il faut acheter un décodeur TNT (eh oui, car la Ville de Lausanne capte les chaînes TNT via une antenne, puis les injecte dans son téléréseau), disponible dès 150 francs. De son côté, à Genève, le câblo-opérateur Naxoo propose 50 chaînes en numérique pour 12 francs par mois (hors abonnement téléréseau d'une vingtaine de francs), mais aussi pour 29 francs par mois la location d'un enregistreur à disque dur, et un guide des programmes. Cablecom offre de tels services pour un montant comparable. Les câblo-opérateurs vont bientôt proposer des offres combinées télévision+ Internet+ téléphonie à des prix attractifs, sans doute environ 30% moins chères que Swisscom. - Prix: une vingtaine de francs pour l'analogique, dès 40 francs en numérique, dès 50 francs en numérique avec un enregistreur. - Avantages: choix entre de nombreux bouquets payants, possibilité d'avoir télévision, Internet et téléphonie chez un même fournisseur. - Inconvénient: le coût des offres numériques. Les sites: www.cablecom.ch ou www.swisscable.ch



La télévision hertzienne
Une offre gratuite pour les téléspectateurs qui ne sont pas accros.
Anouch Seydtaghia Attention, piège! La télévision numérique terrestre (TNT) est bien une technologie de transmission via ondes hertziennes et pas, comme son nom pourrait le laisser croire, par câble. En Suisse romande, la SSR diffuse quatre chaînes (TSR1, TSR2, SF1 et TSI1), et achèvera le passage de l'analogique au numérique cet été. Pour en bénéficier, il faut acheter un décodeur, et si votre antenne «râteau» classique est trop vieille, une nouvelle mini-antenne. Les téléviseurs les plus récents contiennent déjà un décodeur TNT. Les téléspectateurs, notamment situés dans l'arc lémanique, qui captent aujourd'hui des chaînes en analogique hertzien, ne seront bientôt plus obligés de se contenter des quatre chaînes suisses. D'ici octobre 2007 (région de Bâle) et décembre 2007 (Ouest lémanique), les émetteurs français limitrophes passeront en TNT. Avantage pour certains Suisses: ils auront accès gratuitement, en plus des quatre chaînes suisses, à 18 chaînes en français (TF1, France 2 à 5, M6, TMC, etc.) A noter que la TNT suisse comprend un petit guide des programmes en ligne, lui aussi gratuit. - Prix: hormis l'adaptateur (150 francs) et l'antenne (50 francs), aucun frais d'abonnement. - Avantage: la gratuité pour ceux qui se contentent d'une vingtaine de chaînes. - Inconvénient: seulement quatre chaînes hors des régions proches de la France. Le site: www.televisionnumerique.ch



Le satellite
Des centaines de chaînes sont disponibles.
Anouch Seydtaghia C'est la meilleure solution pour les personnes accros à la TV. La qualité tant de l'image que du son est excellente, et la technologie est numérique pour la quasi-totalité des chaînes. Côté équipement, vous aurez d'abord besoin d'une parabole, de préférence à double tête pour capter les programmes de deux satellites. Par exemple Hotbird pour les programmes SSR, et Astra pour disposer des chaînes du bouquet CanalSat. Il vous faut aussi un récepteur avec ou sans disque dur – certains sont proposés dans l'abonnement, comme c'est le cas pour CanalSat. Pour disposer des sept programmes de la SSR, il faut acheter une carte spéciale. Chaque satellite, tel Astra ou Eutelsat Hotbird, permet de capter jusqu'à 600 chaînes, et il faut pour chacun effectuer un choix parmi les bouquets proposés – chaque satellite propose aussi des dizaines de chaînes gratuites. Les principales offres payantes sont AB Sat et CanalSat. Celle-ci comprend une soixantaine de chaînes dans son bouquet de base, et de nombreuses options supplémentaires. CanalSat est en cours de fusion avec TPS. - Prix: l'antenne coûte une centaine de francs, le récepteur est disponible dès 250 francs (dès 600 francs s'il contient un disque dur), comptez 200 francs pour l'installation, 60 francs pour la carte SSR, plus de 30 à 100 francs par mois selon l'abonnement. - Avantage: l'offre immense. - Inconvénients: le prix, l'esthétique de la parabole et... la complexité de l'offre! A. S. Les sites: www.canalsat.fr ; www.absat.fr ; www.sataccess.ch



La télévision via Internet
Un excellent moyen de regarder gratuitement la télévision sur son PC
Anouch Seydtaghia Créée par des Suisses, basée en Californie, Zattoo ne fait pour l'heure pas beaucoup parler d'elle. Et pourtant, la petite société pourrait jouer un rôle important dans la télévision de demain. Aujourd'hui, Zattoo permet de regarder en Suisse 41 chaînes gratuitement sur son ordinateur. Une seule condition: disposer d'une connexion haut débit (via ADSL ou câble). Il suffit de télécharger gratuitement un petit logiciel de visionnement, et ensuite de choisir, d'un clic de souris, parmi toutes les chaînes à disposition, de TF1 à TSR1, en passant par BBC World et Arte. La résolution est tout à fait correcte en mode normal (dix centimètres de diagonale), et se dégrade si l'on veut passer en mode plein écran. Le son reste très bon. Beat Knecht, directeur de Zattoo, affirme que le seuil des 200 000 utilisateurs sera bientôt franchi. Dès avril, de courtes plages de publicité seront présentes, mais uniquement lorsque l'on passera d'une chaîne à l'autre. Ce sera le seul moyen de se financer pour Zattoo, qui compte garder son service gratuit pour les internautes. Les plus technophiles peuvent connecter leur ordinateur à leur téléviseur, et l'image des chaînes de Zattoo s'apparentera à une qualité VHS. - Prix: gratuit. - Avantages: la gratuité, bien sûr, et l'offre importante de chaînes. - Inconvénients: la faible qualité de l'image, le fait d'utiliser un ordinateur. A. S. Le site: www.zattoo.com

dimanche, 11 février 2007

Büsingen

Pas d'Allemands plus suisses

Oubliés de l'histoire, les habitants de Büsingen sont titulaires d'un passeport de la Bundesrepublik mais largement soumis au droit suisse. Fatalistes, ils cultivent leur statut d'exception.




Ron Hochuli, Büsingen
Mercredi 9 août 2006
Rubrique: Zooms




Les panneaux de localité jaunes étonnent. Quelques drapeaux allemands qui le disputent à la croix blanche dans le sillage du Mondial renforcent l'incertitude. Et, une fois sur la place du village, l'on se met sérieusement à douter.

Deux cabines téléphoniques, l'une de Swisscom et l'autre de Deutsche Telekom; deux numéros postaux, l'un à quatre, l'autre à cinq chiffres, affichés à côté de la mairie. Aurait-on passé une douane sans s'en rendre compte? Non. Et pourtant... Bienvenue à Büsingen, enclave allemande entièrement sur territoire suisse.

A dix minutes de bus de Schaffhouse, entouré de vertes prairies d'un côté et du Rhin de l'autre, ce coin de terre bucolique accueille, l'été, foule de baigneurs, de cyclistes et de badauds. Suisses, en majorité. Au même titre que la plupart des locaux envoient leurs enfants à l'école à Schaffhouse et y travaillent eux-mêmes. Indéniablement, le chef-lieu cantonal fait office d'aimant, bien davantage que le Bade-Wurtemberg, Land auquel la commune est officiellement rattachée.

«D'ailleurs, quand on parle de l'Allemagne, on dit: «là-bas», confirme Catarina Schweizer, citoyenne d'honneur, qui pourtant, se souvient encore de la vie en vase clos, «pendant la guerre, lorsque la frontière fut brièvement fermée». Aujourd'hui, plus aucune trace d'une séparation.

Dans les faits, depuis 1964 et la signature d'un accord entre Berne et Bonn, Büsingen est économiquement considéré comme suisse. «Lorsque nous achetons de la viande en Allemagne, nous devons la dédouaner au même titre qu'un Suisse», illustre le syndic, Gunnar Lang dans un schwyzerdütsch parfait. Les voitures de Büsingen ont d'ailleurs leur propre sigle d'immatricualtion, «BÜS», qui permet aux douaniers suisses de les reconnaître. Autre exemple: les agriculteurs de la commune sont logés au régime de subventions bernois.

Néanmoins, administrativement, Büsingen est bien allemand. Ce qui a poussé bon nombre de familles à déménager en Suisse, où la fiscalité sur le revenu est plus clémente. A l'inverse, l'enclave a longtemps fait le bonheur des retraités schaffhousois, lorsque les rentes n'étaient pas taxées en Allemagne.

Résultat? La commune a vu sa population baisser et vieillir, ces dernières années. Aujourd'hui, les quelque 1300 âmes qui peuplent le village souhaiteraient qu'un nouvel accord, notamment sur la question fiscale, soit trouvé entre Berne et Berlin. «Mais les gouvernements ont d'autres chats à fouetter», constate, fataliste, Gunnar Lang, déjà très fier que la récente course d'école du Conseil fédéral ait fait halte dans le village.

Les Schaffhousois, qui avaient le contrôle de Büsingen jusqu'à la fin du XVIIe siècle, n'ont jamais pu reprendre la commune aux Autrichiens, puis au royaume du Wurtemberg qui l'a pris sous sa tutelle en 1805. Voici pourquoi: en 1693, le bailli de Büsingen, non content des services des pasteurs, menace de se tourner vers les prêtres catholiques de Constance. Il est alors kidnappé par les dignitaires de Schaffhouse. Lorsqu'il est relâché, il jure que Büsingen ne reviendra, «outrage éternel», jamais à Schaffhouse.

Après la Seconde Guerre mondiale, ce sera même le Conseil fédéral qui refusera de réintégrer la commune. Et même si aujourd'hui encore, une majorité de villageois serait favorable à un retour en Suisse, «cela nécessiterait un changement de Constitution dans les deux pays. Ce qui ne se fera jamais pour 1300 âmes, prédit Gunnar Lang. Donc, nous cultivons notre statut d'exception. Avec quelques problèmes, mais non sans fierté...»

Mon but: rendre la téléphonie plus facile

«Mon but: rendre la téléphonie plus facile»
INTERVIEW Les ambitions de Christoph Brand, nouveau directeur de Sunrise
MARIE-ANTOINETTE CRIVELLI
10 février 2007
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Sur le web
» Sunrise
Trois mois après sa nomination à la tête de Sunrise, Christoph Brand, le jeune patron (37 ans) du deuxième opérateur national, évoque sa vision du monde de la téléphonie et détaille les grandes lignes de sa stratégie.

Le mobile est déjà baladeur, appareil photo, téléviseur. Que va-t-il devenir encore?

Ce qui prime, ce n'est pas la technologie, mais les besoins des gens. Ce qu'ils recherchent, c'est d'abord communiquer! Ce peut aussi être avec une machine, par exemple pour acheter une boisson ou commander un billet de train. Je pense que le GPS a un avenir prometteur; c'est précieux pour un parent de savoir où est son enfant. Mais le plus important, c'est que tous ces services soient faciles à utiliser. Et c'est mon but.

En faisant quoi, par exemple?

En écoutant davantage les remarques de nos clients. Exemple: il y a trop d'abonnements. Les gens sont perdus, ils ne savent plus lequel choisir. Nous allons rendre cela moins compliqué.

Beaucoup se plaignent des prix du mobile en Suisse par rapport aux autres pays...

Ces personnes comparent des poires avec des pommes! Il faut tenir compte des salaires suisses - nos call centers ne sont pas en Inde! Les normes suisses sont très sévères, ce qui implique davantage d'antennes, d'autant que le pays n'est pas plat. Et, surtout, il y a le subventionnement. Les gens ne paient pas grand-chose pour leur nouveau mobile. Or le fabricant ne fait pas de cadeau, c'est l'opérateur qui paie. Vous ne pouvez pas prétendre avoir à la fois des minutes gratuites et aussi le mobile!

Et pourtant vous promettez une baisse des prix et une augmentation de la qualité...

Oui, nous allons offrir des prix encore plus bas, davantage de largeur de bande, une couverture plus étendue, de nouvelles technologies: davantage sur tous les plans et pour moins cher.

Et comment est-ce possible?

Nous allons notamment proposer des bundles, c'est-à-dire des solutions combinant fixe, mobile et grande vitesse sur Internet. Des paquets simples à comprendre. Et tout sur une seule facture!

Cela fait penser au triple bouquet (téléphone, Web, TV). Or vous ne parlez pas de la TV par ADSL...

Pour cela, nous avons besoin d'avoir notre propre infrastructure. Ça ne peut se faire qu'après avoir réglé le monopole du dernier kilomètre. Nous sommes confiants: cela va bouger cette année encore...
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