lundi, 21 mai 2007

Sdent veut créer 60 cliniques dentaires

Sdent veut créer 60 cliniques dentaires


SANTE. A fin 2007, la société vise des ventes de 35 millions de francs. Et 80 millions en 2008.


Bastien Buss
Jeudi 26 avril 2007

Dans son domaine, Sdent veut suivre les traces des chaînes de pharmacies. La société valaisanne qui a vu le jour il y a un peu moins de deux ans veut devenir un grand des cliniques dentaires et des centres médico-dentaires. Pour y parvenir, l'entreprise veut croquer, dans une première phase, la Suisse romande à pleines... dents, en constituant un véritable réseau dans la plupart des villes. «Notre projet se base sur un business plan raisonnable, qui a été testé sur nos premiers sites. Les résultats obtenus nous donnent raison. D'ailleurs, nos banques partenaires ont revu complètement leur jugement. Au début, elles avaient plutôt tendance à trouver le projet complexe. Maintenant, elles nous prennent au sérieux», explique le docteur Narcis Paul Rosu, président de la holding Sdent, basée à Sion.

L'entreprise a mis en place un concept, qu'elle entend appliquer partout. Il consiste en une transparence des coûts, une simplification de la tarification et la création d'une concurrence saine, dans un secteur quelque peu sclérosé, garante d'une réduction des coûts au bénéfice des patients. Avec la mise en place d'un réseau, l'objectif est de parvenir à une masse critique suffisante, afin d'obtenir des économies d'échelle, sur la construction des cliniques, les frais d'assurance, les soins, l'approvisionnement, etc. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que la société a des ambitions. Après avoir ouvert une clinique à Sierre, Sion et maintenant Martigny, Sdent veut s'étendre cette année encore, à Montreux, Nyon, Fribourg, Conthey, Versoix, Bulle et Champel (GE) (voir carte).

A Martigny, les installations sont flambant neuves, avec une odeur de peinture fraîche qui flotte encore dans les locaux. Ici, on ne tergiverse pas avec la qualité et l'hygiène. Chaque clinique se veut un tout autonome, avec une large palette de prestations et des soins prodigués jusqu'à 21 heures. L'entreprise a en outre mis en place un service d'urgences disponibles 24 heures sur 24. Tous les sites sont dotés de leur propre laboratoire, pour donner une cohérence à l'ensemble. Investissements: quelque 5 millions de francs par clinique, un montant variable en fonction de la taille et de l'étendue de l'offre.

Pas pousser à la surconsommation

L'arrivée de ce nouvel acteur suscite évidemment des grincements de dents. Ce d'autant plus qu'il propose la gratuité des contrôles dentaires scolaires. «Cette polémique est tout à fait normale. Mais, attention, nous ne voulons pas pousser à la surconsommation de soins dentaires, comme certains nous le reprochent. Comment le pourrions-nous d'ailleurs, étant donné que dans le secteur dentaire, le patient paie lui-même la facture dans 95% des cas?» se défend Dominique Sierro, vice-président du conseil d'administration du groupe et ancien directeur de l'Hôpital de Sion.

La holding se compose de différentes sociétés liées à son activité de base. Tout d'abord par Easymed, qui s'occupe de la fourniture et de l'installation d'équipements dentaires et médicaux. Un autre pôle est spécialisé dans la construction et l'aménagement de cliniques ou de cabinets. «Nous pouvons fournir une clinique clés en main à des tiers», selon Narcis Paul Rosu, même si pour l'heure cette société travaille plutôt pour le groupe. Une troisième filiale est active dans les équipements en rapport avec le domaine médical et une quatrième baigne dans l'ingénierie informatique. Finalement, Sdent s'est également doté d'un secteur de recherche et développement dentaire. Dans son pipeline figure par exemple un implant dentaire, qu'elle entend à terme breveter, construire et commercialiser. «Nous ne voulons pas concurrencer des sociétés comme Nobel Biocare ou Straumann (STMN.S). Mais il existe encore de la place dans certaines niches», d'après Narcis Paul Rosu En 2008, Sdent s'implantera à Viège, Lausanne et Bienne. Dans la plupart des cas (11 sur 13), la société est propriétaire des murs. A Versoix, Bienne et Lausanne, l'entreprise conjuguera médecine humaine et soins dentaires. D'ici à 2013, le réseau devrait compter une soixantaine de centres. Un objectif qui la poussera à franchir la Sarine. La société vise avant tout des partenariats avec des cabinets dentaires indépendants qui cherchent à vendre.

A l'heure actuelle, l'entreprise emploie 102 collaborateurs. Si les différentes étapes d'extension se concrétisent, les effectifs devraient atteindre les 400 personnes à fin 2008. En Valais, la société a déjà consenti des investissements de 15 millions de francs. Ceux pour la période 2007-2008 s'élèvent à 65 millions.

Mais d'où vient cette manne? La société assure avoir le soutien d'investisseurs valaisans privés et de plusieurs établissements financiers. Quant au montage financier, Narcis Paul Rosu se veut discret. «C'est la seule question que j'évite avec celle de la rentabilité», répond-il. A ce sujet, il déclare que pour chaque nouvelle clinique, il faut compter entre deux à trois mois pour atteindre l'équilibre.

Le modèle Sdent, qui sponsorise de nombreux clubs de sports en Valais, risque d'intéresser les assureurs, comme c'était le cas avec les pionniers de la pharmacie en réseau. La société est d'ailleurs en discussions avec un groupe valaisan. Narcis Paul Rosu est en convaincu, d'ici à dix ans, quelque 40% des soins dentaires seront prodigués par des cliniques. Les siennes?

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