mercredi, 22 mars 2006

Libéralisation du dernier km

Swisscom bouté hors du «last mile»
LIENS UTILES:
L'éditorial de Thierry Meyer
CONCURRENCE Les Chambres ont entériné hier la fin du monopole de Swisscom sur le dernier kilomètre, après trois ans de débats. La révision de la loi sur les télécoms est définitivement sur les rails.

NICOLAS BERLIE
Publié le 22 mars 2006

HAUT-DÉBIT
Swisscom perd sa mainmise sur le last mile, la dernière ligne droite reliant l'abonné au central téléphonique. Une libéralisation qui ne concerne que le fil de cuivre, pas la fibre optique. Mais le géant bleu doit aussi ouvrir pendant quatre ans ses lignes à haut débit à la concurrence. Qu'est-ce que ça va - ça peut - changer pour le consommateur?

SWISSCOM N'EST PLUS INCONTOURNABLE
Plus besoin de passer par le géant bleu pour son téléphone fixe: on pourra bientôt payer sa taxe de base chez un autre opérateur, Sunrise ou Tele2 par exemple. Pour le consommateur, c'est kif-kif. Mais pour Swisscom, ça change tout. Auparavant, l'opérateur historique avait un accès privilégié aux ménages helvétiques via sa facture mensuelle, les arrosant de pub et autres offres spéciales. Un «cheval de Troie» idéal pour retenir ses clients ou pour récupérer ceux partis voir ailleurs.

LES PRIX VONT-ILS BAISSER?
A priori, oui. Mais on en reste encore aux conjectures. Car libéralisation ou pas, le géant bleu reste propriétaire du last mile, qu'il va devoir louer aux autres opérateurs. La question est: à quel prix? Les négociations entre Swisscom et ses concurrents en décideront. Et de ces tractations dépendront les baisses qui se répercuteront sur les consommateurs. En outre, de nouveaux modèles de tarification devraient aussi voir le jour dans la téléphonie fixe. Par exemple, des offres comprenant la taxe de base plus un forfait de communication. «Mais il ne faut pas forcément s'attendre à des offres mirobolantes», tempère Didier Divorne, du site spécialisé allo.ch. Et un retour de bâton n'est pas exclu: selon une étude de l'Ofcom, la plupart des pays de l'UE ont procédé à des hausses des prix du raccordement après la libéralisation.

QUID DU HAUT-DÉBIT?
En France, lors de la libéralisation, les nouveaux entrants ont préféré brûler les étapes, passant directement à l'ADSL 2+. Va-t-on observer en Suisse aussi une ruée vers le super haut débit? Commercialement, passer à la vitesse supérieure semble s’imposer pour la concurrence. D'autant que Swisscom prévoit de couvrir cette année encore 60% des zones urbaines avec le VDSL: destiné en priorité à la télévision haute définition, cette technologie permet des débits de 20 Mbit/s (dix fois plus rapide que la connexion standard actuelle). Toutefois, on ne s'emballe pas chez les concurrents du géant bleu. Avant d'investir, «il faut encore lever des incertitudes, et cela dans un délai très court», estime le porte-parole de Sunrise, Mathieu Janin. Des problèmes juridiques, techniques qu'il faudra régler en quatre ans, le laps de temps durant lequel Swisscom ouvrira ses lignes haut débit à la concurrence.

QUAND LA LIBÉRALISATION DU LAST MILE ENTRERA-T-ELLE EN VIGUEUR?
L'entérinement de la loi n'est qu'un premier pas. Il faudra encore qu'une ordonnance soit édictée, qu'elle soit acceptée, puis que Swisscom et les autres opérateurs se mettent autour d'une table pour négocier les prix. De recours en recours, ce n'est pas pour tout de suite…

ET LE SERVICE UNIVERSEL?
Dès 2008, l'obligation de fournir dans toute la Suisse un accès à internet via une connexion à large bande pour une septantaine de francs par mois au maximum devrait s'ajouter au service universel. Normalement. «A la prochaine révision de loi, ne devrait-on pas se demander également si la téléphonie mobile ne devrait pas faire partie du service universel?» ajoute Didier Divorne. Histoire d'aligner les prix sur les coûts réels: «Il y a beaucoup d'exagération, alors que la minute de communication sur un téléphone mobile revient moins chère à l'opérateur qu'en téléphonie fixe.»
http://www.24heures.ch/vqhome/le_journal/suisse/telecoms_220306.edition=lc.html

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